Jésus est ressuscité !

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts. (Jn 20, 1-9)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

Je n'ai pas trouvé de tableaux représentant cet épisode tel que raconté dans ces versets de saint Jean. Il y a bien sûr de nombreux tableaux représentants la résurrection. Mais je dois avouer qu'aucun ne m'a vraiment ému. Sans doute parce que la résurrection ne peut se réprésenter simplement.

J'ai donc choisi d'illustrer un passage des versets suivants (Jn 20, 11-18) et qui sera lu le mardi de Pâques. Il s'agit de la première apparition de Jésus ressuscité, à Marie-Madeleine.

J'ai choisi deux représentations uniquement : une de Giotto, une de Fra Angelico (déjà présentée ici). Pas de commentaires, ces deux oeuvres parlent au coeur …

 

Je vous souhaite à toutes et à tous de vivre de la joie du Ressuscité et de garder au coeur cette merveilleuse espérance : nous sommes nous aussi appelé à rejoindre le Christ ressuscité.

 

 

 

 

 

 


Je ne suis pas exégète, ni spécialiste de l'art. Mais j'aime la peinture, surtout quand elle peut aider à méditer la parole de Dieu.

Pour voir en plus grande taille ces tableaux, il suffit de cliquer sur chaque image.

Ces images de tableaux proviennent du site http://www.wga.hu (site anglophone) qui a aimablement accepté leur utilisation pour ce blog.

 

 

Le mystère de l’Incarnation

La fête de Noël perd de sa signification, même pour les chrétiens eux-mêmes. S’il est avéré que de plus en plus de personnes ne savent plus à quoi correspond cette fête, la majorité sait quand même dire qu’elle est d’abord la célébration de la naissance de Jésus.

Mais la signification de Noël va bien au-delà d’une simple commémoration et son importance dépasse de beaucoup une simple date anniversaire qui ferait oeuvre de mémoire. Son importance va bien au-delà de cela : nous, chrétiens, fêtons le mystère de l’Incarnation, c’est-à-dire d’un Dieu qui, par amour, consent à se mettre à notre place, à épouser notre vie et qui va « offrir » sa vie pour tous les hommes.

Je crois que l’Église dit que la plus grande fête est celle de Pâques parce que c’est la résurrection qui permet de donner une assise à notre foi, comme l’a dit saint Paul [1] . Pourtant, la résurrection me paraît finalement moins « anormale » que l’incarnation. Je m’explique : que Jésus, fils de Dieu, retourne au Père, c’est finalement logique. Pouvait-Il finir dans un caveau ? Non, bien sûr. J’y vois donc une grande logique. Je ne minimise, bien sûr, aucunement la Résurrection qui nous ouvre les portes de la vie éternelle, qui porte en elle la vraie Espérance. Mais si j’ai mis « anormale » entre guillemets plus haut, c’est qu’il me semble que l’Incarnation est un mystère plus grand encore. Qu’un Dieu créateur consente à épouser nos vies terrestres, à envoyer son Fils pour nous ouvrir les portes de la félicité, me semble étourdissant. Et j’y vois le signe de l’immense considération qu’Il a de ses créatures, c’est-à-dire de nous.

Les conditions de la venue de son Fils sur terre nous montrent aussi le vrai visage de Dieu. « Qui me voit, voit le Père » nous a dit Jésus. Que voit-on alors ? La naissance dans des conditions de pauvreté matérielle, de solitude aussi. La reconnaissance par les bergers, humbles parmi les humbles. Le père Varillon a écrit un livre sur l’humilité de Dieu [2]. L’humilité de Dieu ! Deux signes manifestent, pour moi, cette humilité : la naissance de Jésus et le lavement des pieds.

Que nous sachions tous nous souvenir de cette humilité tellement présente durant la nuit de Noël et que nous sachions mettre de côté nos égos, nos regards blessants vers autrui. Heureux les pauvres, le Royaume de Cieux est à eux ! [3]


L’image est la fresque qui orne les murs de la cellule n°5 du couvent San Marco à Florence, Italie.

  1. 1e épître aux Corinthiens, 15, 17 []
  2. chez Bayard, livre que je n’ai pas lu mais dont, probablement, un certain nombre de thèses se retrouve dans Joie de Croire, Joie de Vivre []
  3. Ma, 6, 20 []

Un bien étrange discours : précision de Mgr Noyer

Comme beaucoup, j’avais été troublé par le texte publié par Mgr Noyer intitulé « Faut-il croire à la Résurrection ? » et m’en étais fait l’écho dans le billet Un bien étrange discours.

Mgr Noyer a publié le 13 mai 2010 un article qui lève les ambiguïtés et incompréhensions que j’avais.

Que cela serve à tous ceux qui écrivent : les mots, les phrases peuvent être de bien piètres reflets de nos pensées …

Un bien étrange discours

Je suis tombé par hasard sur ce texte, écrit par Mgr Noyer, intitulé « Faut-il croire à la Résurrection ?« . Il faut savoir que Mgr Noyer est archevêque émérite d’Amiens, ce qui n’est pas rien. Il est censé être une autorité morale et intellectuelle de l’Église de France.

Je n’ai rien contre le questionnement des écritures, dont nous savons tous qu’elles doivent être interprétées et non pas toujours être lues au premier degré, cette interprétation pouvant se résumer à expliquer le contexte historique et linguistique des écrits. C’est pourquoi, par exemple, j’apprécie de lire la bible de Jérusalem dont les commentaires sont toujours éclairants.

Mais là, c’est autre chose. J’ai relu plusieurs fois ce texte et j’avoue que je ne trouve pas grand-chose pour le sauver. En effet, on y lit que :

  • la résurrection de Jésus est une rumeur ;
  • que seuls les crédules ont cru à cette rumeur, sauf Thomas qui l’a remise en cause ;
  • que la religion catholique est basée sur la rumeur que les clercs (sous-entendu les prêtres depuis les premiers temps) ont maintenu, par le savoir, au brave peuple qui était crédule ;
  • que la résurrection est une anecdote merveilleuse ;
  • qu’il faut faire en finir avec la confusion entre l’évangile de Jésus Christ et ces rumeurs (sic).

Et, en guise de conclusion, cette phrase assourdissante : « Mais aujourd’hui, présenter ces « vérités » comme le contenu de la foi fait à certains une difficulté au lieu d’être une aide ».

J’avoue que j’ai du mal à comprendre comment un évêque peut, au soir de sa vie – il est âgé de 83 ans – avancer de telles inepties. Remettre en cause la résurrection de Jésus, c’est remettre en cause l’essence même de la religion catholique. Personne n’est obligé d’y croire mais dire, aujourd’hui, que ces vérités-là n’en sont pas ou ne sont pas l’essence de la foi, c’est vider de sens ce qui fait sens. Je ne parle même pas de la remise en cause des témoignages des apôtres et disciples de Jésus, tant cela peut remettre tout en cause. J’avais écrit un billet sur l’importance du témoignage pour ma propre foi !

Que dire de plus ? Relisons Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 15, versets 1 à 15 : « Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu, et vous y restez attachés, vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants. Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu :le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il a été mis au tombeau ;il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts – ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis. Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m’a comblé n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi. Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà votre foi. Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? Mais, s’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ, lui non plus, n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre message est sans objet, et votre foi est sans objet. » (Textes liturgiques © AELF)