Merci au magazine Pèlerin

Cette semaine, le magazine Pèlerin a lancé le Prix du Meilleur Blog Catholique. Il se trouve que ce site, Catholique Aujourd'hui, est sélectionné parmi 6 sites au total.

J'ai évidemment été très surpris par cette sélection, j'ai même cru à une pub lorsque j'ai reçu un email ayant pour objet : "Votre blog plaît à Pélerin …"

Je suis naturellement très heureux de faire partie de cette sélection. Il y a des dizaines de sites qui répondaient aux critères énoncés par le Pèlerin, certains auraient sans nul doute leur place dans la sélection. Ce fut donc une réelle surprise et cette surprise m'a procuré de la joie. Joie d'une certaine reconnaissance, joie aussi de l'encouragement donné. Espoir aussi d'élargir un peu le lectorat.

Je ne savais vraiment pas, voici 3 ans, combien de temps je tiendrais lorsque j'ai décidé de me lancer dans l'aventure d'un blog. Ce billet est le 150ème publié depuis mars 2009, ce qui fait environ un billet par semaine en moyenne.

Merci donc à ceux qui ont fait cette sélection.

Et puisqu'il y a un prix, bonne chance aux 5 autres sites sélectionnés, à savoir :

Pseudonymat sur internet

J'avais prévu depuis un certain temps d'écrire un billet sur ce sujet. Puis, cette semaine, une discussion s'est engagée dans la blogosphère catholique (enfin une partie d'elle) que j'ai suivi via Twitter [1].

L'abbé Pierre Amar, du Padreblog, a écrit un billet intitulé "L'anonymat sur Internet est-il catho-compatible ?" sur lequel je veux réagir, n'étant pas d'accord avec de nombreux points soulevés. Peut-être que le fait d'écrire sous un pseudo annihilera la valeur de ma position, selon son critère et celui de ceux qui pensent qu'il faut être sous internet sous son vrai nom. Tant pis.

J'expliquerai ensuite pour quelles raisons j'ai choisi de rester "caché".

 

Sur le billet du père Amar

Il y a bien sûr un argument auquel je souscris sans réserve, c'est l'exigence de respect et de sa conséquence qui est la politesse. Et je suis d'accord pour constater que certains profitent de leur pseudo pour se défouler et dire n'importe quoi. Il n'est qu'à lire les commentaires de tous les journaux pour constater cette détestable façon de procéder. On ne peut insulter son voisin ou son collègue, alors on l'insulte sur internet…

Mais il est de nombreux points du billet avec lesquels je ne suis pas d'accord. Le parallèle avec les Chrétiens persécutés d'Irak ou du Nigéria me semble bien malvenu car c'est mettre sur le même plan la vie réelle et la vie virtuelle. Or ces deux vies peuvent être séparées. Jusqu'à l'extrême, j'en conviens. Mais faut-il pour autant les confondre au nom de la sincérité et de la vérité ? Je ne le crois pas. Moi, le blogeur masqué, je vais à ma paroisse sans masque. Mes amis, mes voisins le savent. Et qui dit si certains chrétiens d'Irak ne tiennent pas de blog sous pseudo ? Cela enlève-t-il une once à leur discours et à leur courage ?

Plus loin, l'abbé Amar écrit que celui qui écrit sous pseudo ne devrait en aucun cas polémiquer. Mais comme le terme polémique n'est pas défini par l'auteur, il est difficile de savoir à quoi s'en tenir. Le dictionnaire me dit que c'est un débat vif ou agressif. Quant à moi, je ne mets pas sur le même plan "vif" et "agressif". Si, peut-être, ce billet sera considéré comme vif, je ne crois pas qu'on puisse le qualifier d'agressif. Mais au fond peu importe que le débat soit vif ou agressif, puisque le pseudonymat m'interdirait de m'y adonner.

Je pense qu'il faut établir la distinction entre celui qui tient un blog et celui qui hante les blogs des autres pour se répandre en commentaires divers et variés. Si le premier est responsable du contenu éditorial de son blog, le second peut se permettre quasiment tout. Et donc, si le premier use d'un pseudo, il n'en est pas moins tenu pour responsable des propos qu'il tient, tandis que le second peut jouir d'une assez grande impunité en se cachant derrière son pseudo. [2]

Enfin, dernier point, et non des moindres. A ceux qui me lisent, que leur apporteraient de savoir mon vrai nom ? Peu de choses en réalité. Je me suis décrit , il me semble que l'essentiel est dit, pour ce qui concerne ce blog. Bref, je ne me suis pas reconnu – ni senti attaqué d'ailleurs – dans ce portrait du blogeur sous pseudo et pas vraiment senti concerné par cette injonction venant du père Amar.

 

Pourquoi j'écris sous pseudo

Pourquoi avoir choisi d'écrire sous pseudo ? Et pour le coup, l'abbé Amar a raison de nous forcer à ne pas se raconter d'histoire avec nous-même.

La peur ? Oui, un peu. Non pas que j'aurais imaginé une seule seconde mettre ma vie en danger en écrivant sous mon vrai nom, mais je dois admettre que je ne tenais pas à apparaître en plein jour. Peur d'être catalogué comme catho. Ce n'est pas très glorieux, je le reconnais, mais l'idée que des personnes ne me connaissant que de loin puissent me coller l'étiquette "catho", sans rien connaître de ma vie et de ce à quoi je crois vraiment, m'a un peu effrayé. Ai-je un problème avec ma foi ? C'est possible, même si je suis enclin à croire que non. Je ne me cache pas, je ne vais pas à l'église encagoulé et je ne change pas de trottoir lorsque je croise mon curé.

Une anecdote néanmoins. Mon blog comporte finalement pas mal d'éléments qui permettent de me reconnaître (nom de ma paroisse, ce que j'y fais, etc). Un soir, après avoir participé à une réunion avec des catéchumènes et des néophytes, au moment de se dire "au revoir", mon curé vient vers moi et me dit : "C'est toi, Jibitou ?". Comme quoi, il y a un écart entre le pseudonymat et l'anonymat…

Si crainte il y a, c'est surtout celle liée à l'activité d'internet. Tout est flicage. Google and co traquent les moindres de nos mouvements sur la toile. Les enregistrent. Et les mettent à disposition de tous. Et comme les règles de protection des utilisateurs d'internet me semblent assez faibles eu égard aux enjeux financiers et aux capacités techniques de surveillance, il me semble que la prudence est de mise.

Je veux aussi pouvoir aborder des sujets non directement liés à ma religion. Je veux pouvoir avoir un avis sur le monde du travail, certaines options politiques, bref sur tout sujet de la société, sans pour autant vouloir que mes patrons – je travaille dans une PME – soient au courant. Je n'ai pas choisi d'être un personnage public. Et ce n'est pas parce qu'internet me permet d'avoir le monde à porter de main que je doive forcément me soumettre à cette règle du "no limit" [3].

Mais la vraie raison de mon choix de pseudonymat est autre. Il fut avant dicté par une certaine distenciation entre ma personne et mes écrits. C'est, en quelque sorte, une manière de casser l'égo et la tentation de narcisse. Ecrire en sachant qu'on ne sera pas lu par des gens qu'on va croiser – ou en tout cas qu'ils ne nous identifieront pas – change beaucoup de choses. Je n'écris pas en vue d'un but précis (pour impressionner mes amis par exemple). Et je crois que cela change malgré tout la façon d'écrire. J'ai en tout cas le sentiment d'y gagner en liberté de ton. [4]. Et si le pseudonymat était vu comme terreau de l'humilité ?

 

Conclusion

En tout cas, sur ce sujet très intéressant et moins futile qu'il n'y parait – et merci au père Amar de l'avoir lancé – reste la conscience de chacun. Et ce n'est pas parce qu'internet permet de se cacher qu'on doit se permettre d'agir n'importe comment. Ce rappel est sans doute plus qu'utile afin que les débats d'idée et les partages de foi se fassent dans un esprit … "chrétien".

 

Sur le sujet

Suite aux tweets de l'abbé Amar, j'ai pu lire les billets suivants :

  • Être sous pseudo… ou ne pas être ? du blogeur Henry Le Barde ;
  • J'ai relu ce billet de Maître Eolas qui, s'il ne traite pas du cas spécifique du blogeur chrétien ou catholique, apporte un point de vue fort intéressant sur l'anonymat et le pseudonymat ;
  • La recension hebdomadaire de Stéphane Lemessin, comme toujours très complète, vous donnera un panorama très complet.

 


Image du site http://antoine-dupin.com/

  1. Pas mal Twitter, je découvre et j'en parlerais peut-être plus tard []
  2. Ceci dit, rien ne dit que ceux qui n'avancent pas sous pseudo usent pour autant de leur vrai nom. []
  3. celle d'une transparence totale sur internet – qui suis-je ? que fais-je ? Où vais-je ? qu'on refuse souvent dans la vie réelle []
  4. Le célèbre blogeur Koz qui, après des années de pseudonymat, a dévoilé son nom, pense au contraire que cela ne change rien, voir son commentaire au billet d'Henry Le Barde []

A l’heure des bilans

Je ne sais ce qu’il en est pour vous, mais il est bon de temps en temps de se poser, de regarder lucidement – ou tenter de le faire – ce que l’on fait ou ce que l’on est. Bref, de faire ce qu’on appelle un bilan.

Comme celui du carême. Pour ma part, je suis moyennement satisfait. J’aurais aimé en faire plus, et surtout faire mieux. Mieux prier. Mieux me consacrer à ce qui est essentiel. C’est un bilan que je fais quasiment chaque année, c’est finalement assez frustrant. Cependant, tout n’est pas à rejeter : j’ai suivi assidûment le temps de prière offert par les Dominicains de Lille dans le cadre de la Retraite dans la Ville, et j’ai lu avec plus d’assiduité la Parole de Dieu, notamment pendant la semaine sainte. C’est peu. Cela aurait pu être « pire », comme il y a quelques années.

Autre bilan : celui de ce journal, de ce blog. Je l’ai débuté il y a environ un an, même si je ne m’y suis vraiment consacré qu’à partir d’octobre 2009. Quand on tient un journal sur le web, donc accessible à toutes et à tous, deux choses entrent en ligne de compte : on écrit pour soi et on écrit pour les autres.

Écrire pour soi relève peut-être de la catharsis. Sans doute. Pouvoir mettre par écrit mes doutes, mes certitudes, mes sentiments relatifs à la Foi et à mon implication en tant que Chrétien, ce que je pense de tels ou tels faits de société me permet de questionner ces pensées qui m’animent. Et me forcer à les formuler m’aide, me semble-t-il, à progresser. Je pourrais tenir un journal privé, j’en tirerais les mêmes bénéfices.

Oui, mais voilà. Outre les capacités techniques offertes par internet et de ses nombreux outils, qui mettent à la portée de chacun des fonctions d’édition inouïes, tenir un blog signifie aussi qu’on s’adresse aux autres et qu’on n’écrit pas que pour soi. Cela modifie bien sûr l’écriture et les sujets abordés. Et se dire que ce blog peut être lu par n’importe qui dans le monde donne le vertige. Mais je vous rassure, l’audience est bien plus faible, je l’estime à quelques dizaines de personnes. Est-ce un problème pour moi, me direz-vous ? A la vérité non. Bien sûr, j’aimerais avoir plus de lecteurs, cela flatterait mon ego et aussi me motiverait encore plus. J’aimerais aussi parfois plus d’interactions, mais les quelques lecteurs ne font pas ou très peu de commentaires. Je ne leur jette pas la pierre. Moi même, quand je butine sur la toile, je ne décide en général de commenter les articles uniquement si le sujet me tient à coeur et si je pense utile d’apporter ma contribution ou de défendre un point de vue. Une recherche « Jibitou » sur google vous permettra de savoir où j’ai mis mon nez récemment … J’ai quelques pistes pour augmenter un peu l’audience mais je ne veux pas en abuser et cela n’est pas prioritaire.

Donc, nonobstant ce faible lectorat et cette faible interaction, le bilan d’aujourd’hui n’annonce pas une fin. Bien au contraire. Je souhaite continuer ce blog et aborder de nouveaux sujets. Outre les réactions que je continuerai d’avoir sur certains des événements dont nous sommes quotidiennement abreuvés, j’ai quelques projets que je veux essayer de mettre en oeuvre :

  • Partager des passages d’évangile qui me touchent particulièrement et faire part de mon ressenti : je ne suis pas exégète, je ne suis pas théologien, mais je vous proposerai ma propre lecture ;
  • Depuis quelques mois, je parcours la toile et j’ai été assez stupéfait de voir le nombre de sites traitant de la religion catholique : j’envisage donc de régulièrement partager la découverte de tel ou tel site qui me semble intéressant ;
  • Enfin, projet plus ambitieux et dont je ne sais si j’en aurais le temps et les capacités, je voudrais faire découvrir un livre qui a assez profondément modifié mon rapport à Dieu et à la religion. Il s’agit de « Joie de Vivre, Joie de Croire » du Père François Varillon. J’ai l’ambition de proposer un résumé de chaque chapitre afin de vous faire connaître (ou redécouvrir) la puissance de sa pensée.