Assumer son choix

J'ai écrit avant le premier tour, ici, que je voterais probablement blanc si le second tour devait opposer Nicolas Sarkozy à François Hollande. Je me laissais, évidemment, la possibilité de changer ce choix en fonction de l'évolution de la campagne électorale et du positionnement des deux candidats.

 

Le vote blanc

Je sais que beaucoup considèrent ce choix comme celui de la lâcheté. Ou alors, autre faiblesse, comme celui de refuser l'approche dite "du moindre mal". Tout en ajoutant que le vote blanc n'est pas pris en compte.

Certes, les pourcentages sont calculés par rapport au nombre de suffrages exprimés. Mais le ministère de l'Intérieur publie le nombre de bulletins nuls ou blancs. Vous pouvez noter d'ailleurs le nombre élevé de ces bulletins. Plus de 700 000 "voix", soit plus que celles de P. Poutou et N. Arthaud réunis. Si l'on comptait les pourcentages par rapport au nombre de votants, voici ce qu'on obtiendrait :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lâcheté, me dit-on. La démocratie, à laquelle je crois, me propose deux candidats. Je ne me reconnais ni dans l'un, ni dans l'autre. Et j'ai le sentiment que les arguments avancés pour voter forcément pour l'un ou l'autre ne font souvent que couvrir une inclination naturelle vers le candidat de coeur ou de raison. Qu'en serait-il advenu – cas d'école – si le second tour avait opposé F. Hollande à J.L. Mélanchon ? Ou P. Poutou à N. Arthaud ? Probablement, de nombreux catholiques se seraient prononcés pour le vote blanc.

 

Pourquoi je ne voterais pas Nicolas Sarkozy

"Il faut voter Nicolas Sarkozy" : c'est ce que disent, directement ou indirectement, plusieurs voix catholiques, que ce soit celles de quelques évêques ou d'éminents blogueurs, qui expliquent que l'analyse des programmes des deux candidats selon les principes non négociables n'offre pas d'alternative.

Certes, sur les sujets sociétaux, Nicolas Sarkozy a dit clairement, même si ce n'est pas dans son programme, son refus de l'euthanasie, du droit au mariage pour les couples homosexuels, ainsi que l'adoption d'enfants par ces mêmes couples.

Je ne reviens pas sur les arguments que j'ai déjà donné ici. Est-ce que le comportement de Nicolas Sarkozy depuis le 22 avril aurait pu me faire changer d'avis ? Hélas non ! Là où j'attendais de la hauteur et du rassemblement, j'ai vu, à nouveau, le chef de clan, jouant la carte du clivage, des peurs et décentrant son positionnement vers l'extrême-droite. Son clip de second tour est à ce titre assez éclairant [1]. C'est un choix, il sera peut-être payant électoralement, mais je n'y souscris pas.

 

 

Pourquoi je ne voterais pas François Hollande

Sans le fameuses propositions sociétales évoquées, j'aurais voté pour lui. Il a montré, lors du débat, une certaine tenue, une bonne connaissance des dossiers et avance des arguments auxquels je souscris volontiers (sur la moralisation de la vie publique par exemple). L'UMP et Nicolas Sarkozy nous promettent l'apocalypse économique s'il est élu, je ne fais pas preuve d'un aussi grand pessimisme.
 
Restent sa volonté de légaliser l'euthanasie et de permettre l'adoption par les couples gays. Deux points durs pour lesquels je ne lui donnerai pas ma voix. Certes, le président ne fait pas tout, il ne ferait même rien si l'UPM remportait les élections législatives. Et on peut espérer pouvoir faire reculer le pouvoir sur certains projets de lois, même si une mobilisation la première année d'un mandat est toujours difficile.
 
Donc M. Hollande, si vous êtes battu dimanche soir, si quelques voix vous manquent (et si vous perdez, j'imagine volontiers que ce ne sera que de quelques voix), sachez que la mienne vous aura manqué à cause de ces choix de société dont je ne veux pas.
 
 
Et pour conclure
 
La diversité des opinions des blogueurs cathos est résumé dans cet article paru dans Témoignage Chrétien. Vous pourrez lire aussi ce qu'en disent les Poissons Roses, c'est intéressant.
 
Bon vote à tous !
 

Rectificatif du 5 mai 2012, 16h49

Contrairement à ce que je disais, Nicolas Sarkozy, dans sa profession de foi du 2nd tour, à lire ici, s'engage clairement contre l'adoption par les couples homosexuels et contre l'euthanasie. Le billet est donc modifié en conséquence.

  1. bizarrement pas facilement trouvable sur le site officiel La France Forte []

L’heure du choix

Bon, l'heure de faire son choix approche ! Choix tardif, me direz-vous, mais j'avoue que j'ai eu du mal à me sentir vraiment concerné par cette campagne. Est-ce l'atonie de certains candidats ? Est-ce ce sentiment que, d'une manière ou d'une autre, les marges de manoeuvre seront tellement faibles que nous aurons peu ou prou la même politique ?

Cependant, considérant que voter est un devoir, je me dois donc d'essayer au moins de savoir pour qui je vais voter. D'autant plus que je n'envisage pas de me décider dans l'isoloir ou de tirer au sort un bulletin…

Ah oui,  un point d'importance qui peut éclairer la suite : je ne suis pas militant et je fais partie de cette masse fluctuante de Français qui changent leur vote d'une élection à l'autre. Il m'est arrivé de voter socialiste, pour le centre, ou pour l'UMP (et feu RPR).

 

Les critères

Je me faisais l'écho, ici, de savoir sur quels critères voter, oscillant entre ceux purement politiques et économiques, et ceux ayant trait à des choix de sociétés. Il est en réalité difficile d'isoler les uns des autres. On peut essayer d'en privilégier une catégorie ou une autre. On peut aussi décider que les points non négociables le sont effectivement et baser son vote exclusivement sur ceux-ci.

On peut aussi tenter de pondérer tout cela. Koz a publié un billet récemment dans lequel il a proposé une lecture "objective" [1] des programmes de quatre candidats en fonction de plusieurs critères. Cet énorme et remarquable travail est une bonne aide, à défaut d'être une aide décisive [2].

 

Ceux pour qui je ne voterais pas

J'ai d'abord éliminé ceux pour qui il était hors de question de voter. Les extrêmes, qu'ils soient de droite ou de gauche. Ça en élimine pas mal, mine de rien : Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen, non, vous n'aurez pas mon vote.

A gauche, ils restent donc Eva Joly et Jean-Luc Mélanchon. A droite Nicolas Dupont Aignan. E. Joly est inaudible, impossible d'adhérer à quoi que ce soit. J'avais un a priori favorable pourtant : la juge intègre, l'approche nordique de la politique, une sorte de Borgen à la française. Mais là, non, trop difficile. N. Dupont-Aignan aussi trouvait un écho favorable chez moi : des relents de gaullisme, une certaine idée de la France, une abnégation. Mais son programme économique me parait un peu flou et je pense que sortir de l'euro serait une grave erreur.

Et J.L. Mélanchon, il n'est pas dans les extrêmes, me direz-vous ? Oui, certainement. Ses alliés communistes et son discours le mettent clairement très à gauche de l'échiquier politique. Mais le bonhomme est intéressant : il s'exprime bien, il cabotine, il occupe intelligemment l'espace, bref il sait capter l'auditoire. C'est d'ailleurs sans doute lui qui a fait la meilleure campagne, avec ce slogan que je trouve assez génial : "La révolution citoyenne", ce qui ne veut pas dire grand-chose en définitive mais qui est une bonne accroche. Mais la lecture de son programme, son alliance avec les communistes, ses sorties sur Cuba et le Tibet, ses références à Robespierre m'ont vite dissuadé de me tourner vers lui.

Ah oui, il en reste un. Jacques Cheminade. Que dire ? Qu'il veuille tripler le budget de l'Agence Spatiale Européenne [3] n'a pas suffit à envisager, ne serait-ce qu'une seconde, d'aller vers lui.

 

Ceux pour qui je pourrais voter

Donc il en reste trois : François Hollande, François Bayrou, Nicolas Sarkozy. Par tempérament, par culture personnelle, par adhésion assez large à son discours, sa posture et son programme, je me sens plutôt proche de François Bayrou. J'ai voté pour lui en 2007, je m'apprête à renouveler ce vote pour 2012.

Mais quelles sont mes considérations concernant ces trois candidats.

François Hollande

L'homme semble plutôt sympathique et je crois que son attitude bonhomme et rassurante a joué un grand rôle durant les primaires et les bons sondages sont imputables en partie à cette façon d'être, d'autant plus qu'elle contraste énormément avec celle de N. Sarkozy.

Cependant, si la forme plait, le fond est plus incertain et me convainc moins. Son programme, à l'instar de ceux des autres, comporte des zones d'ombre et sa part de démagogie et il est probable que la réalité économique lui impose des contraintes incoercibles. Je mets tout de même à son crédit son programme social et sa volonté de ne pas créer de clivages inutiles.

Je passerais sur certaines annonces qui me semblent tellement risibles que je me demande comment il a pu les prendre à son compte. Croit-il vraiment que la suppression du mot "race" changera quoique ce soit, si ce n'est peut-être à encombrer un peu plus les tribunaux ?

Mais ces effets d'annonce sont accessoires. Les points durs sont ailleurs, dans ces 3 propositions de son programme dont je me suis fait l'écho ici.

 

Nicolas Sarkozy

Si, sur la forme, je suis en phase avec F. Hollande, la façon d'être de Nicolas Sarkozy m'horripile. Je conçois que d'aucun considère ce critère comme futile. Ceci dit, on vote pour un programme, porté par un homme ou une femme. Et ressentir de l'empathie ou non pour un candidat n'est finalement pas si négligeable. En outre, dans le cas précis de Nicolas Sarkozy, cette façon d'être s'est traduite – malheureusement – en façon de gouverner. J'ai donc naturellement détesté ses outrances, ses insultes, ses manières avec les autres gouvernants, en un mot, sa façon d'habiter la fonction présidentielle. J'ai même ressenti de la honte parfois.

Si son bilan n'est pas très bon, je ne le juge pour autant pas catastrophique. La France a subi une crise forte et violente, et on peut faire crédit au président de son volontarisme. Je ne suis d'ailleurs pas sûr qu'un autre aurait fait nettement mieux. Mais bon sang ! que d'erreurs, qui risquent d'ailleurs de lui coûter cher : sa façon détestable de vouloir absolument être clivant en opposant les uns aux autres, sa tentation du népotisme, sa façon de mêler ses déboires familiaux aux affaires de la France, ses choix diplomatiques incertains, …

Il voulait créer la rupture : il aura gouverné comme aucun autre président de la Vème République mais on ne retiendra sans doute, s'il est battu à ces élections, que les écarts et les erreurs.

 

François Bayrou

Comme je l'ai dit précédemment, c'est le candidat dans lequel je me reconnais le plus. Je suis sensible à sa pondération et je reconnais en lui sa capacité à poser de bons diagnostiques. J'avais été sensible, notamment, à son discours sur la dette en 2007 et la nécessité d'avoir des budgets équilibrés.

Si je suis prêt à encore voter pour lui, est-ce pour autant un vote de conviction ? Non. Hélas, devrais-je ajouter ! Certes, si j'en juge le résultat de l'étude faite par Koz, ainsi que celle de Rue89, il est le candidat des "cathos". Et pourtant, pour lui aussi, j'émets quelques réserves.

D'abord, d'un point de vue purement politique, on ne voit pas bien avec qui il pourrait gouverner et cela pèse sans doute dans ses mauvais sondages dont nous verrons s'ils sont confirmés dimanche. Son programme comporte lui aussi des points étonnants. Je pense notamment à son approche sur les familles homo et sur la GPA. Je ne souscris pas à son analyse qui consiste à décréter que, parce qu'il y a des situations de fait, il faut les légaliser.

 

Et le second tour ?

Si les sondages d'aujourd'hui sont confirmés dimanche, le second tour aura lieu entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.

A moins d'événement particulier ou décision nouvelle et spectaculaire d'un ou des deux candidats, j'ai décidé de voter blanc.

Je ne veux pas d'un président aux méthodes que je considère comme brutales et pour qui j'ai une certaine antipathie (c'est criticable, sans nul doute, mais c'est ainsi). Je ne voterai donc pas pour Nicolas Sarkozy.

Je ne peux me résoudre à voter pour un candidat qui veut légaliser l'euthanasie, favoriser l'IVG à tout crin, permettre l'adoption par les couples gays ou les personnes seules. On touche là, finalement, aux points non négociables évoqués par le Pape et relayés par les évêques français.

Voter blanc n'a pas forcément bonne presse et certains y voient, au moins pour les catholiques, un fourvoiement irresponsable puisque le résultat irait à l'encontre du but recherché (les PNN par exemple). J'ai lu avec intérêt le billet publié par Charles Vaugirard sur son blog. Mais il ne m'a pas convaincu entièrement.

J'ai décidé, pour quelques raisons évoquées plus haut, de ne pas voter pour Nicolas Sarkozy. Il n'est pas le président que je souhaite pour la France. Son opposant devrait être (je mets les réserves de rigueur, sait-on jamais ?) un candidat pour qui j'aurais voté s'il n'avait pas dans son programme quelques points qui font que je ne peux voter pour lui. Je me trouve donc dans le cas de figure où je ne donne pas mon bulletin à celui qui aurait dû l'avoir.

On me rétorquera, et c'est l'un des arguments de C. Vaugirard, qu'en votant blanc, je prends le risque que F. Hollande soit élu et donc que les points honnis du programme deviennent des lois dans les prochaines semaines ou mois. C'est un risque, effectivement. Mais je m'accroche à l'idée que les lois sont préparées par le gouvernement et votées par l'assemblée nationale et que nous ne pouvons préjuger de la composition ni de l'un ni de l'autre pour l'instant. Une proposition de loi peut d'ailleurs se contester et on a vu plus d'un gouvernement reculer devant les pressions d'une partie de l'opinion.

Je fais finalement mien l'argument suivant, trouvé ici : 

Si un candidat est élu alors que nous avons voté blanc, la responsabilité de son élection n’est pas imputable à celui qui a décidé de ne voter ni pour lui ni pour son adversaire. La vraie responsabilité en revient à ceux qui ont voté pour ce candidat.

  1. je mets les guillemets car la pondération entre les différents critères est celle de Koz ; de plus, l'un des critères est ouvertement subjectif ; ceci dit, le travail, lui, est complet, lisible, référencé et donc "objectif" []
  2. Mais là n'était pas son but []
  3. Je travaille dans le spatial, je serais donc plus que favorable à une telle augmentation []

Boutin ou la décrédibilisation

Je n'ai jamais été un fan de Christine Boutin. Mais je n'ai jamais été contre non plus, considérant qu'elle défendait avec une certaine constance des valeurs auxquelles elle croit. Et comme ces valeurs sont à contre-courant de ce que pense la société et qu'elle se réclame du catholicisme, j'ai eu tendance à écouter plus attentivement ce qu'elle disait ces dernières semaines.

Je ne pense pas que j'aurais voté pour elle. Mais je ne l'excluais pas non plus, a priori.

Mais depuis hier, je suis dépité et même "en colère". Non pas tant parce qu'elle a décidé de rejoindre Nicolas Sarkozy. Ce n'est au fond une surprise pour personne, même si, un temps, elle a fait mine de vouloir peut-être rallier François Bayrou. Non pas tant parce qu'elle a abandonné son combat pour les 500 signatures qu'elle semblait vouloir poursuivre. Les consignes d'appareil (en clair de l'UMP) lui ont sans doute ôté tout espoir – sans compter que les sondages lui étaient particulièrement défavorables – de pouvoir rassembler suffisamment de promesses. Le savait-elle avant de se lancer sur la route de Compostelle ? Je l'imagine maintenant et j'y vois un dévoiement d'un symbole chrétien.

Je suis un grand naïf. J'ai cru que quelqu'un qui brandit sa foi aussi souvent, qui défend des valeurs dites chrétiennes, aurait une autre approche de la politique que la démonstration de ce ralliement nous montre.

Il y a quelques semaines, elle annonçait une "bombe atomique" sur Nicolas Sarkozy si elle n'obtenait pas ses signatures. Bon, c'était pour amuser la galerie, personne n'y croyait vraiment. Mais justement, elle, pétrie de valeurs autres, devait-elle tomber dans ce travers ? Ou bien, elle croyait à son combat, et je trouvais légitime qu'elle se donna les moyens d'y parvenir – la démocratie, disait-elle, est en jeu – ou bien, elle jouait un jeu, le jeu que tous jouent et qui n'a rien d'honorable.

Elle a donc décidé de rejoindre Nicolas Sarkozy. Pourquoi pas ? Pour faire gagner la France dit-elle. Je me souviens de ses multiples critiques contre la politique sécuritaire du gouvernement, notamment à l'égard des Roms. De son amertume quand elle a été congédiée du gouvernement. On imagine que des compensations, actées ou promises, ont dû bien vite amoindrir son sens critique et les désaccords.

Tout cela n'a pas beaucoup d'importance en réalité. Mais je suis un peu amer de constater que, finalement, Mme Boutin donne pleinement dans la politique politicienne alors que j'aurais aimé qu'une catholique revendiquée comme elle donnât un autre spectacle.

Et on s'étonne ensuite que les français prennent leur distance avec la politique …

Les propositions de François Hollande

L'élection présidentielle approchant, les candidats déclarés dévoilent peu à peu leur programme. C'est une bonne chose, cela permet de se positionner librement et calmement.

Un des candidats les plus en vue, notamment parce que les sondages lui donnent aujourd'hui un score qui lui permettrait d'être élu président, a dévoilé cette semaine ses 60 propositions : il s'agit de François Hollande, candidat du parti socialiste.

Le discours qu'il a tenu au Bourget dimanche dernier fut, paraît-il, bon. J'ai, pour ma part, regardé son intervention sur France 2 le jeudi 26 janvier. Il a été bon sur la forme – paroles affirmées, à l'aise, combatif – et je n'ai pas été heurté par ses interventions sur différents sujets politiques ou économiques. abordés Mais il faut dire que les sujets dits sociétaux n'ont pas été discutés lors de cette émission.

Les 60 propositions

Le candidat socialiste a annoncé ses 60 propositions, regroupées par chapitre. Et je dois dire que certaines me heurtent fortement.

Ainsi, dans le chapitre "Je veux renouer avec l'excellence de notre système de santé et renforcer l'hôpital public", je lis la proposition 21 :

Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité.

J'ai déjà eu l'occasion de dire ici même ce que je pensais de l'euthanasie. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. J'imagine qu'on rétorquera qu'il y aura un encadrement à la loi, que les limites sont déjà posées (sans savoir d'ailleurs qui peut décréter qu'une souffrance psychique est insurmontable). N'empêche. Lire cela me fait froid dans le dos, et je suis même surpris de tant de franchise. Est-cela l'excellence de notre système de santé ?

Passons à la proposition 31 du chapitre consacré au lutte contre la discrimination :

J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels.

Là au moins, c'est clair. Alors que certains candidats veulent sans doute la jouer en deux temps – d'abord le mariage, au nom de la non-discrimination, puis l'adoption au nom de l'égalité de traitement – François Hollande annonce clairement la couleur. Je reste convaincu qu'un enfant a besoin de l'altérité fondamentale apportée par la mère et le père.

Enfin, la proposition 46 qui dit :

Je proposerai d’inscrire les principes fondamentaux de la loi de 1905 sur la laïcité dans la Constitution en insérant, à l’article 1er, un deuxième alinéa ainsi rédigé : « La République assure la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes et respecte la séparation des Églises et de l’État, conformément au titre premier de la loi de 1905, sous réserve des règles particulières applicables en Alsace et Moselle. »

Je ne suis pas spécialiste du droit et je ne sais donc pas quel peut être l'impact d'un tel démarche. Au premier abord, je n'en vois pas la nécessité mais cela ne me choque pas plus que cela puisque la loi de 1905 dit exactement cela. A part mettre la laïcité au pinacle de notre république, je ne vois pas bien l'intérêt. Mais on peut en entrevoir le revers : ne verra-t-on pas les chantres de la laïcité se prévaloir de l'anti-constitutionalité chaque fois qu'ils considèreront qu'une religion ne respecte pas la laïcité ?

François Hollande est sympatique, c'est indéniable. Ce qu'il dit et propose a souvent du sens. Mais j'ai été tout de même surpris de constater qu'il va très loin sur certains sujets et que cela heurte ma conscience.

Et, en général, j'essaye de voter en conscience.

 

Pour qui votent les cathos ?

Présidentielle 2012 oblige, on voit toutes sortes de sondage, quasiment chaque jour. Tous n'ont pas un intérêt majeur. Le Pélerin a publié un sondage sur le vote des catholiques et même si celui-ci n'échappe pas à la règle, il me semble intéressant d'en parler.

 

La méthode

Notons le nombre élevé de personnes sondées, plus de 2000. Comme la marge d'erreur diminue avec l'accroissement du nombre de sondés [1], ce sondage ne souffre apparemment pas de défaut à ce niveau.

Par contre, ce qui me gêne réellement, c'est le manque de définition. Qu'est-ce qu'un catholique pratique régulier ? Est-ce celui qui va à la messe tous les dimanche ? Et un pratiquant occasionnel ? J'avais lu quelque part – mais je ne sais plus où – que qu'un pratiquant allait à la messe une fois par mois au mois et qu'un occassionnel n'y allait qu'aux grandes fêtes (Noël, Pâques, …). Ici, pas d'explication, ou alors je ne l'ai pas trouvé.

Quant au non pratiquant, je me pose quand même de savoir ce qu'est un catholique non pratiquant ? En quoi se sent-il concerné par le discours de l'Eglise ou par les évangiles ? Mais ceci est un autre débat. 

Les résultats globaux

Que les "cathos" votent plus à droite qu'à gauche ne me surprend pas. La population catholique, notamment pratiquante, étant assez âgée, qu'elle penche donc à droite me paraît assez cohérent. Cette tendance est visible tant au premier qu'au second tour.

En complément des intentions de vote pour les différents candidats putatifs, le sondage présente aussi les dossiers jugés importants. On s'aperçoit alors qu'il y a une assez grande similitude entre l'ensemble des catholiques et l'ensemble des français. Pas de vraie distinction à ce niveau-là. On note par contre des disparités assez fortes entre les trois catégories de catholiques.

Quelques résultats étonnants

  • Je m'étonne du zéro pointé de Christine Boutin. Qu'elle soit très bas dans l'ensemble à cause de certaines valeurs qu'elle défend, soit. Mais que la candidate – sans doute la seule – qui fait autant référence au catholicisme et à ses valeurs ne recueille même pas une intention significative de vote chez les catholiques m'étonne vraiment. Est-ce sa personne qui rebute ? Ou est-ce finalement le signe que les valeurs qu'elle défend ne suscitent aucun intérêt, même chez les catholiques ?
  • A l'inverse, je suis assez stupéfait que 15% des pratiquants réguliers aillent vers Marine Le Pen. Et, je le dis tout de go, cela me gêne… ;
  • Pour le second tour, Nicolas Sarkozy recueille 75% des intentions de vote chez les catholiques pratiquants, score qui semble énorme et un tant soit peu biaisé ;
  • Sur les dossiers, comme écrit plus haut, pas de distinction majeure entre les cathos et les français. J'aurais attendu pourtant des scores plus haut sur la moralisation de la vie publique par exemple. Mais non. On pourra y voir un beau signe d'intégration !

Pour conclure

Peut-on dire à la lecture de ce sondage : "dites-moi pour qui vous votez, je vous dirais si vous êtes catho" ? Certes non, tant les résultats sont finalement peu discriminants. Peut-être la question concernant l'intention d'aller voter – les cathos sont-ils des citoyens plus actifs que la moyenne ? – aurait permis de distinguer un groupe avec un autre.

 

 

 

 

  1. Je vous renvoie à cette explication []