La dérive sectaire de la FSSPX

Une nouvelle étape a été franchie aujourd’hui dans les relations entre Rome et la FSSPX, après la rencontre entre Mgr Fellay (FSSPX) et Mgr Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi le 16 mars 2012. La FSSPX est appelée à clarifier sa réponse sur le préambule doctrinal, texte sur lequel les deux parties doivent s’accorder avant d’entamer une autre étape qui verrait le retour « plein » de la FSSPX dans le giron de l’Église romaine.

Jean-Marie Guénois livre une analyse intéressante de cette étape et, bien loin d’y voir un ultimatum de la part du Vatican, il y voit toujours la volonté de Benoit XVI de parvenir à la pleine réconciliation. Je ne doute pas de la bonne volonté du Pape. Je ne doute pas, a priori, de celle de Mgr Fellay. Mais enfin, on lit des choses sur le site de la Porte Latine assez effarantes de la part de gens qui disent vouloir revenir dans le giron de l’Église. J’y reviens.

Mais avant, essayons d’être plus précis. La FSSPX ne dit pas exactement qu’elle veut revenir dans l’Église. Puisque c’est la fraternité qui est fidèle au magistère de l’Église tandis que Rome est rongée par le modernisme émanant du concile Vatican II. Comment demander à des personnes de faire un pas alors qu’elles estiment que c’est à l’autre, qui s’est écartée, de le faire ? Tout le dilemme de la FSSPX est là. Comment revenir vers Rome, comment avoir un statut canonique reconnu, alors qu’elle estime que c’est à Rome de revenir à la situation prévalant avant Vatican II ?

Reste une réalité. C’est bien Mgr Lefebvre qui a franchi le rubicond en désobéissant à Jean-Paul II, c’est bien la FSSPX qui s’est bâtie sur une opposition, parfois farouche, au Pape.

Mais revenons à un autre événement, passé un peu inaperçu sans doute, et qui en dit long sur la volonté supposée de réconciliation.

Il se trouve que, récemment, un évêque a procédé à des confirmations dans une paroisse tenue par la FSSPX. Cela se passe en Corse, à Ajaccio. Alors que d’aucuns y verraient une heureuse initiative – un évêque acceptant de célébrer selon le rite saint Pie V dans une paroisse tradi – une partie du landernau tradi s’en offusque. Je ne vous détaillerai pas les différents arguments avancés par les uns ou les autres, allez faire un tour sur les forum tradis, c’est assez éloquent [1]. Trahison du curé de la FSSPX, piège tendu par l’évêque, manipulations, rien ne trouve grâce à leurs yeux. Mais bon, on le sait, sur un forum, les gens parlent, c’est comme au Café du Commerce, cela ne confère en rien d’une position officielle.

Mais voilà qu’hier (le 16 mars donc), le district de France de la FSSPX, en la personne de l’abbé de Cacqueray, a diffusé un communiqué, officiel celui-là. Vous y lirez la justification, le pourquoi du comment, les accusations d’affront, les prétendues incohérences, etc. Mais là n’est pas l’essentiel.

L’essentiel est dans cette phrase :

(…) étant donné que nous ne reconnaissons pas la valeur et la sainteté de la messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire (…)

Oui, vous avez bien lu. On parle ici de la forme ordinaire de la célébration. De la forme utilisée par Benoit XVI pour célébrer.

Alors, me direz-vous, c’est peut-être une mauvaise formulation, des mots qui s’entrechoquent, qui s’assemblent mal et qui disent, finalement, pas tout à fait, voire le contraire, de ce qu’on voulait dire.

Sauf que cet argument est pensé, remâché, asséné par la FSSPX. Lors de ses vœux pour l’année 2011, l’abbé de Cacqueray avait longuement argumenté en ce sens. Il allait du reste plus loin. Les fidèles de la FSSPX étaient conseillés (et dans le milieu tradi, la frontière est ténue entre un conseil et un ordre) de ne pas assister aux messes, même célébrées selon le rite saint Pie V, si elles le sont par des prêtres n’appartenant pas à la FSSPX.

(…) il nous faut encore citer ces autres messes de saint Pie V célébrées à la faveur des indults successifs, puis finalement du motu proprio. Il est vrai que nous vous en déconseillons la fréquentation.

Alors donc, le pape viendrait-il lui-même célébrer la messe dans une paroisse voisine que ces bons, pardon vrais, catholiques préféreraient ne pas y assister. C’est précisément ce que je qualifie de dérive sectaire.

Vous comprendrez donc les réserves que j’évoquais en début de ce billet. Et je ne peux m’empêcher une question : comment Benoit XVI peut-il réagir quand il lit cette prose du supérieur du district de France de la FSSPX ?

  1. Notons cependant qu’hors FSSPX il y a tout de même des Tradis qui se réjouissent du geste : La Revue Item ou Riposte Catholique par exemple []

Les Traditionalistes (2/3)

 La liturgie

La liturgie a été et est un des points d’achoppement. Et c’est un point important puisque la liturgie est la manière, codifiée, selon laquelle les fidèles prient et célèbrent Dieu. Dans la religion catholique, toute célébration eucharistique a une importance primordiale puisque le Christ est présent dans l’hostie, au moment de la consécration. On ne peut, on ne doit donc pas faire n’importe quoi avec la liturgie.

Il est régulier que les Tradis dénoncent telle ou telle messe, telle ou telle façon de célébrer. Ils ont raison de dénoncer les abus. L’église n’est pas une salle de spectacle. Elle est le lieu de la rencontre avec Dieu, elle est le lieu où le Christ se rend présent. Est-ce le hasard ? Est-ce la bienveillance du Saint-Esprit ? Je n’ai jamais, dans les différentes paroisses où je suis passé lors de mes divers mouvements géographiques, eu à souffrir de ces débordements. Je crois donc volontiers qu’ils sont assez minimes en proportion. Et sachons aussi admettre que ces liturgies débridées ne sont en rien conformes à Vatican II.

Les dissemblances entre l’ancien et le nouveau rite ne sont pas si nombreuses mais certaines sont importantes et conduisent à avoir deux rites, sinon antagonistes, du moins très différents dans la forme. Car dans le fond, quelque soit le rite, l’eucharistie consacre la venue de Jésus Christ qui s’est donné en partage pour la multitude.

Le latin

L’abandon du latin pour les célébrations est un des points les plus connus. Vatican II a permis [1] que les messes puissent être célébrées dans la langue vernaculaire (c’est-à-dire la langue parlée seulement à l’intérieur d’une communauté linguistique donnée, le français par exemple). J’aime le latin, surtout chanté, j’apprécie, comme beaucoup, la beauté du chant grégorien. Cependant, je suis gêné par une célébration en latin, tout simplement parce que je ne comprends pas ce qui est dit. Oh bien sûr, je sais maintenant ce que Kyrie Eleison ((Seigneur, aie pitié)) veut dire, tout comme Pater qui est in caelis ((Notre Père qui est aux Cieux)). Je préfère, quant à moi, réciter le Notre-Père en français, en pesant chaque mot. Je me souviens d’une messe solennelle à St Nicolas, où l’évangile avait été lu en latin. Il y a là une sorte de préciosité que j’ai dû mal à comprendre. Mais, latin ou français, peu importe finalement. Si certains préfèrent la messe en latin, c’est leur droit. Il faut aussi préciser que les fidèles ont généralement avec eux un missel qui leur permet d’avoir la traduction en français des paroles prononcées en latin.

Le prêtre et l’assemblée

Autre point de dissension, le plus important en réalité, la façon de célébrer. Selon le rite St Pie V, le prêtre est tourné vers l’autel, vers Dieu, tournant donc le dos à l’assemblée mais étant l’intermédiaire entre l’assemblée et Dieu. Vatican II a introduit une notion plus communautaire de la célébration, le prêtre étant face à l’assemblée. Vatican II a aussi permis une participation active de l’assemblée, pour différentes lectures. Pour la messe selon le rite de St Pie V, je comprends la force du symbole, que le peuple de Dieu se tourne vers Lui, symbolisant là son attachement et sa soumission. Cependant, j’opposerais deux arguments : d’abord, pour moi, se tourner vers Dieu se fait d’abord en son coeur, et l’on peut prendre toutes les postures que l’on veut, la Vérité est là, dans son être intime. Que certains se sentent plus à l’aise dans le rite extra-ordinaire, je le comprends. Mais qu’ils admettent que d’autres puissent s’unir à Dieu grâce au rite ordinaire. Ensuite, puisqu’il est question de tradition, je ne sais comment les premiers chrétiens célébraient leurs premières eucharisties. Mais l’aspect communautaire devait sans doute primer. La Cène telle que les Évangélistes nous l’ont rapporté avait cette dimension communautaire.

L’hostie

Un autre point de désaccord concerne la manière dont l’hostie est donnée aux fidèles. Exclusivement dans la bouche selon l’ancien rite alors que Vatican II a introduit la distribution dans la main. Comment Jésus a-t-il donné le pain à ses disciples lors de la Cène ? Est-on moins respectueux du corps du Christ si l’on prend l’hostie dans la main ? Le document du Vatican Redemptionis Sacramentum précise, au chapitre IV, article 92 que : « Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche. Si un communiant désire recevoir le Sacrement dans la main, dans les régions où la Conférence des Évêques le permet, avec la confirmation du Siège Apostolique, on peut lui donner la sainte hostie. Cependant, il faut veiller attentivement dans ce cas à ce que l’hostie soit consommée aussitôt par le communiant devant le ministre, pour que personne ne s’éloigne avec les espèces eucharistiques dans la main. S’il y a un risque de profanation, la sainte Communion ne doit pas être donnée dans la main des fidèles. » J’ai tout de même remarqué que lors des messes célébrées au Vatican par le Pape, l’hostie n’est généralement pas donnée dans la main.

Le rite de la paix

Autre moment absent de l’ancien rite, et largement répandu dans le nouveau, le rite de la Paix. Juste après le « Que la paix du Seigneur soit avec vous » auquel les fidèles ont répondu « Et avec votre Esprit », le prêtre enjoint les fidèles à « se donner la paix du Christ ». Je sais d’expérience que ce moment rencontre beaucoup d’hostilité auprès des traditionalistes. Et si tous n’y sont pas hostiles par principe, beaucoup en éprouvent de la gêne. Là aussi, jetons un oeil à ce qu’en dit le Vatican : « En ce qui concerne le signe de la paix à transmettre, la façon de faire sera décidée par les Conférences des évêques, selon la mentalité et les us et coutumes de chaque peuple. Il convient cependant que chacun souhaite la paix de manière sobre et uniquement à ceux qui l’entourent. » [2]

Conclusion

Le pape, tout comme son prédécesseur, a permis la célébration selon ce rite par différents motu proprio, le dernier ayant été signé en 2009. La liturgie peut donc être célébrée selon deux rites, le rite ordinaire ou le rite extra-ordinaire (l’ancien rite). Dans la plupart des paroisses françaises, c’est le rite ordinaire qui prévaut. L’un des problèmes est que de nombreux de prêtres ne savent pas célébrer selon l’ancien rite.

Ce que dit la FSSPX du nouveau rite ? C’est simple et clair : « Les prêtres de la Fraternité célèbrent exclusivement la Messe Traditionnelle, dite de St Pie V, en latin, et s’oppose activement aux nouveautés libérales introduites par et après le Concile Vatican II, qui minent la Foi et amènent sa ruine. » [3]

J’aurais pu aussi évoquer la question des habits liturgiques (aubes, étoles,…) qui montrent qu’en réalité, rien ne trouve grâce aux yeux des Tradis, même la simplicité. Je vous renvoie à cet échange entre Nicolas Senèze, journaliste à La Croix, qui a osé se moquer d’un cardinal ayant revêtu la cappa magna, longue de 6 mètres. Certains s’en sont émus, ont tiré à boulets rouges sur lui. Voici sa réponse.

A suivre…

 

Modification du 11 juillet 2011 au début du 2ème paragraphe de la conclusion : précision sur le fait que la FSSPX parle bien du nouveau rite.

  1. il faut préciser que Vatican II n’a pas prôné l’abandon du latin mais a ouvert la porte à l’utilisation de la langue du pays – voir ce qu’en dit l’article 36 de Sacrosanctum Concilium []
  2. article 82 de la présentation générale du missel romain []
  3. Pour la référence, c’est ici []

Les infiltrés : à l’extrême droite du Père

Vous avez sans doute entendu parlé de cette émission de France 2, diffusée le mardi 27 avril 2010, et que j’ai regardé avec un jour de retard.

C’est la première fois que je regarde cette émission et j’avais été assez circonspect par rapport à l’attitude des journalistes qui, lors d’une émission consacrée à la pédophilie, ont dénoncé à la police les personnes qu’ils ont interrogées. Bref, j’étais plus que sceptique. Et avant de regarder l’émission, j’avais lu les dénégations des personnes et instituts incriminés qui accusaient France 2 et l’agence Capa (productrice de l’émission) d’avoir implicitement suscité les propos tenus par les jeunes et d’avoir fait un montage à charge.

Mais, ayant côtoyé en étant jeune le milieu intégriste de Saint-Nicolas du Chardonnet et ayant quitté ce milieu vers l’âge de 15 ou 16 ans, j’étais plus que curieux de voir ce qu’il en était.

Le reportage visait initialement à décrypter un mouvement d’extrême-droite, Dies Irae, à Bordeaux. De là, le journaliste a établi des connexions avec la paroisse Ste-Eloi et une école hors contrat, l’école Saint-Projet.

Si vous voulez lire les propos précisément tenus par les personnes de ces instituts, vous pouvez lire le communiqué de l’abbé de Tanoüarn, et celui de l’école Saint-Projet.

Ce reportage est intéressant à plus d’un titre, même si le procédé a forcément des limites. Il est intéressant car il permet de capter des propos que ces personnes ne prononceraient jamais face à une caméra et il donne à montrer, donc, une certaine réalité. Cependant, le format a des limites : j’ai quand même eu un peu le sentiment d’un manque d’approfondissement – sans doute dû à la durée imposée – et qu’après avoir glané les propos entendus, il eut été pour le moins intéressant de pousser plus loin la discussion. Mais on a vu que les rares personnes interviewées face caméra tenaient des discours auxquels on ne pouvait rien reprocher.

Que voit-on et surtout qu’entend-on dans ce reportage ? Quelques excités de Dies Irae se préparant à aller saigner des musulmans – les femmes d’abord. Discours violents et ignobles de membres de groupuscules d’extrême-droite, mais somme toute assez classique pour ce genre de milieu. Plus gênant, le fonctionnement de cette école. Comment une école peut-elle fonctionner sur la base du volontariat, les parents, si j’ai bien compris, assurant une partie des cours ? Il est surprenant que le journaliste ait pu se faire embaucher comme surveillant en 5 minutes, avec la promesse d’assurer des cours très rapidement. L’exemple donné avec le cours d’histoire est assez éloquent : s’il est légitime de questionner l’histoire, on voit évidemment comment ce professeur détourne et distord la réalité historique.

Et puis, bien sûr, on entend ces paroles de jeunes qui défient l’entendement. On dit que ces paroles ont été suscitées. Le reportage ne le montre pas et donne plutôt l’impression d’une certaine spontanéité. Admettons. Admettons que le journaliste leur ait suggéré de proférer des paroles ouvertement pro-nazies. Admettons qu’il leur ait dit : « Quand je vous demanderai où vous irez passer votre voyage de noce, vous me répondrez : à Auschwitz, en n’oubliant pas de répéter la première partie de ma question. Ainsi, vous me direz : j’irai passer mon voyage de noces à Auschwitz. » Admettons. Est-ce lui aussi qui leur a appris la chanson néo-nazie ? Est-ce lui, aussi, qui a suggéré les paroles tenues par ces adultes dans le couloir de l’école, profondément antisémites ?

Quant aux prêtres que l’on voit, j’ai trouvé que leurs propos n’atteignaient pas l’infamie des propos tenus par les autres. Bien sûr, on a encore entendu la diatribe anti-islam et contre l’activisme de cette religion en France. C’était excessif et montrait bien le terreau dans lequel baigne cette communauté. Mais au regard des propos tenus par ailleurs, cela semble finalement assez tiède.

Le débat qui a suivi l’émission n’a pas permis d’éclaircir tous les points – le journaliste infiltré n’était pas présent – mais a donné un éclairage sur les positions des uns et des autres.

Alors, quelles conclusions peut-on tirer de tout cela ? Qu’il y a une frange d’illuminés qui rêve du grand soir. Que ces illuminés s’appuient sur la religion catholique ou plutôt sur la prétendue idée qu’ils s’en font. Mais le pire est bien entendu ce terreau de haine, de mépris de l’autre, de la certitude d’être béni de Dieu, dans lequel baigne toute cette mouvance traditionaliste. L’aspect sectaire apparait clairement, cette communauté vivant en vase plutôt clos, ce qui permet, d’ailleurs, d’affirmer la thèse du complot.

Que ces gens se réfèrent à l’évangile me laisse pantois ; nous n’en faisons, c’est sûr, pas la même lecture. C’est une des raisons – la plus importante – qui m’a décidé à quitter ce milieu. Car, c’est malheureux, mais j’entendais à peu près les mêmes discours il y a plus de 25 ans, certains prononcés par les prêtres de Saint-Nicolas du Chardonnet. Et s’il est tout de même rassurant de lire le communiqué officiel de l’Institut du Bon Pasteur, cela n’enlève pas tous les propos entendus et infamants.

Pour votre information, l’émission est visible sur le site France 2 ainsi que sur DailyMotion.

Discussions doctrinales entre Vatican et les Traditionalistes

Hier, Lundi 26 Octobre 2009, ont débuté les discussions théologiques portant sur Vatican II entre les traditionalistes de la Fraternité St Pie X et Vatican. Ils semblent qu’elles aient débuté dans un climat cordial. Tant mieux, je me réjouis et j’espère que c’est de bonne augure.

ll ne faudrait pas cependant pas être naïf. Les Traditionalistes, sûrs d’eux-même et garants de la Tradition, ne veulent rien d’autres qu’une remise en cause de Vatican II. D’ailleurs, pourquoi accepteraient-ils aujourd’hui ce qu’ils refusent depuis 40 ans ? Je suis d’ailleurs assez persuadé qu’ils ont pour objectif de négocier à terme avec Rome un statut spécial, proche de celui de l’Opus Dei. Rome s’en contentera, satisfaite d’avoir colmaté une large fissure, la Fraternité Saint-Pie X se satisfaisant quant à elle d’une large autonomie leur permettant de poursuivre leur rite sans avoir à se déclarer en rupture avec Rome. Finalement, chacun vivra de son côté puisqu’incapable de vivre avec l’autre.

Si telle était l’issue, elle me laisserait un goût amer. Certes, elle permettrait d’afficher une unité de façade. Elle permettrait surtout aux traditionalistes de crier victoire. Rome et Vatican II y gagneront-ils ? C’est à voir.

Pendant longtemps, les traditionalistes ont légitimé leurs refus de Vatican II sous prétexte que c’était un Concile Pastoral et non Doctrinal. Amusant de les voir aujourd’hui entamer des discussions doctrinales sur Vatican II.

Autre précision : j’emploie le terme Tradionnaliste pour les nommer. Je pourrais user de celui, plus dur, d’Intégristes. Ce n’est pas l’envie qui me manque mais ce ne serait pas tout à fait honnête. D’abord, intégriste renvoie à des attitudes violentes et homicides. Cela me gêne donc et il faut éviter les amalgames. Et puis, comment distinguer les membres de la Fraternité Saint Pie X de ceux, anciens alliés, qui refusent toutes discussions avec Rome et qui sont d’une virulence sans nom ? J’y reviendrais plus tard.