Face à la mort, face à l’euthanasie

mortLa mort n’est pas une idée triste, disait Jacques Brel. [1] Mais la mort fait peur. Elle génère angoisse et doute, elle touche au plus profond de l’existence humaine. La mort est la seule certitude que nous avons, pauvres hères qui ne savent même pas de quoi demain sera fait. Comme chrétien, j’ai au moins la chance de croire que la mort n’est pas une fin. Mais parce que la mort est définitive, parce qu’elle est un point de non-retour dans nos vies terrestres, parce qu’elle est nimbée de mystère, elle est assez centrale dans nos vies.

Il y a la mort, et puis il y a la façon de mourir. Pour citer Brel encore, chanteur obnubilé par la mort, « mourir cela n’est rien, mais vieillir, ô vieillir ». [2] Le débat sur la fin de vie tente de répondre à cette question pourtant sans réponse : y a-t-il une bonne façon de mourir ? Oui, sans doute, diront ceux qui ont vu un proche partir paisiblement dans son sommeil, n’ayant connu ni la maladie ni la souffrance. Mais il y a les autres façons de partir : les soudaines, les brutales, les désespérées, les lentes, celles qui font crier. Il n’y a pas de bonnes façons de mourir tant la mort est un affront fait à la vie, à cette vie qu’on voudrait voir toujours durer. Alors on aimerait ne jamais y être confronté et, si nous le sommes, on voudrait que ça finisse vite, que ça ne dure pas trop, qu’on ne soit pas trop incommodé. Question de confort. Et d’égoïsme aussi. Les cas Bonnemaison et Lambert, dans les réactions qu’elles suscitent, dans la mienne, illustrent bien cet achoppement que nous avons tous vis-à-vis de la mort.

J’ai réagi assez vivement à l’avis du Conseil d’État du 24 juin 2014. J’ai été submergé par la colère et le dépit. Par la tristesse aussi. Pourquoi cette société qui vit dans le luxe extrême de ne pas connaître la guerre (repensons à la boucherie effroyable d’il y a un siècle) peut-elle être si ouverte à la mort ? Sommes-nous à ce point repus de tout pour refuser tout amoindrissement, toute faiblesse, pour préférer promouvoir la mort parce que, trop las et égoïstes pour supporter le handicap et la maladie ? Ma colère va surtout contre le législateur et non contre les proches de Vincent Lambert qui demandent sa mort. Non, je ne leur jette pas la pierre, moi qui ne sais pas ce qu’ils vivent…

D’ailleurs, que ferais-je pour moi ? Comment réagirais-je pour mes proches ?

J’ai appris qu’on pouvait formuler des directives anticipées, permettant d’indiquer clairement des choix en prévision d’une incapacité ultérieure à s’exprimer.

Euthanasier, c’est tuer

Même si je conçois la mort comme une étape, elle ne m’en fait pas moins peur. La mort m’angoisse, non pas tant pour moi que pour mes proches. Ayant des enfants encore jeunes, ma mort aurait des répercussions importantes sur eux. Elle affecterait mon épouse, mes parents, mes proches. Les laisser m’angoisse un peu, mais si je me répète que personne n’est indispensable. La maladie aussi me fait peur. Comment réagirais-je face à la douleur que je n’ai pas encore connue ? Ne serais-je pas aussi confronté un jour à l’intolérable souffrance à laquelle je ne chercherais plus que l’échappatoire ultime ? On se croit fort et puis… Mais demander à quelqu’un d’abréger ma vie, ce serait me résoudre à ce qu’il m’est impossible de concevoir aujourd’hui : demander à une tierce personne de tuer. Oh ! je sais bien qu’on tente par tous les moyens d’atténuer ce qui est pour moi un interdit majeur : « cela est mieux pour lui », « il n’en avait plus que pour quelques jours », « il n’y avait plus aucun espoir », etc. Oui, on peut essayer d’atténuer la portée d’un geste, mais j’ai beau le retourner dans tous les sens, euthanasier, c’est tuer. Fut-ce pour de bonnes raisons. Fut-ce avec les meilleures intentions du monde. Peut-être qu’agonisant, j’en viendrais à supplier ma femme ou mon médecin de précipiter les choses. Il ne faut préjuger de rien, mais je ne m’y résous pas par avance.

La perspective d’être dans un état végétatif ou pauci-relationnel n’est évidemment pas réjouissante. Cependant qui peut dire que cette vie-là ne mérite pas d’être vécue ? Je peux dire aujourd’hui que cette vie-là, je n’en veux pas. Mais demain ? Je ne sais pas. On ne peut pas savoir.

Le débat autour de la vie de Vincent Lambert et l’attitude de son épouse me renvoient aussi à l’attitude que je pourrais avoir si mon épouse devait se retrouver dans un pareil état. Ce doit être un drame affreux que de voir celle qu’on a aimée, avec qui on s’est engagé pour vivre le meilleur et le pire, tomber dans un état pauci-relationnel ou végétatif. Et là encore, il est sans doute un peu vain de parler sans savoir. Sans savoir ce que c’est que de regarder des yeux vides, un corps inerte, des bras recroquevillés sur eux-mêmes. Cela pourrait aussi arriver à mes enfants. Alors qui suis-je pour dire que, jamais ô grand jamais, je ne me mettrais pas du côté de ceux qui diront : « c’est assez, cela suffit » ? Je ne sais pas. On ne peut pas savoir. Mais ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui, cela me semble inconcevable.

Accepter la vie

Pourquoi ? Parce que se résoudre à tuer, c’est nier la vie, c’est refuser que la vie puisse prendre une forme qui ne me plait pas. Ce serait dire à ce Dieu d’amour auquel je crois : « non, ta vie n’est pas la bonne, ton amour n’apporte rien, ta tendresse est feinte, ta compassion est de pacotille ». Entrer dans cette logique mortifère, ce serait me couper (à jamais ?) de Jésus Christ, lui qui a connu l’angoisse de la mort et la souffrance extrême. Croire au Christ, pour moi, aujourd’hui, c’est refuser cette logique de mort. C’est accepter la Vie, quelle qu’elle soit, aussi faible et fragile soit-elle.

Mon drame, c’est que je sais aussi, finalement, très peu de choses de la vie…

 

Cet article a été initialement publié le 4 juillet 2014 sur le site Cahiers Libres

 

  1. « L’idée de la mort n’est pas une idée triste : c’est une idée d’une salubrité fantastique. » Jacques Brel, émission « Radioscopie » avec Jacques Chancel en 1973 []
  2. « Vieillir », album Les Marquises, 1977 []

Une société mortifère

L'actualité nous offre, cette semaine, deux tristes exemples de la dérive mortifère de notre société. Le pire, de mon point de vue, est ce sentiment qu'un aveuglement étrange affecte la société : certes, tant de bonnes raisons (la crise bien sûr) expliquent cette apathie intellectuelle, mais, enfin, peut-on accepter ces dérives sans broncher ? Quelle société voulons-nous ? 

 

Dissertons, dissertons, il en restera toujours quelque chose !

Un professeur de français demande à ses élèves de disserter sur le suicide. Pourquoi pas, le champ des questions philosophiques à traiter étant sans limites.

Le sujet, le voici :

"Vous venez d'avoir 18 ans. Vous avez décidé d'en finir avec la vie. Votre décision semble irrévocable. Vous décidez dans un dernier élan de livrer les raisons de votre geste. En dressant votre autoportrait, vous décrivez tout le dégoût que vous avez de vous-même. Votre texte retracera quelques événements de votre vie à l'origine de ce sentiment."

Vous notez que le sujet n'est pas le suicide en général, comme a pu le traiter A. Camus dans la Mythe de Sysiphe par exemple. Non, le sujet, c'est VOTRE suicide. Voyez aussi comme on ne réfléchit pas en termes généraux, préférant tout ramèner à soi : MA liberté, MON désir, MON mariage, MON suicide,  etc. Bref, admettons malgré tout que cela fasse un beau sujet pour des étudiants en prépa littéraire. Sauf que là, les élèves concernés sont en 3e, c'est-à-dire âgés, pour les plus jeunes, de 13 ans. Oui, on demande à des élèves de 3e décrire tout le dégoût qu'ils ont d'eux-mêmes. Quand on sait les difficultés inhérentes à cet âge pour quitter le monde de l'enfance, pour avancer vers l'âge adulte dans une société en manque de repères, pour s'approprier tous les changements du corps, pour faire ses choix d'orientations scolaires, je trouve cela proprement effarant.

L'enseignant a été suspendu temporairement. Déjà des associations de parents expliquent que, finalement, ce n'est pas grave du tout et que l'enseignant est unanimement apprécié. [1]

C'est dingue finalement comme certains refusent d'appliquer le principe de précaution dès qu'il touche à des enfants ou des ados.

 

Sauvons les baleines

En début de semaine, le landernau parisien bien-pensant s'est ému d'une publicité diffusée dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur. Cette publicité essaye d'alerter sur la recherche qui sera autorisée prochainement sur les embryons humains. En effet, le Sénat a adopté le projet de loi, et, évidemment, cela s'est fait sans bruit, sans débat national, pourtant prévu par la loi votée en 2011, comme précisé par l'article 46 de la loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique.  

Cette pub a pourtant deux torts, au point d'avoir suscitée des cris d'orfraie et des revirements dont les bobos sont coutumiers. Son premier tort est d'abord de poser une question qui fâche. L'intelligentsia n'aime pas les questions qui fâchent, elle n'aime qu'on ait un avis différent du sien, elle ne veut pas qu'on lui dise que ce qu'elle veut pour la société n'est pas toujours souhaitable. Oser poser la question du sort réservé aux embryons humains et comparer ce sort aux embryons d'animaux est visiblement tabou. Le second tort de cette publicité est qu'elle provient de la Fondation Jérôme Lejeune qui se bat pour les plus faibles (trisomiques) et qui est contre l'IVG. Et même si cette pub ne cible pas l'IVG, elle a partout été cataloguée comme telle.

Donc, comme des voix éminentes se sont émues, la direction du Nouvel Obs a fait machine arrière. Laurent Joffrin a publié un communiqué croquignolesque dans lequel il explique une erreur de fonctionnement interne – j'imagine que deux ou trois lampistes ont dû morfler – et que cette pub n'est pas en accord avec les valeurs du Nouvel Obs (vous noterez que, fort opportunément, l'intitulé du communiqué parle de pub anti-IVG). Dont acte : l'embryon humain ne fait pas partie des valeurs du Nouvel Obs. Est-ce l'adjectif humain qui est de trop ?

 

La culture de la mort

Cette société ne supporte pas qu'on essaye de défendre la vie, toute la vie, de ses prémisses jusqu'à son terme. Cette société est de plus en plus mortifère, semblant être attirée sans cesse davantage par le tourbillon de la mort. Oh certes, on va se pencher sur l'état de la planète, on stoppe des travaux pour sauver une espèce de grenouilles en voie de disparation, mais dès qu'on parle de défense de la vie, on est ringardisé. [2

Mes amis, ce tourbillon mortifère n'est pas prêt de s'arrêter. Pensez à la délectation de certains quand ils voteront la loi sur l'euthanasie et qui vous expliqueront que vous êtes sans coeur si vous êtes contre !

Ce n'est pas nouveau. En 1995, Jean-Paul II a publié Evangelium Vitae qui reste, plus que jamais, d'une brûlante actulaité :

95. « Conduisez-vous en enfants de lumière… Discernez ce qui plaît au Seigneur, et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres » (Ep 5, 8.10-11). Dans la situation sociale actuelle, marquée par un affrontement dramatique entre la « culture de la vie » et la « culture de la mort », il faut développer un sens critique aigu, permettant de discerner les vraies valeurs et les besoins authentiques.

 

  1. Pour en savoir plus, vous pouvez lire et []
  2. Évidemment, je n'ai rien contre le fait qu'on se préoccupe de la planète et qu'on soit précautionneux des espèces vivantes : c'est le deux poids deux mesures que je fustige []

Pour nos défunts

Hier, nous fêtions les saints. Tous les saints. Pas uniquement ceux, d’ailleurs, qui ont été canonisés par l’Eglise. Tous ceux, anonymes, humbles, qui ont eu des parcours lumineux.

Aujourd’hui, nous fêtons les morts. Ceux qui nous ont quittés et que nous avons aimés. Les autres aussi du reste.

Alors, en mémoire, et en prières pour eux – j’ose d’ailleurs, chère lectrice, cher lecteur, les confier à votre prière -, je vais vous parler de mes morts.

Mon grand-père Paul, que j’ai peu connu, dont il ne me reste que deux ou trois images un peu floues que j’arrive à extirper de ma mémoire. Il est mort trop tôt, ou alors c’est peut-être moi qui suis né trop tard. Mais ces deux ou trois images sont des images heureuses. C’est bien.

Mon grand-père Louis. Mon vrai premier chagrin. J’avais 9 ans. Interdit de cérémonie et de cimetière, j’ai vécu son enterrement par procréation. En plus de voir ma mère pleurer, j’ai vraiment compris le funeste de l’événement en voyant ma grand-mère arriver de noir vêtue, comme jamais je ne l’avais vu auparavant. Je pleurais en regardant les nuages, là où il était. Je me souviens, encore aujourd’hui, des bons moments passés avec lui. Quand il m’emmenait promener ou qu’il me faisait conduire sur ses genoux. Des moins bons aussi. Ceux qu’on regrette. Mais j’étais jeune.

Son épouse, Jeanne, ma grand-mère. Je pourrais écrire un livre sur elle. Son influence sur la famille fût énorme. Ecrasante. Et si néfaste. Si souvent. Mais enfin, un lien aussi fort, même entâché de tant de noirceurs ne se gomme pas comme ça. Il y eut aussi de bonnes choses. Elle est morte, paisiblement, dans une unité de soins palliatifs [1]. J’étais à côté d’elle lors de son dernier soupir. Je lui tenais la main.

Mon autre grand-mère, elle aussi prénommée Jeanne. Grand-mère gâteau, dans tous les sens du terme. Que j’étais si heureux de retrouver dans la campagne nîmoise. C’est avec elle que j’ai nourri les lapins et les poules. Que je les ai tués aussi. Elle avait un regard sur la vie totalement emprunt de naturalisme. Les chiens ne font pas des chats, disait-elle souvent. J’ai pu lui parler de vive voix deux jours avant son décès. Et je me souviens de la veillée funèbre dans sa chambre. Seul avec elle, mais avec le Christ qui était là, j’ai rarement vécu un moment aussi paisible.

Mon ami Gilles. Mon copain. Celui avec qui j’ai partagé les affres et les joies de la vie étudiante. Avec qui je discutais jusqu’à plus d’heures. Celui avec qui j’ai traversé d’est en ouest et du sud au nord les Etats-Unis, dans un van pourri. Celui qui était en recherche permanente, qui a tant tâtonné, qui avait fini par rejoindre un mouvement spirituel un peu douteux. Par amour d’une femme et par soif spirituelle. Celui qui est mort à 30 ans sur une route de Californie, renversé par une voiture qui n’a pas vu son vélo « couché ». Nous étions alors loin l’un de l’autre et plus tout à fait en phase. Mais l’annonce de son décès par email par un de ses collègues m’a renversé. J’ai tant de fois pleuré. Et je ne peux plus écouter « Jojo » de Brel tout à fait de la même manière depuis.

Mon ancien collègue Roger avec qui j’ai travaillé pendant presque 10 ans. Un cancer l’a emporté en 18 mois, en pleine quarantaine. Je le remercie encore, au détour d’une réunion qui finit plus tôt que prévue et qui nous laissa un peu de temps (chose si rare), de m’avoir parlé de sa maladie, de ses traitements. Il raisonnait en scientifique. Il essayait d’expliquer tout rationnellement. Il semblait si sûr de s’en sortir ! J’ai appris qu’il avait pas mal souffert dans les derniers temps, ceux que les collègues ne vivent généralement pas. Une dernière conversation avec lui m’avait préparé au pire. Je ne reconnus pas sa voix, qui semblait être déjà d’outre-tombe. Sa pertinence d’analyse me manque (professionnellement). Et je n’oublie pas cette soirée à Rome durant laquelle il nous guida pour une visite nocturne merveilleuse.

Un autre collègue, Pierre. Pas un ami, mais un collègue avec qui j’aimais discuter : rugby, politique, météo. Mort dans un accident effroyable quelque part vers Carcassonne. Il aurait dû prendre l’avion. Mais les grèves ce jour-là l’ont incité à prendre la voiture avec un de ses collègues amis. Sa vie s’est jouée à quinze secondes. La messe de funérailles fut magnifique de dignité. Dignité de sa femme et de ses filles, dignité du prêtre qui laissa libre cours à l’émotion avant de nous inciter à nous tourner vers le Christ, dignité de l’équipe pastorale qui anima la messe. J’aimais écouter le Requiem de Mozart. J’ai compris ce jour-là le génie de ce compositeur.

Bernard, prêtre, d’une humanité rare. Il avait réussi à mettre en pratique l’exigence de l’amour du prochain. Ses conseils me sont toujours précieux, parce qu’imprégnés de paix et d’amour.

Elie-Pascal, dominicain. J’ai rarement rencontré une personne aussi cultivée, à l’élocution aussi précise. Il garda toujours une part de mystère. Sa mort le prit encore jeune, dans la cinquantaine. Quand nous avons osé lui parler de ce moment fatidique quelques 3 mois avant sa mort, il nous dit avec conviction, sérénité et joie : « Voir le Christ, voir le Christ. Je n’attends que cela ». Et c’est parce que ces paroles furent prononcées de cette façon-là qu’elles résonnent encore en moi.

Quelle mort ne laisse pas de blessure plus ou moins profonde ? Que d’incompréhension aussi.

Mais, convaincu d’un après merveilleux, j’ai vraiment au fond de moi l’espérance de les retrouver un jour ….

  1. J’ai évoqué son passage à Jeanne-Garnier ici []

Arrêtons avec l’euthanasie !

Image du site http://www.7sur7.beLa pression se fait de plus en plus forte pour instiller dans les esprits que l'euthanasie est une solution parmi d'autres, mise au même niveau que les soins.

Je lis ce matin avec effarement un article du Figaro sur un film belge primé au festival de cinéma de Rome. Ce film s'intitule "Kill Me Please" (tue-moi s'il te plait). Je n'ai pas vu le film, je n'en dirais donc rien. Par contre l'article du Figaro, signé Richard Heuzé, va dans le sens du vent en présentant l'euthanasie sous un jour acceptable : "Cette comédie grotesque et tout à fait politiquement incorrecte, tournée en noir et blanc, traite de l'euthanasie dans la clinique privée du docteur Kruger, d'une manière légère. Elle la dédramatise en la présentant comme un simple acte médicalement assisté." Je ne sais, à ce stade, si le film tourne en dérision le fait de considérer l'euthanasie comme un "simple acte médicalement assisté", auquel cas la chose serait acceptable. Mais j'en doute.

L'article présente ce film sous un beau jour, convenable, et que j'interprète comme une sorte d'apologie de l'euthanasie.

Récemment, un sondage IFOP pour le journal Sud-Ouest [1] tendait à démontrer qu'une vaste majorité de Français est favorable à l'euthanasie. Y compris parmi les catholiques (pratiquants ou non pratiquants) [2]. Par ailleurs, une association demande l'ouverture d'un débat au parlement.

Je constate avec tristesse que, dans le sondage évoqué plus haut, les "catholiques" sont, parmi les autres groupes classés par religion [3], ceux qui sont le plus favorables à l'euthanasie.

Alors, à tous ceux qui se disent catholiques, je vous propose de relire le Catéchisme de l'Église Catholique qui dit, dans son article 2277 que : "Ainsi une action ou une omission qui, de soi ou dans l’intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. L’erreur de jugement dans laquelle on peut être tombé de bonne foi, ne change pas la nature de cet acte meurtrier, toujours à proscrire et à exclure."

Je compatis évidemment avec ceux qui sont en charge de personnes gravement malades, dont la fin est sans doute proche et qui s'accompagne de souffrances. Oui, ces situations sont difficiles à vivre. Oui, elles nous imposent leur violence. Oui, elles nous interpellent et nous posent la question de la souffrance et de la mort. Oui, elles nous demandent de la compassion, du temps, des regards, des paroles, des gestes (n'est-ce pas cela, au fond, l'amour du prochain ?).

Mais jamais, au grand jamais, elles ne doivent trouver leur conclusion par un meurtre. Car l'euthanasie est un meurtre.

  1. Je vous invite vraiment à télécharger le résultat du sondage en entier, c'est édifiant []
  2. Je ne connais pas les critères utilisés par les instituts de sondage pour décréter qu'un catholique pratique ou non []
  3. il y a 4 groupes : catholiques pratiquants et non pratiquants, musulmans, autre religion, sans religion []

Sakineh

SakinehVous avez forcément entendu parler de Sakineh, cette femme iranienne accusée d’adultère et promise à la mort par lapidation. Une forte mobilisation internationale a lieu, notamment française, sous l’égide de Bernard-Henry Levy.

Inutile de revenir sur cette condamnation qui n’a aucun sens si ce n’est celui de montrer un certain visage peu ragoûtant de l’Iran et de l’Islam. Je ne veux pas faire d’amalgames mais enfin il faut aussi dire les choses telles qu’elles sont.

Il y a 2000 ans environ, un épisode du même type a eu lieu. Une femme adultère avait été surprise, les hommes voulaient faire appliquer la loi de Moïse et demandaient donc à ce qu’elle soit lapidée. Oh, ces hommes-là se moquaient bien de cette femme ! Ils ne cherchaient qu’à piéger Celui qui remettait en cause les fondements de leur foi et leur façon d’appliquer la Loi. Cet épisode nous a été raconté par Saint Jean (Jn, 8, 1-11).

Cette femme adultère, il y a 2000 ans, a eu la chance de rencontrer Jésus sur sa route. Et puisque Jésus ne l’a pas condamné, elle est peut-être auprès du Père et elle intercède peut-être pour Sakineh.

Voilà comment Jésus a aboli, il y a 2000 ans, une application déviante de la loi de Moïse. Voilà ce qu’il faudrait rappeler à tous ceux qui continuent de décrier le soi-disant obscurantisme du christianisme.

En attendant, sans être convaincu du succès de la démarche, et pour que cette femme ait la chance de rencontrer Jésus et se repentir, j’ai signé la pétition pour la sauver.