L’Evangile selon saint Matthieu, le film

Evangile-st-MatthieuParmi les films retraçant tout ou partie de la vie de Jésus, celui-ci est marquant à plus d’un titre. Je ne saurais trop vous le conseiller que vous soyez croyant ou athée. Ce film est beau – esthétiquement parlant -, il est vrai, il est rude. Il est donc à voir.

L’histoire

L’histoire est celle racontée dans l’évangile écrit par Matthieu. On peut comprendre pourquoi Pasolini a choisi cet évangile-là : celui de saint Marc est un peu sec, celui de Jean trop théologique et – sans doute – difficile à mettre en image. Pasolini aurait pu choisir celui écrit par saint Luc, qui offrait l’avantage d’avoir des passages ayant trait à l’enfance de Jésus. Mais on sent que Pasolini, sa mise en scène l’atteste, a préféré aller à l’essentiel et ne pas donner trop d’importance à ce qui n’en a pas.

Faut-il rappeler ce que dit l’évangile de saint Matthieu ? S’adressant plus particulièrement aux Juifs, il insiste sur la continuité avec l’Ancien Testament et l’affrontement avec les prêtres, les scribes et les pharisiens.

Le film

Pasolini, le seul à ma connaissance, a choisi non pas une partie de la vie de Jésus, mais l’ensemble d’un évangile. Mel Gibson s’est focalisé sur la Passion du Christ, de nombreux films hollywoodiens ont choisi tel ou tel événement (en général tiré de l’Ancien Testament). Reste le cas de Jésus de Nazareth, film-fleuve et qui se veut le plus exhaustif possible, en allant puiser dans les 4 évangiles, mais qui fut au départ une mini-série et donc conçu comme telle.

Traduire un évangile entier en film n’est pas chose si aisée que cela semble être. Il y a des paroles non liées à des événements, des discontinuités dans le récit, des choses implicites. Pasolini se tient strictement à l’évangile de saint Matthieu. Rien d’autre ne vient agrémenter le propos. Seuls quelques passages du texte n’ont pas été repris – la Transfiguration, un certain nombre de paraboles.

Le réalisateur a fait certains choix artistiques. Par exemple, même si le film n’est pas que cela, celui de la dureté: dureté des paysages arides, dureté des propos, tout cela traduit un dépouillement qui sied bien, je trouve, à la parole évangélique. On est loin du décorum façon péplum de Jésus de Nazareth, ou de la stylisation voulue par Mel Gibson dans la Passion (par les ralentis par exemple). Ici, rien ne vient atténuer ou renforcer artificiellement – autrement que par le jeu des acteurs – la parole et les gestes du Christ.

Dureté aussi dans le ton employé par Jésus lors de certaines scènes. On imagine souvent que Jésus ne fut dur – dans ses paroles – que lorsqu’il chassa les marchands du temple. Ici, on voit Jésus avoir un ton dur, véhément sinon cassant, à d’autres moments, y compris vis-à-vis de ses apôtres. Cela surprend et interpelle. On peut ne pas être d’accord avec ce parti-pris. Mais cela remet bien en perspective la force des propos tenus par Jésus (lorsque Jésus appelle à la conversion par exemple). Et pour le croyant, cela permet aussi de questionner la façon dont on reçoit la parole du Christ. Donc cela me parait très bien, même si certains critiques ont reproché à Pasolini ce ton véhément comme le signe d’une arrière-pensée politique [1].

Réduire le film à une certaine dureté de ton serait évidemment réducteur. Jésus est montré très doux à d’autres moments, ce qui confirme d’ailleurs que Pasolini n’a pas voulu en faire un hystérique. Dans les évangiles, il est dit que Jésus pleure au moment de la mort de Lazare. Il n’en est pas mentionné d’autres. Dans le film, Jésus pleure aussi – l’épisode de la mort de Lazare n’est relaté que dans l’évangile de saint Jean – lorsqu’on lui annonce la mort de Jean-Baptiste. On lui voit aussi une furtive larme couler à d’autres moments du film. Interprétation du cinéaste donc par rapport au texte, mais intuition géniale : oui, si le Christ a pleuré lors de la mort de Lazare, pourquoi n’aurait-il pas pleuré à d’autres moments, et notamment pour la mort de son cousin Jean le baptiste ?

Quelques scènes marquantes

Marie jeune est d’une beauté incroyable. Elle ne prononce pas un mot, mais elle sait et comprend tout. « [Elle] gardait dans son coeur tous ces événements ».

Joseph est présent au début du film. Un peu dépassé par les événements, il se laisse guider par les apparitions de l’ange (apparitions qui se passent en plein jour, alors que je les ai toujours imaginées de nuit !). Son humilité et son obéissance transparaissent vraiment. Une très belle scène montre Joseph ouvrant ses bras pour accueillir Jésus, âgé de 2 ans environ, courant vers lui.

La tentation de Jésus au désert est filmée dans ce qui ressemble à un champ de lave. Il est seul, Satan s’approche de Lui. Toute l’âpreté de la tentation transparaît par l’âpreté du lieu.

Jésus marche sur la plage et appelle ses premiers disciples : Pierre et André, puis Jean et Jacques. Jésus s’approche, les appelle par leurs prénoms. Un instant d’hésitation, puis la décision est prise de suivre le Christ. Très belle scène , toute en mouvement, toute en fluidité : suivre le Christ semble si facile et naturel !

Conclusion

Magnifique film qui permet de (re)découvrir l’évangile de saint Matthieu. Il est remarquable que ce film ait été réalisé par quelqu’un qui ne croyait pas, qui revendiquait son athéisme. Pasolini n’a pas cherché à faire passer un message, il a pris le texte et en a fait un film. Certes, comme évoqué plus avant, il a fait certaines interprétations, a opté pour quelques partis-pris. Nul reproche ici, tant cela est fait dans le respect de l’oeuvre originale et de la croyance.

Notez aussi la très belle bande-son qui habille superbement les paysages et certaines scènes.

Regardez ce film (qu’on trouve facilement en DVD et je crois aussi en VOD), cela vivifiera à coup sûr votre lecture de l’évangile de saint Matthieu. Un conseil supplémentaire : regardez-le en VO sous-titrée, le doublage en français ne m’ayant pas convaincu.

D’autres critiques cinématographiques sont disponibles aux liens suivants :

 

Ajouts du 15/04

  • Mention concernant la VO
  • Lien vers le site bible-service.net
  1. Voir les critiques à la sortie du film []

Le repas de la Cène

evangile-selon-saint-matthieu-pasoliniJ’étais allé chercher de l’eau au puits. Les femmes avaient eu peur d’en manquer, avec ce vent sec et déjà chaud qui avait commencé de souffler sur la ville. J’aurais préféré y aller plus tard. Le puits était de l’autre côté de la colline. J’ai choisi de la contourner, c’est plus long mais moins fatiguant.

Un peu avant d’arriver au puits, il y avait un attroupement, près de la synagogue. Les gens parlaient fort, s’invectivaient. Des soldats romains sont arrivés et ont demandé brutalement à tout le monde de se disperser. Des coups sont tombés. J’ai failli faire demi-tour. J’ai attendu un peu, le calme est revenu. Quand je suis arrivé au puits, plusieurs personnes discutaient, mais je n’ai pas bien compris de quoi elles parlaient. J’ai rempli ma cruche, j’ai bu un peu d’eau puis j’ai repris le chemin inverse. Quand je suis passé à nouveau devant la synagogue, les personnes écoutaient attentivement un rabbin mais je ne me suis pas arrêté. J’ai vu deux hommes qui saignaient, l’un à la tête, l’autre au bras. J’ai eu un peu peur. Il régnait une sorte d’excitation que je ne comprenais pas.

Peu avant d’arriver chez moi, deux hommes m’ont abordé. Ils m’ont demandé où j’habitais, je leur ai fait signe de me suivre. J’étais inquiet car j’ai pensé qu’ils faisaient partie du groupe de la synagogue. Avaient-ils pris ombrage que je ne daigne pas m’arrêter pour savoir de quoi il s’agissait ?

Arrivé dans ma maison, je les ai fait entrer. Ils n’avaient pas l’air dangereux mais, au contraire, ils étaient calmes et très aimables. Le plus vieux m’a dit : « Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples. » Je ne sais pas de quel maître ils parlaient. Était-ce le rabbin que j’avais vu devant la synagogue tout à l’heure ?

Nous sommes montés à l’étage, là où la grande pièce permet de réunir les convives quand ils sont trop nombreux. Ils m’ont dit que cela allait très bien et qu’ils viendraient faire les préparatifs plus tard. J’étais un peu étonné car je ne les connaissais pas. Je suis redescendu le dire aux femmes. Elles m’ont fait de vifs reproches d’avoir laisser ces inconnus venir s’installer.

Plus tard, les deux hommes sont revenus. Ils ont tout apporté : le pain, de l’eau, du vin, des fruits, l’agneau. Ils ont tout disposé. Ils étaient heureux. Ils chantaient. Quand les enfants sont montés voir, tout intrigués qu’ils étaient, ils leur ont donné du raisin. Puis ils sont partis, en nous saluant bien bas.

A la tombée de la nuit, ils sont arrivés, sans bruit. Ils étaient nombreux, j’ai pensé un moment qu’ils ne rentreraient pas tous dans la salle de l’étage. Les deux disciples m’ont présenté leur maître, qu’ils appelaient « Rabbi ». Ce n’était pas celui que j’avais vu ce matin à la synagogue. Son regard s’est posé sur moi, il m’a salué. J’étais ému et intimidé. Il n’a pas insisté. Ils se sont tous dirigés vers la salle du haut.

Nous étions tous intrigués. Ils ont chanté, ils parlaient beaucoup. Les enfants montaient pour voir. Le maître s’amusait à les appeler, eux se cachaient derrière le pilier. Les enfants riaient, les hommes aussi. Puis le maître a demandé aux enfants de partir : un disciple est venu les amener en bas.

Je n’ai pas pu résister à la curiosité. Je suis monté, discrètement, sans lumière. Je me suis caché derrière le poteau, dans la pénombre. Les rires avaient cessé. Plus personne ne parlait fort, je n’entendais que des murmures.

J’ai compris pourquoi les autres l’appelaient « Maître ». Tous l’écoutaient quand il parlait. J’ai bien entendu qu’il disait que l’un allait le trahir mais je n’ai pas compris de quelle trahison il s’agissait. Mais j’ai bien senti leur effervescence et chacun disait : « est-ce moi ? » A ce moment-là, l’un des hommes est sorti, il est passé devant moi sans me voir, a dévalé les escaliers et est parti. Il n’est pas revenu.

Ensuite, le maître a dit des paroles que je n’ai pas comprises. J’ai vu qu’il a pris du pain et qu’il a dit que ce pain était son corps. Et après il a pris du vin et il a dit que c’était son sang. Le silence s’était fait dans la salle. Les disciples étaient comme interloqués de ce que leur maître leur avait dit.

Puis, tout doucement, le Maître a entonné des psaumes, que tous ont repris. Ils se sont ensuite levés, j’ai juste eu le temps de redescendre rapidement sans qu’ils me voient.

Mon coeur palpitait autant de la crainte qu’ils aient pu me voir que de tout ce que j’avais vu. Ils sont sortis dans la nuit, je ne sais pas où ils sont allés.

Le lendemain a été terrible. La tension était à son comble. Le bruit a couru qu’un faux prophète avait été arrêté pendant la nuit, qu’il y avait eu des échauffourées et que les patrouilles romaines faisaient preuve d’une grande sévérité. Nous sommes restés à la maison toute la journée, sans bouger.

Environ deux semaines plus tard, les hommes qui étaient venus mangés ont frappé à la porte. Il faisait nuit. Ils n’étaient plus que cinq, ils avaient peur, ils étaient fatigués et avaient faim. J’ai reconnu un des plus vieux et aussi le plus jeune. Je leur ai donné à manger.

Ils m’ont tout expliqué.

Jibitou, librement inspiré de Mt, 26, Ma, 14, Lc, 22.

Témoignage de carême

Il y a deux semaines environ, soit vers la mi-carême, j'ai reçu deux coups de poignard dans le coeur. De ces paroles et actes qui meurtrissent, qui blessent, qui font mal. Qui obsèdent alors l'esprit, qui troublent la concentration et le sommeil, qui coupent l'appétit. Ces deux coups de poignard sont arrivés à quelques jours d'intervalle, l'un venant du côté familial, l'autre du côté professionnel.

J'étais perdu, groggy, dans les cordes. Angoissé surtout. Et l'angoisse est mauvaise conseillère. D'abord parce qu'elle tétanise, ensuite parce qu'elle incite au repli sur soi, aux représailles, à rendre coup pour coup.

Pendant quelques jours, j'ai penché de ce côté-ci.

Et puis…

Et puis, j'ai demandé à Dieu de me faire signe, de m'aider dans ce qui s'apparentait à un naufrage intime, lent et inexorable. Un "nervous breakdown" comme aurait dit Audiard. J'ai demandé et Dieu m'a exaucé. Il m'a envoyé exactement le signe qu'il me fallait. Oh, ne vous attendez pas à ce que je vous dise que mes "ennemis" ont été foudroyés ou que tous les problèmes ont été résolus. Certes non ! Un signe, infime, tellement léger que j'aurais pu ne pas le voir. Juste un "Je suis là, reprends confiance, tu vaux mieux que ce qu'on dit de toi".

Un signe qui ne résout rien, mais qui m'aide à affronter les difficultés avec courage, lucidité et charité. Que demander de plus ? 

Je vois un autre signe dans ce qui m'arrive. Nous sommes en cette période de carême et je suis convaincu que j'aurais vécu différemment ces événements à une autre période. La prière plus assidue, cette volonté de vivre pour Dieu et par Dieu, même avec toutes mes limites, même avec cette propension récurrente à tourner la tête ailleurs, m'ont aidé. Je me rends compte aussi à quel point l'humilité est une vertu essentielle. Humilité vers Dieu, humilité vers les autres, surtout vers ceux qui en ont contre moi [1].

L'Écriture est d'un grand secours. "Un jour, Jésus monta en barque avec ses disciples, et il leur dit : « Passons sur l'autre rive du lac. » Et ils prirent le large. Pendant qu'ils naviguaient, Jésus s'endormit. Une tempête s'abattit sur le lac. Ils étaient submergés et en grand péril. Ses compagnons s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Maître, maître ! Nous sommes perdus ! » Et lui, réveillé, interpella avec vivacité le vent et le déferlement des flots. Ils s'apaisèrent et le calme se fit. Alors Jésus leur dit : « Où est donc votre foi ? » Remplis de crainte, ils furent saisis d'étonnement et se disaient entre eux : « Qui est-il donc ? Car il commande même aux vents et aux flots, et ceux-ci lui obéissent ! »" [2]

Oui, encore un fois, Jésus a pu se demander où était ma foi. Faible avant, un peu moins maintenant, sans doute, je l'espère en tout cas.

Malgré la douleur, et bien que tout ne soit pas encore résolu, j'ai au moins une belle satisfaction : celle d'avoir pu vivre, en ce temps de carême, quelque chose qui m'aura rapproché de Dieu et des hommes. Je rends donc grâce à Dieu pour cela et parce que j'ai senti, quasiment physiquement, qu'Il est un Père de tendresse et d'amour.

  1. et à qui j'ai fait du tort, j'ai aussi une part de responsabilité dans les coups de poignard mentionnés plus haut []
  2. Lc, 8, 22-25, traduction AELF []

Un bien étrange discours : précision de Mgr Noyer

Comme beaucoup, j’avais été troublé par le texte publié par Mgr Noyer intitulé « Faut-il croire à la Résurrection ? » et m’en étais fait l’écho dans le billet Un bien étrange discours.

Mgr Noyer a publié le 13 mai 2010 un article qui lève les ambiguïtés et incompréhensions que j’avais.

Que cela serve à tous ceux qui écrivent : les mots, les phrases peuvent être de bien piètres reflets de nos pensées …

Un bien étrange discours

Je suis tombé par hasard sur ce texte, écrit par Mgr Noyer, intitulé « Faut-il croire à la Résurrection ?« . Il faut savoir que Mgr Noyer est archevêque émérite d’Amiens, ce qui n’est pas rien. Il est censé être une autorité morale et intellectuelle de l’Église de France.

Je n’ai rien contre le questionnement des écritures, dont nous savons tous qu’elles doivent être interprétées et non pas toujours être lues au premier degré, cette interprétation pouvant se résumer à expliquer le contexte historique et linguistique des écrits. C’est pourquoi, par exemple, j’apprécie de lire la bible de Jérusalem dont les commentaires sont toujours éclairants.

Mais là, c’est autre chose. J’ai relu plusieurs fois ce texte et j’avoue que je ne trouve pas grand-chose pour le sauver. En effet, on y lit que :

  • la résurrection de Jésus est une rumeur ;
  • que seuls les crédules ont cru à cette rumeur, sauf Thomas qui l’a remise en cause ;
  • que la religion catholique est basée sur la rumeur que les clercs (sous-entendu les prêtres depuis les premiers temps) ont maintenu, par le savoir, au brave peuple qui était crédule ;
  • que la résurrection est une anecdote merveilleuse ;
  • qu’il faut faire en finir avec la confusion entre l’évangile de Jésus Christ et ces rumeurs (sic).

Et, en guise de conclusion, cette phrase assourdissante : « Mais aujourd’hui, présenter ces « vérités » comme le contenu de la foi fait à certains une difficulté au lieu d’être une aide ».

J’avoue que j’ai du mal à comprendre comment un évêque peut, au soir de sa vie – il est âgé de 83 ans – avancer de telles inepties. Remettre en cause la résurrection de Jésus, c’est remettre en cause l’essence même de la religion catholique. Personne n’est obligé d’y croire mais dire, aujourd’hui, que ces vérités-là n’en sont pas ou ne sont pas l’essence de la foi, c’est vider de sens ce qui fait sens. Je ne parle même pas de la remise en cause des témoignages des apôtres et disciples de Jésus, tant cela peut remettre tout en cause. J’avais écrit un billet sur l’importance du témoignage pour ma propre foi !

Que dire de plus ? Relisons Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 15, versets 1 à 15 : « Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu, et vous y restez attachés, vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants. Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu :le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il a été mis au tombeau ;il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts – ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis. Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m’a comblé n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi. Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà votre foi. Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? Mais, s’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ, lui non plus, n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre message est sans objet, et votre foi est sans objet. » (Textes liturgiques © AELF)