La dérive sectaire de la FSSPX

Une nouvelle étape a été franchie aujourd’hui dans les relations entre Rome et la FSSPX, après la rencontre entre Mgr Fellay (FSSPX) et Mgr Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi le 16 mars 2012. La FSSPX est appelée à clarifier sa réponse sur le préambule doctrinal, texte sur lequel les deux parties doivent s’accorder avant d’entamer une autre étape qui verrait le retour « plein » de la FSSPX dans le giron de l’Église romaine.

Jean-Marie Guénois livre une analyse intéressante de cette étape et, bien loin d’y voir un ultimatum de la part du Vatican, il y voit toujours la volonté de Benoit XVI de parvenir à la pleine réconciliation. Je ne doute pas de la bonne volonté du Pape. Je ne doute pas, a priori, de celle de Mgr Fellay. Mais enfin, on lit des choses sur le site de la Porte Latine assez effarantes de la part de gens qui disent vouloir revenir dans le giron de l’Église. J’y reviens.

Mais avant, essayons d’être plus précis. La FSSPX ne dit pas exactement qu’elle veut revenir dans l’Église. Puisque c’est la fraternité qui est fidèle au magistère de l’Église tandis que Rome est rongée par le modernisme émanant du concile Vatican II. Comment demander à des personnes de faire un pas alors qu’elles estiment que c’est à l’autre, qui s’est écartée, de le faire ? Tout le dilemme de la FSSPX est là. Comment revenir vers Rome, comment avoir un statut canonique reconnu, alors qu’elle estime que c’est à Rome de revenir à la situation prévalant avant Vatican II ?

Reste une réalité. C’est bien Mgr Lefebvre qui a franchi le rubicond en désobéissant à Jean-Paul II, c’est bien la FSSPX qui s’est bâtie sur une opposition, parfois farouche, au Pape.

Mais revenons à un autre événement, passé un peu inaperçu sans doute, et qui en dit long sur la volonté supposée de réconciliation.

Il se trouve que, récemment, un évêque a procédé à des confirmations dans une paroisse tenue par la FSSPX. Cela se passe en Corse, à Ajaccio. Alors que d’aucuns y verraient une heureuse initiative – un évêque acceptant de célébrer selon le rite saint Pie V dans une paroisse tradi – une partie du landernau tradi s’en offusque. Je ne vous détaillerai pas les différents arguments avancés par les uns ou les autres, allez faire un tour sur les forum tradis, c’est assez éloquent [1]. Trahison du curé de la FSSPX, piège tendu par l’évêque, manipulations, rien ne trouve grâce à leurs yeux. Mais bon, on le sait, sur un forum, les gens parlent, c’est comme au Café du Commerce, cela ne confère en rien d’une position officielle.

Mais voilà qu’hier (le 16 mars donc), le district de France de la FSSPX, en la personne de l’abbé de Cacqueray, a diffusé un communiqué, officiel celui-là. Vous y lirez la justification, le pourquoi du comment, les accusations d’affront, les prétendues incohérences, etc. Mais là n’est pas l’essentiel.

L’essentiel est dans cette phrase :

(…) étant donné que nous ne reconnaissons pas la valeur et la sainteté de la messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire (…)

Oui, vous avez bien lu. On parle ici de la forme ordinaire de la célébration. De la forme utilisée par Benoit XVI pour célébrer.

Alors, me direz-vous, c’est peut-être une mauvaise formulation, des mots qui s’entrechoquent, qui s’assemblent mal et qui disent, finalement, pas tout à fait, voire le contraire, de ce qu’on voulait dire.

Sauf que cet argument est pensé, remâché, asséné par la FSSPX. Lors de ses vœux pour l’année 2011, l’abbé de Cacqueray avait longuement argumenté en ce sens. Il allait du reste plus loin. Les fidèles de la FSSPX étaient conseillés (et dans le milieu tradi, la frontière est ténue entre un conseil et un ordre) de ne pas assister aux messes, même célébrées selon le rite saint Pie V, si elles le sont par des prêtres n’appartenant pas à la FSSPX.

(…) il nous faut encore citer ces autres messes de saint Pie V célébrées à la faveur des indults successifs, puis finalement du motu proprio. Il est vrai que nous vous en déconseillons la fréquentation.

Alors donc, le pape viendrait-il lui-même célébrer la messe dans une paroisse voisine que ces bons, pardon vrais, catholiques préféreraient ne pas y assister. C’est précisément ce que je qualifie de dérive sectaire.

Vous comprendrez donc les réserves que j’évoquais en début de ce billet. Et je ne peux m’empêcher une question : comment Benoit XVI peut-il réagir quand il lit cette prose du supérieur du district de France de la FSSPX ?

  1. Notons cependant qu’hors FSSPX il y a tout de même des Tradis qui se réjouissent du geste : La Revue Item ou Riposte Catholique par exemple []

La vie amoureuse des prêtres

J'ai vu hier soir l'émission diffusée le mardi 6 mars 2012 sur France 2, intitulée "La vie amoureuse des prêtres" [1]. Compte tenu du résumé fait par Telerama, je craignais le pire, tant on peut dire tout et n'importe quoi sur l'Église.

A l'aune de cette crainte, j'ai été plutôt agréablement surpris par ce documentaire, moins revendicatif et plus pondéré qu'annoncé. Car si ce documentaire avait pour but de dénoncer cette règle "anachronique" du célibat des prêtres, elle a manqué son but selon moi. Car elle ne démontre rien sur le fond.

La règle du célibat

Un historien (ou spécialiste de l'histoire de l'Église) a expliqué que cette règle a été instituée vers l'an 1000, avant pour des questions bassement financières : sans descendance, plus d'héritage à partager, l'Église pouvant alors récupérer facilement les biens. Je ne suis pas spécialiste de cette question, mais j'ai tout de même le sentiment que c'est un peu court.

Que lit-on dans les évangiles ? Que si Pierre et d'autres apôtres étaient mariés, ils ont tout quitté pour suivre Jésus. Si l'on relit les épîtres de saint Paul, on voit bien que rapidement l'idée du célibat s'est imposée pour ceux qui voulaient vraiment suivre Jésus. Et aujourd'hui encore, puisque l'on cite souvent en exemple les orthodoxes qui acceptent le mariage des prêtres, il faut dire précisément ce qu'il en est : les orthodoxes acceptent l'ordination d'hommes mariés ; mais si un homme s'engage dans la prêtrise en étant célibataire, il ne peut ensuite se marier ; de plus, ne peuvent ordonné évêques que les prêtres non mariés.

Je comprends pour ma part, moi le laïc marié, la règle du célibat assez simplement. Suivre le Christ, se donner à Lui, décider d'être le pasteur qui guide les brebis, parfois égarées, suppose une disponibilité de tout instant. Or les attaches et les responsabilités familiales me semblent trop contraignantes pour être pleinement au service des autres. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : être au service des autres, c'est d'abord être libre de toute entrave, et c'est aussi renoncer à soi-même. Comme un des intervenants le dit, Jésus serait-il allé au bout de son amour, qui l'a mené sur la Croix, s'il avait eu femme et enfants ?

Les témoignages

Le documentaire suit 3 hommes : deux d'entre eux sont des prêtres ayant décidé de vivre en couple, l'un après 30 ans de liaison cachée, l'autre après trois ans ; le troisième est un séminariste ordonné prêtre.

Les témoignages de ces trois hommes – et des deux compagnes – sont émouvants, car profondément humain. Et tout ce qui est humain ne doit pas être ignoré. Je retiens de ces témoignages les éléments suivants.

D'abord, un témoignage, aussi touchant qu'il soit, ne doit pas nous faire oublier que l'affectivité ne doit pas passer par-dessus tout le reste. Il est bien sûr poignant de voir l'émotion de ces prêtres ayant décidé, probablement non sans un grand déchirement intérieur, de renoncer à cette règle du célibat.

Comme l'a rappelé le séminariste, dont on voit l'ordination dans la cathédrale d'Orléans, c'est un engagement libre qui est fait par le futur prêtre, après de longues années de formation et de discernement. Personne n'est forcé, personne n'est contraint, les règles sont connues à l'avance.

Bien sûr, cette règle du célibat impose d'elle-même des difficultés, comme tout renoncement. Ceux qui essayent de vivre, en ce temps de carême, des renoncements savent que ce n'est pas facile. Le célibat, en ce qu'il est un renoncement à une certaine forme de vie affective [2], est difficile, sans nul doute. Et j'imagine que dans la vie d'un prêtre il y a des hauts et des bas. Comme il y en a dans la vie de couple.

On reproche à l'Église son inflexibilité. Mais comme le dit dans le reportage Mgr Potdevin, porte-parole de la Conférence des Evêques de France, l'Église doit assurer la cohérence du choix (tout en essayant de traiter chaque cas avec humanité, bien sûr). Nul n'est forcé de s'engager. Mgr Podvin  résume bien la difficulté d'acceptation, par la société de cette règle du célibat : parce qu'elle est, dit-il, un "signe de contradiction".

Que retenir alors de ce documentaire ?

Je n'ai pas eu le sentiment, en écoutant leur témoignage, que le choix de ces prêtres ayant décidé de s'engager dans la vie conjugale, les rendait pleinement heureux. C'est bien sûr présomptueux de ma part d'en déduire cela, je ne suis pas dans l'intimité de leur coeur. Mais finalement, le témoignage de Kilien, emprunt d'une certaine tristesse, encore tourné vers le passé ("Je ne vais pas passer Noël avec mes paroissiens") laisse à penser que changer de chemin en cours de route n'est pas forcément le gage d'une vie épanouie. N'y a-t-il pas plus de joie à lutter et vaincre la tentation de renoncer au renoncement ?

  1. Ce documentaire est visible sur le site Pluzz de FranceTV pour une période que je ne connais pas []
  2. Dieu merci, une vie affective bien remplie ne se conçoit pas uniquement dans le mariage []

La correction fraternelle (suite)

Suite au billet publié hier (cf La correction fraternelle), la nuit ayant portée conseil, je voudrais apporter quelques précisions.

Je crois que si je me sens peu à l'aise pour appliquer cette correction, c'est à cause de l'injonction du Christ : "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés" (Lc, 6, 37).

Je ne pense pas que les deux soient opposés ou même contradictoires. On peut sans doute parvenir à corriger son frère sans le juger et en l'aimant vraiment. Mais il faut reconnaître que cette position n'est pas facile à tenir.

Mon attitude est donc celle de quelqu'un qui essaye de ne pas juger (c'est déjà suffisamment difficile), avant même de penser à aller corriger mon prochain.

La correction fraternelle

En ce début de temps de carême, le pape Benoit XVI a envoyé à tous les chrétiens un message articulé autour de ce passage de la lettre aux Hébreux : "Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes" (He, 10,24). Ce message est disponible ici MessageCareme2012BenoitXVI.

La pape articule son message en décryptant les trois parties de cette injonction de saint Paul : "faisons attention", "les uns aux autres" et "pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes".

La partie la plus développée du message a trait au "faisons attention", que Benoit XVI décline en plusieurs éléments tout en mettant l'accent sur un point en particulier.

Faire attention à l'autre inclut bien évidemment de lui apporter l'aide et le soin dont il a besoin. Ce qui passe par une sollicitude et une fraternité qui, trop souvent, nous fait défaut. Ce manque de fraternité, à l'échelle du monde, est criant et Paul VI, en 1967, pointait que le mal du monde résidait grandement dans le manque de fraternité entre les hommes et les peuples.

Benoit XVI va plus loin et insiste sur l'importance de considérer tous les aspects auxquels nous devons prodiguer du soin aux autres : aspect physique, aspect moral et aspect spirituel. Un des passages importants de ce message, me semble-t-il, est celui-ci :

« Prêter attention » au frère comporte aussi la sollicitude pour son bien spirituel. Je désire rappeler ici un aspect de la vie chrétienne qui me semble être tombé en désuétude : la correction fraternelle en vue du salut éternel.

 

La correction fraternelle

Comme le dit Benoît XVI, cette correction fraternelle est tombée en désuétude. Jusqu'à quand a-t-elle eu cours ? Est-ce un des effets post-Vatican II ? Je ne sais pas. Je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu mise en oeuvre, sauf par les prêtres, j'y reviens plus loin.

La correction fraternelle nous a été enseignée par Jésus lui-même (Ma, 18, 15-17). Elle a été mise en pratique par les premières communautés chrétiennes comme le montrent les lettres et épîtres de saint Paul. Les paroles de Jésus sont très fortes, elles sont aussi très fermes.

Mon problème est que je ne sais pas vraiment comment faire pour les mettre en oeuvre. A la rigueur, aller voir, seul à seul, mon prochain pour lui dire qu'il a péché, peut-être. Et encore, qui suis-je pour lui dire ? Je le conçois pour mon épouse ou mes enfants. Je l'imagine mal pour un paroissien ou quelqu'un dont je ne suis pas assez proche. Quant à aller dire à la communauté qu'un ou une tel(le) a péché et refuse de s'amender, pour être tout à fait honnête, je l'exclue.

C'est, à la vérité, un dur constat que de remarquer que je ne suis pas capable de suivre les paroles de Jésus.

Benoît XVI ouvre d'autres perspectives par rapport à cette correction fraternelle. De la responsabilité spirituelle que nous avons vis-à-vis de nos frères, Benoît XVI nous engage  à ne pas nous taire face au mal. Que celui-ci soit fait par un Etat ou par notre cousin. Et ce monde qui a aboli la limite entre le bien et le mal en a sûrement bien besoin. D'autre part, Benoît XVI insiste sur l'esprit qui doit prévaloir lors de la correction fraternelle : miséricorde, amour, douceur.

 

En pratique

J'imagine que cette correction fraternelle est vécue dans les communautés religieuses. Dans une communauté paroissiale, où il faut reconnaître que les liens entre paroissiens sont parfois un peu ténus, cela me semble plus difficile.

Pour ce qui me concerne, comme je l'ai dit plus haut, je me sens assez peu capable d'admonester un membre de ma communauté paroissiale. D'ailleurs, comment réagirais-je moi-même dans la situation inversée ? Accepterais-je facilement d'être repris par un autre qui ne soit pas un proche ?

Je ne vois pas en pratique, aujourd'hui, que le prêtre qui puisse jouer ce rôle. De par son autorité, et parce qu'il est le représentant du Christ.

J'ai sans doute une vision un peu étriquée de la vie paroissiale. Ce temps de carême me donnera peut-être l'occasion d'y réfléchir un peu plus.

Préparer le carême

Un bon carême, ça se prépare ! C'est l'expérience que j'ai vécue, pour avoir tant de fois laissé passer l'occasion de vivre pleinement ce moment que nous propose l'Eglise.

 

C'est quoi, le carême ?

Comme cela nous expliqué, le carême est un temps de conversion. Conversion à quoi ? Au Christ bien sûr. Nous sommes invités à partir à sa suite, à le suivre, à vivre l'Evangile. Comme chaque jour de l'année me direz-vous ? Certes, mais nous savons bien que nos vies et notre état d'esprit nous éloignent parfois souvent loin de l'Evangile. Et c'est pourquoi l'Eglise propose que chaque année nous recentrions nos vies sur l'essentiel, c'est-à-dire sur le Christ. Etre chrétien passe par cela.

Le carême dure quarante jours, il commence par le Mercredi des Cendres et s'achève le Dimanche de Pâques. [1]. Il fait référence au temps passé par Jésus Christ dans le désert, après avoir été baptisé par Jean et avant de commencer son ministère public (Ma, 4, 1, 11).

Le carême est un temps de renoncement. Renoncer à notre égoïsme. Renoncer à notre avidité. Renoncer à notre volonté de puissance. Renoncer à se croire le centre du monde. Renoncer pour s'ouvir aux autres, à l'autre, à notre prochain. Renoncer pour s'ouvrir à Dieu, à son Amour.

Ce renoncement passe par un combat, par une lutte. Ce n'est évidemment pas facile de renoncer à tout cela.

Le carême est donc axé sur la pénitence, la prière et le partage. La pénitence pour renoncer à soi-même, la prière pour s'ouvrir à Dieu, le partage pour s'ouvir à notre prochain.

 

Comment se préparer ?

C'est d'abord une affaire de volonté. Et je dirais que c'est aussi une affaire de liberté. Volonté car vivre pleinement le carême n'est pas chose aisée. 40 jours, c'est long. On peut se décourager. On peut se laisser happer par d'autres choses. Bref, mille raisons de se détourner du chemin qui nous est proposé. C'est un combat, il faut aussi se préparer à ce combat. Liberté parce qu'elle donne une force incroyable à notre engagement. Ce ne doit pas être un engagement contraint. Dieu nous invite à le rejoindre. Jésus nous appelle à vivre de sa Vie. Mais c'est une invitation, à laquelle nous décidons de répondre ou pas. [2] Mais si nous répondons, nous y répondons librement. Et cette liberté vient épauler en quelque sorte notre volonté : "Oui, j'ai décidé de m'engager librement vers Toi, Seigneur !"

J'ai eu l'occasion de pointer ici un des écueils, que j'ai pu vivre moi-même : vouloir en faire trop, mal juger ce qu'on est capable de faire réellement. Nul n'est tenu à quoi que ce soit. Certains peuvent faire de grandes choses. D'autres de plus petites. Mais je suis persuadé qu'un carême se vit d'abord dans les petites choses, celles qui ne se voient pas. Inutile donc de se mettre la pression, comme on dit de nos jours.

 

Se faire aider ?

Il n'est pas inutile de chercher de l'aide. Il existe pas mal de moyens, à vous de trouver celui qui vous convient.

Les livres

Carême pour les cancres – 2012

Chaque année, le père Max Huot de Longchamp nous apporte son aide. Chaque jour, un texte emprunté à la tradition chrétienne permet de méditer un aspect du carême : du mercredi des Cendres au premier dimanche, l'entrée en carême, chaque dimanche, le thème de l'Evangile, la passion durant la semaine sainte, et les autres semaines, la prière, le jeûne et l'aumône.

Quatrième de couverture
« Le don gratuit de la grâce qui sauve, doit être constamment ravivé en chacun de nous, et le carême nous offre un parcours analogue à celui du catéchuménat, lieu d'apprentissage indispensable de foi et de vie chrétienne : le carême est un temps favorable pour reconnaître notre fragilité, pour accueillir, à travers une sincère révision de vie, la grâce rénovatrice du sacrement de pénitence et marcher résolument vers le Christ.

Par la rencontre personnelle avec notre rédempteur et par la pratique du jeûne, de l'aumône et de la prière, le chemin de conversion vers Pâques nous conduit à découvrir d'une façon nouvelle notre Baptême : accueillons à nouveau, en ce temps de carême, la grâce que Dieu nous a donnée au moment de notre baptême, afin qu'elle illumine et guide toutes nos actions. » Benoît XVI

Mon conseil : petit livre bien fait, permet de ne pas perdre le fil car assez exigeant (voire parfois dérangeant dans la remise en cause de nos habitudes) ; prix modique de 3,50 euros ; à noter une édition pour les enfants du même auteur.

 

Mon Carême 2012

Présentation de l'éditeur
Une citation de l'Écriture, un texte de grand auteur spirituel commenté, une résolution pour ce temps de progression et une proposition d'aumône concrète à réaliser, jalonnent chaque journée. Un parcours pour le sacrement de réconciliation et un chemin de croix viennent compléter ce riche ensemble. Textes choisis et commentés par Mgr Patrick Chauvet, curé de Saint-François-Xavier et vicaire épiscopal du diocèse de Paris. 112 pages couleurs.

Mon conseil : je n'ai pas eu ce hors-série entre les mains mais Paroles et Prières (le mensuel) est très écrit et fait preuve d'une très belle pagination, agréable à lire. A découvrir donc.

 

 

 

Et aussi :

  • Magnificat propose aussi un hors-série intitulé "Le compagnon de Carême". Prions en Eglise ne semble pas proposer de hors-série papier, se concentrant sur l'offre internet (voir plus bas)
  • Cinq minutes pour Dieu – Carême 2012, de l'équipe d'animation paroissiale de Hannut (Belgique), qui propose une "Une réflexion et une prière en lien avec l'Evangile pour chaque jour du Carême."
  • Chaque année, le pape Benoit XVI, adresse un message pour le carême ;  ce message est disponible sur le site du Vatican mais aussi en livret

 

Sur internet

Retraite dans la ville, proposée par les Dominicains de Lille depuis de nombreuses années ; en vous inscrivant, vous recevrez chaque jour dans votre boîte de courriel les méditations ainsi que l'enregistrement du temps de prière. Ce temps de prière peut être podcasté et donc accessible ensuite avec votre lecteur MP3 ou autres smartphones préférés.

Si je ne devais garder qu'un moyen parmi tous ceux cités, c'est assurément sur Retraite dans la ville que mon choix se porterait.

 

 

 

 

Prions en Eglise, associé avec Croire, propose 6 thèmes pendant les 6 semaines de carême : le jeûne, la prière, la nature, le silence, la paix, le partage. Il faut s'inscrire au préalable.

A noter aussi une application iPhone spécialement pour le carême 2012 mais qui est payante.

 

Et aussi :

 

Les conférences

Je suis sûr que votre paroisse va proposer des conférences pendant ce temps de carême. Ou que pas loin de chez vous, il y aura des conférences. N'hésitez pas car souvent, loin d'être théologiques ou éloignées de nous, elles nous apportent un éclairage intéressant sur ce que nous vivons pendant le carême.

A toutes et à tous, je vous souhaite un temps de carême à l'issue duquel vous direz : "oui, j'ai changé" …


Ajout du 22 février 2012 : lien vers le message de Benoït XVI, site du Vatican

 

  1. Il y a 46 jours entre ces deux dates, mais les dimanches, au nombre de 6, ne sont pas comptés []
  2. On peut faire l'analogie avec les invitations que nous reçevons de nos amis : y allons-nous parce que forcé ? Ou bien libre de toutes contraintes et avec joie ? []

Et si l’Etat s’inspirait de l’Eglise ?

Rassurez-vous, je ne suis pas nostalgique du bon vieux temps où l'Eglise décidait tout et avait une influence très forte sur les choix et les comportements de société. Je ne dis pas que c'était mal, mais je ne pense pas que, forcément, ce fut un temps béni. Mais qui, tout de même, avait quelques avantages.

L'histoire qu'on nous narre en ce moment est assez cocasse et je crois qu'elle en dit long sur le manque de repère de la société, et de ceux qui nous gouvernent. Rendez-vous compte où nous en sommes :

– le divorce est entré dans les moeurs depuis quelques décennies et est même vu comme un progrès de civilisation ;

– on valorise de plus en plus les familles recomposées et re-recomposées, en refusant d'admettre qu'elles sont souvent avant tout décomposées ;

– on nous prépare au mariage homosexuel – c'est inéluctable a dit récemment le ministre de l'éducation – et, par suite, à l'adoption par les couples homo.

Quelle n'a pas été ma surprise lorsque j'ai lu dans l'Express la question suivante : "Faut-il mieux se préparer au mariage ?" Tiens donc, commencerait-on à se poser quelques (bonnes) questions ?

On le sait, le nombre des divorces est très haut. Un mariage sur trois en France finit par un divorce (un sur deux en région parisienne, mais c'est normal, à Paris, ils sont plus forts). Comme le dit l'article, le constat, c'est qu'un divorce, cela coûte cher. A tous les niveaux. Et que si cela a un coût humain, cela a surtout un coût financier. Bref, le divorce vu comme un générateur de précarité. Et ça, pour les finances publiques, c'est pas bon. Un coup à nous faire perdre notre 2ème A.

Donc, le gouvernement, qui réfléchit encore en cette période pré-électorale, voudrait mieux préparer les gens au mariage. Bon, me dis-je, pas mal, effectivement, ce serait bien. Mais une préparation à quoi au fait ? Une préparation pour "(…) faire en sorte que ceux qui choisissent le mariage soient éclairés sur son contenu juridique". Mais alors, c'est une formation pour mieux préparer son divorce, non ? Parce que s'intéresser aux aspects juridiques du mariage, à part pour l'argent ou pour rompre le contrat, je vois mal …

Et d'ailleurs, comme le conclut l'article de l'Express, il est illusoire de croire qu'une meilleure connaissance du code civil fasse baisser le nombre des divorces. Au contraire serai-je tenté de dire ?

Je note aussi qu'on ne parle pas, dans ces articles, des enfants. J'ai pourtant le vague souvenir que le maire en avait parlé. Est-ce dans le code civil ? [1]

L'Etat se rend donc compte qu'une préparation consistant au mieux à remplir quelques formulaires est peut-être un point faible qu'il faudrait épaissir… Et pourrait s'inspirer des préparations au mariage religieux.

Car, oui, l'Eglise a peut-être des choses à dire en la matière. Du genre préparation qui veut dire quelque chose, comme ça. Dans ma paroisse, notre curé a décidé d'accentuer la préparation qui se compose maintenant d'une dizaine de réunions au total. Bien sûr, soyons honnêtes, les "fiancés" ne sautent pas de joie, généralement, quand on leur annonce le programme. Et puis, comme la préparation a pour but de leur faire se poser quelques questions d'importance – sur le sens de leur engagement, sur le dialogue dans leur couple, sur le pardon, etc – on voit l'évolution et souvent – oh pas toujours, bien sûr – ils nous expriment leur satisfaction en fin de parcours. [2]

Je ne suis pas nostalique, disais-je. Pourtant, je suis persuadé que l'Eglise a encore tant de choses intéressantes à proposer à cette société qui me semble partir en lambeaux que je ne boude pas mon plaisir de voir la République Laïque (une sorte de nouvelle religion d'ailleurs) s'essayer à replâtrer ce qu'elle détruit à grands coups de masse.

 

  1. L'heure tardive ne m'incite pas à chercher []
  2. Il faudra que je partage un jour cette expérience de préparation au mariage []