L’amour des pauvres

Aimer les pauvres, les plus petits, les plus fragiles n’est pas seulement l’apanage des saints : c’est la vocation de tout chrétien [1]. Pourtant, s’il y a bien un endroit où notre vocation de chrétien a du plomb dans l’aile, c’est bien dans l’aide apportée aux plus pauvres. Loin de moi l’idée de généraliser ma propre incurie, je connais des chrétiens admirables qui ont le courage de mettre en œuvre l’Évangile aussi dans ce domaine-là. Je ne parle évidemment pas de donner la pièce au mendiant à la sortie de la messe, ni de donner 50 euros aux Restos du Coeur au moment de Noël. C’est très bien, cela va sans dire. Non, je veux parler de ceux qui se dévouent corps et âme pour les plus pauvres. Ceux-là sont peu nombreux. Et je n’en suis pas.

Mais deux figures de l’Église – parmi tant d’autres – ont chamboulé leur vie pour se mettre au service des plus pauvres. Deux livres récents [2] consacrés respectivement à saint Vincent de Paul et à Mère Teresa nous permettent de suivre leurs parcours, d’entendre leurs paroles et, pourquoi pas, de leur emboîter le pas.

Paroles et esprit de saint Vincent de Paul, de Françoise Bouchard

Paroles_Esprit_StVincentPaulCe livre [3] n’est pas une biographie de saint Vincent – il en existe de nombreuses – mais une recension des paroles prononcées ou écrites par Vincent lors de sa vie, regroupées par thèmes : compassion, pardon, évangélisation, etc.

Ces paroles permettent de mieux appréhender l’action de saint Vincent – il a aidé ou contribué à aider les pauvres, les galériens, les enfants abandonnées – via les directives qu’il donnait aux sœurs et aux frères des 3 fondations qu’il a créées : les Confréries de la Charité, la Congrégation de la Mission, les Filles de la Charité.

La compassion est au cœur de l’action de saint Vincent envers les pauvres : « [les missionnaires] doivent être touchés au vif et affligés dans leur cœur des misères du prochain » ou encore « C’est aimer de la bonne sorte que d’aimer les pauvres » témoignent de cet élan vers les plus pauvres. Mais saint Vincent ne se borne pas à être touché ou ému. Il transforme cette compassion en action, tout en l’enracinant dans sa confiance en Dieu et dans le Christ. « Celui qui met toute sa confiance en Dieu ne craint rien » fut l’un de ses leitmotiv.

Doit-on préciser que saint Vincent mit l’humilité au cœur de sa vie et de son action ? Il enjoignait les sœurs et les frères des fondations à être humble car, disait-il, « l’humilité conserve la charité et engendre la charité« . Plus précisément : « Estimons que nous n’avons pas un plus grand ennemi que nous-mêmes […]. Ce n’est pas tout d’assister le prochain, de jeûner, de faire oraison, de travailler aux missions, cela est bien, mais ce n’est pas assez; il faut […] faire cela […] en la manière que Notre-Seigneur l’ a fait, humblement et purement« .

Saint Vincent ne mit aucune barrière entre la dévotion à Dieu et l’aide aux plus démunis : il appelait cela « Quitter Dieu pour Dieu ». Quand des sœurs se plaignaient d’être dérangées par des pauvres pendant leurs offices ou la messe, saint Vincent les rassura : « Sachez que, quand vous quitterez l’oraison ou la messe pour le service des pauvres, vous n’y perdrez rien, puisque c’est aller à Dieu que de servir les pauvres; et que vous devez regarder Dieu en leurs personnes« .

Méditer avec Mère Teresa, d’Emmanuel Leclercq

MediterMereTeresa

Environ 350 ans après saint Vincent vécut Mère Teresa et il y a une résonance entre la vie de l’un et la vie de l’autre, entre les paroles de l’un et les paroles de l’autre.

Ce livre [4] fait partie de la collection « Méditer avec » et propose, chaque jour, une parole de Mère Teresa.

Pour être tout à fait honnête, je ne suis pas un grand fan de ces paroles de saints proposées chaque jour tout simplement parce qu’elles ne me parlent pas très souvent et je préfère, de loin, lire l’évangile du jour (en début ou en cours de journée).

Mais pour ceux qui aiment ce format-là, ce livre composée de paroles de Mère Teresa est assurément à lire [5] et, dans tous les cas, permet de se faire une idée de sa foi et de son action. J’en ai sélectionné quelques unes :

L’Amour se prouve dans les actes; plus ils nous coûtent, plus grande est la preuve d’amour.

J’insiste sur le fait que dans notre Congrégation, Notre Seigneur ne veut pas que nous utilisions notre énergie à faire pénitence, à jeûner pour nos péchés, mais plutôt que nous nous dépensions à donner le Christ aux pauvres et pour cela nous avons besoin de sœurs fortes de corps et d’esprit.

Aujourd’hui, j’ai reçu une bonne leçon… Il faudrait un toit pour abriter les plus abandonnés. Pour le trouver, j’ai marché jusqu’à n’en plus pouvoir… J’ai mieux compris alors à quel point d’épuisement doivent en arriver les vrais pauvres toujours en quête d’un peu de nourriture, de médicaments, de tout… Le souvenir du confort dont je jouissais au couvent de Lorette m’a alors tentée.

Soyez bonnes les unes envers les autres. Je préfère que vous commettiez des fautes avec bonté plutôt que vous accomplissiez des miracles avec dureté.

Je ne soigne jamais les foules, mais seulement des personnes. Si je regardais les foules, je ne commencerais jamais.

  1. Voir en particulier Lc 14, 12-14: « Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. » » []
  2. Je remercie les Éditions Salvator de m’avoir gracieusement envoyé ces deux ouvrages []
  3. François Boucard, Paroles et esprit de saint Vincent de Paul, Paris, Editions Salvator, 2016, 119 p. []
  4. Emmanuel Leclerq, Méditer avec Mère Teresa, Paris, Editions Salvator, 2016, 191 p. []
  5. D’autant qu’elle sera canonisée le 4 septembre 2016 []

Saint François d’Assise

Je vous propose une rapide recension de 2 livres sur saint François d’Assise. J’ai lu le Vauchez en premier, il y a quelques temps déjà. Puis les éditions Flammarion m’ont contacté pour me proposer de lire et de parler du livre écrit par Jacques Duquesne. A ce propos, je vous renvoie à une petite surprise qui vous attend en fin de billet. Je suis d’autant plus heureux de cette proposition tant ces deux livres sont complémentaires l’un de l’autre.

Saint François, de Jacques Duquesne

saint_francois_DuquesneCe livre, publié donc aux éditions Flammarion, est sorti à l’occasion du premier anniversaire de l’élection du pape François, dont le choix de nom a remis en lumière le grand saint du Moyen Age. Le livre est préfacé par Jacques Le Goff, historien renommé du Moyen Age, qui vient de disparaître récemment.

Le livre de Duquesne, qui a beaucoup écrit sur Jésus, entre dans la catégorie dite des Beaux livres. Il comprend donc une belle et exhaustive iconographie permettant d’appréhender les différentes représentations de François, au cours des différentes étapes de sa vie. Jacques Duquesne propose une courte biographie de saint François et, si je la compare au livre de Vauchez, elle est complète et tous les épisodes et faits marquants de la vie de François sont relatés.

La vie de François est exceptionnelle à bien des égards. Fils de bonne famille, vivant plutôt dans opulence et l’insouciance de la jeunesse dorée d’Assise, plutôt belliqueux à l’égard des Pérugiens voisins, François se convertit en quelques temps après avoir été au contact des pauvres. On raconte aussi qu’une rencontre avec un lépreux, dont il baisa la main, fut déterminante : « Quand j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable, mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je les soignai avec compassion. Et quand je les quittai, ce qui m’avait semblé amer s’était changé pour moi en douceur, pour l’esprit et pour le corps. »

François décida alors de se séparer de toute richesse, indigné par la pauvreté. Rapidement, quelques personnes le rejoignent et constituèrent la première forme de la fraternitas. Dès lors, l’essor sera constant, le nombre de frère augmentant de manière significative – ils étaient plusieurs milliers à la mort de saint François – ce qui ne manqua pas de poser des problèmes d’organisation. Et de fidélité aux engagements voulus par saint François. Vivre la radicalité de l’Évangile n’est pas chose facile et François lui-même se désespéra un peu de voir que l’exigence qui était la sienne ne fut pas tenue avec autant de force par ses disciples.

François, apôtre de la paix, parti pourtant en croisade et se retrouva à Damiette, dans le delta du Nil. Il voulait convertir et évangéliser. Mais ce qu’il vit de ces croisades guerrières le rendit hostile à ces épopées. C’est là néanmoins qu’il rencontra le sultan Al-Kamil qu’il essaya de convaincre de la vérité du christianisme.

De retour en Italie, François connait de nombreuses déceptions. Mais il accepte certaines déviations par rapport à la règle initiale. On citera par exemple la possession de livres, coûteux à l’époque et donc signe de richesse et de pouvoir. Mais la nécessité d’assurer aux frères une formation suffisante pour assurer les prédications lui fit accepter de lâcher du lest sur ce point. Autrement plus forte est la déception devant la 3e règle validée et acceptée par le Pape. Règle toujours en vigueur, pré-rédigée par François, mais largement expurgée de certains éléments que la Curie ne voulait pas trop mettre en avant.

François fut, semble-t-il, tenté de quitter l’Église. Mais son attachement profond à l’unité de l’Eglise, son sens viscéral des sacrements, notamment l’Eucharistie, l’inciteront à ne pas rompre avec la communauté ecclésiale. Mais François se mettra alors en retrait, vivant en ermite. Il reçut alors les stigmates du Christ lors de l’apparition d’un ange, stigmates qui furent les premiers à être reconnus le pape lors de sa canonisation (l’Eglise manifestait une certaine réserve à l’égard des stigmates).

Si l’influence de saint François sur le XIIIe siècle fut majeure, comme le montre J. Duquesne il est aussi un saint de notre temps. Comme le pape François a voulu le montrer, la figure de saint François parle bien évidemment à notre temps où la pauvreté reste un enjeu majeur, où l’Eglise doit montrer la primauté des valeurs évangéliques, où trop d’apparat et de fioriture créent des incompréhensions.

En quelques 80 pages, dans une pagination aérée, le livre de Jacques Duquesne vous donnera un bel aperçu de la vie de saint François. Son livre se termine opportunément par quelques prières de saint François dans un chapitre intitulé « Cantique du Frère Soleil et autres poésies ».

François d’Assise, d’André Vauchez

saint_francois_VauchezTout autre est le livre de Vauchez, publié aux éditions Fayard. Celui-ci est un livre d’historien : une somme de plus de 500 pages. Je le dis d’emblée : ce livre est un régal. Magnifiquement écrit, bien structuré, il va forcément bien plus loin que le Duquesne. Si vous voulez creuser la vie de saint François, c’est un des livres à lire (et dont le libraire qui me l’a vendu m’a dit qu’il fait référence).

Le livre de Vauchez met en exergue et détaille des éléments déjà évoqués précédemment. L’évangile est radical et François a voulu vivre cette radicalité. Face à un clergé médiocre et corrompu, les difficultés furent donc grandes pour François et ses frères. Comment suivre l’évangile en ne s’engageant pas totalement ? Cette interrogation qui traversa les contemporains de François est aussi celles des chrétiens d’aujourd’hui.

Sait-on que le pape Jean XXII promulgua la constitution Cum inter nonnullos dans laquelle il « y déclarait en effet hérétique l’affirmation selon laquelle le Christ et les apôtres avaient vécu dans la pauvreté absolue. (…) Ainsi, près d’un siècle après la mort de François, une de ses intuitions fondamentales était officiellement condamnée par l’Eglise romaine (…) » ?

On l’a dit plus haut, la règle de la fraternité dont cette radicalité, si difficile à suivre, était initialement la pierre d’angle, a été peu à peu atténuée au fil du temps, au grand dam de saint François. Ces déviations avec l’esprit initial devenaient inéluctables à mesure de l’augmentation du nombre des frères.

La beauté et la force de l’apostolat de François réside aussi et surtout dans la fidélité à son engagement, dans le fait que chez lui, plus que chez tout autre, les paroles et les actes ne se séparent pas.

Conclusion

Ces 2 livres ne visent clairement pas le même public. Mais tous deux vous donneront un bel aperçu – plus ou moins détaillé – de la vie de saint François. Si je dois émettre un léger regret, il réside dans l’absence d’une présentation, même succincte, de ce qu’est le franciscanisme aujourd’hui. Je comprends que ce n’est l’objet d’aucun de ces 2 livres, mais c’eut été une belle ouverture.

Lire la vie de saint François, c’est immanquablement se mettre un miroir devant les yeux et se dire : et moi, quel chrétien suis-je ? Je n’ai ni la foi, ni les grâces, ni l’humilité pour m’élever ne serait-ce qu’à la hauteur des chevilles de saint François. Mais quand même, quand je me regarde, quelle mollesse, quelle petitesse d’esprit, quelle tiédeur ! Et le paradoxe, avec lui ou d’autres saints, n’est pas finalement de faire le constat que je n’ai pas certaines capacités qui m’empêchent de suivre leur exemple, mais plutôt de constater que je ne sais me dépouiller. La grandeur de saint François, c’est d’avoir su finalement ne pas être ce jeune homme riche qui interpella Jésus et qui s’en alla tout triste parce que Jésus lui dit de vendre tous ses biens. Désespoir parfois de trop ressembler à l’un et pas assez à l’autre !

 

Saint François, de Jacques Duquesne (EAN : 9782081329898 ; Parution: 05/03/2014 ; 96 pages)

François d’Assise, d’André Vauchez, chez Fayard (EAN : 9782213618869 ; Parution : 15/04/2009 ; 576 pages)

 

Jeu-Concours

Un jeu-concours « A la découverte de Saint François », conjointement organisé avec les éditions Flammarion, est organisé à l’occasion de la publication de ce billet. Il permettra à 2 gagnants de recevoir le livre de Jacques Duquesne.

Pour jouer, c’est par ICI.

Les réponses aux questions sont à lire ICI.

De la kippa à la Croix

De-la-kippa-a-la-croixJean-Paul II, en disant des Juifs qu'ils étaient nos frères ainés dans la foi, m'a fait prendre conscience que les racines du christianisme se trouvaient dans le judaïsme. Cela peut paraître une évidence, mais mon éducation religieuse avait tant insisté pour m'expliquer que ce peuple était déicide, qu'il m'était difficile de prendre conscience de ce lien de foi. On ne peut comprendre bien les évangiles – et les événements vécus par Jésus, et ses réactions – sans connaître, ne serait-ce qu'a minima, l'histoire de ce peuple, d'Abraham à Jean le baptiste. Idem pour comprendre les tirraillements entre saint Paul et saint Pierre. Ou les incompréhensions des disciples qui espéraient, dans un premier temps, bien autre chose qu'une promesse de royaume céleste qui se finirait par une crucifixion.

J'ai donc lu avec un grand intérêt le témoignage d'un homme, né et élevé dans un milieu juif, qui se convertit au christianisme. Cet homme, c'est Jean-Marie Elie Setbon.

 

Une conversion lente

C'est un très beau témoignage qui montre plusieurs aspects de cette conversion, celle-ci me semblant assez atypique. Nous avons tous en mémoire les conversions foudroyantes qui retournent en quelques instants : celle de saint Paul en route pour Damas, ou celle d'André Frossard entré dans une église pour y chercher un ami. Ici, on pourrait qualifier cette conversion de lente, car même si Jean-Marc (les prénoms que lui ont donné ses parents) ressentit très jeune l'appel de Dieu, son engagement vers le baptême prit environ 30 ans. 30 ans donc d'exaltations et de doutes, de recherches et de certitudes inavouées. A la lecture de ce témoignage, je n'ai pu manquer d'y voir un aspect ô combien important de la relation de Dieu avec les hommes : Dieu est discret et patient, Il ne brusque pas.

Etre juif veut bien souvent dire vivre au sein d'une communauté plutôt fermée sur elle-même, avec assez peu d'échanges avec l'extérieur. C'est d'autant plus vrai vis-à-vis du christianisme. Et s'il est difficile de quitter son milieu, le contexte culturel et familial dans lequel vivait Jean-Marc rendit les choses encore plus difficile. Il vécut en réalité une double difficulté dans son chemin de conversion : son milieu culturel juif d'une part, et le peu d'entrain de ses parents, pas très croyants, à lui faire rencontrer Dieu, d'autre part. Jean-Marc va découvrir Dieu seul, en quelque sorte.

 

Des tiraillements

De la kippa à la Croix raconte donc l'aventure spirituelle de cet homme, attiré par la croix, qui venait en cachette de ses parents à la messe à la Basilique du Sacré-Coeur, qui cachait des prières catholiques sous son matelas, mais qui partit en Israël pour approndir sa religion, et qui deviendra un juif ultra-orthodoxe. Il se maria ensuite avec une fervente juive, union dont ils auront 7 enfants. Mais, et c'est tout le paradoxe de cette histoire, car il a une position établie et claire dans le judaïsme, il garde une attirance pour le Dieu des chrétiens et le Christ. Il est alors facile d'imaginer les tiraillements qu'il vécut.

Signe du destin, tragique bien sûr, son épouse meurt, emportée par une maladie fulgurante. Elle qui avait pressenti cette attirance étrange – en découvrant une croix et les Evangiles qu'il cachait – n'est plus là pour le rappeler à ses origines, à sa culture et à sa religion. Jean-Marc franchira alors le pas, quelques temps après. Il officialisera sa conversion et prendra comme nom de baptême Jean-Marie Elie. Mais, hormis ses enfants qui acceptent avec bienveillance cette nouvelle, ses co-réligionaires le rejettent.

C'est d'ailleurs un des points qui m'a surpris. Les Juifs (pratiquants) sont vraiment hostiles aux Chrétiens, et encore plus aux Juifs convertis. Jean-Marie Elie a d'ailleurs reçu des lettres de chantage et de menaces. Autre élément intéressant est le regard porté par Jean-Marie Elie sur ses frères chrétiens, c'est-à-dire nous, c'est-à-dire moi. Il trouve qu'il y a bien peu de fraternité entre les Chrétiens, tandis que la communauté juive fait preuve d'une grande solidarité entre ses membres (ce qui doit sans doute s'expliquer, aussi, par des raisons historiques). Il trouve aussi que les Chrétiens sont peu visibles (un des chapitres du livre s'intitule "Où sont les Chrétiens ?").

 

Un catéchumène pas comme les autres

En vue de sa préparation au baptême, Jean-Marie Elie a donc été catéchumène. Etant impliqué dans ma paroisse dans ce service, j'ai lu avec attention les pages qu'il écrit sur son parcours. J'avoue que voir arriver un catéchumène connaissant aussi bien les écritures, notamment celles de l'Ancien Testament, ayant ce parcours-là et sachant exactement ce qu'il demandait a dû donner des sueurs froides aux catéchistes ! Bien sûr, il a trouvé ce parcours trop long : il eût sans doute été judicieux, dans ce cas particulier précis, de lui proposer un parcours adapté et raccourci. Mais je ne rejoins donc pas l'auteur lorsqu'il dit qu'il faudrait raccourcir ce temps de préparation, même s'il a raison quand il fustige l'abandon que subissent les néophytes après leur baptême.

Ce livre, très rapide à lire, au-delà du témoignage, toujours émouvant, d'une conversion, éclaire les différences qu'ont les Juifs et les Chrétiens de vivre leur relation à Dieu. ai retenu cette phrase qui éclaire très bien selon les différences et les relations entre le judaïsme et le christianisme :

L'idée d'un Dieu qui m'a aimé le premier avant que j'aie fait quoi que ce soit pour Lui n'est pas familière aux Juifs, même s'Il s'est révélé par endroit dans la Bible. Dans le judaïsme, pour que Dieu m'aime, je dois appliquer à la lettre la Loi et plus je pratique la Loi plus je suis aimé de Dieu. C'est donnant donnant. D'ailleurs, il y a des chrétiens qui en sont restés à cette idée-là. Ils n'ont pas intégré la bonne nouvelle de Jésus que Dieu nous aime paternellement. Avec le Dieu chrétien, j'ai découvert un autre Dieu, un Dieu qui m'aime pour ce que je suis (…)"

 

De la kippa à la Croix, Conversion d'un Juif au Catholicisme, aux Editions Salvator.

3 livres sur l’homosexualité

J‘ai lu récemment trois livres qui traitent tous, de manière plus ou moins directe, de l’homosexualité. C’est sans doute un des mérites du débat sur le mariage gay que d’avoir fait surgir certaines questions liées à l’homosexualité. Il me semble que l’on oscille facilement entre le tabou absolu et la valorisation excessive. Comme en toute chose, un juste milieu doit être trouvé dans la perception de ce qu’est l’homosexualité et, ce qui me parait être le plus important, la considération des personnes homosexuelles..

 

Les lendemains du mariage gay

lendemains-mariage-gayCe livre [1], écrit par Thibaud Collin et paru aux éditions Salvator, ne traite pas à proprement parlé de l’homosexualité mais de la demande d’ouverture du mariage aux personnes homosexuelles. L’auteur explore dans ce livre la question morale afférante au débat sur le mariage gay : est-ce juste ? qu’en est-il de la notion d’égalité ? Ces questions sont discutées à l’aune du choix politique. Car c’est bien le devoir de chacun de se prononcer sur tel ou tel projet de loi. T. Collin ne se place donc pas sur le champ religieux, et seuls les arguments philosophiques et juridiques sont mis en avant.

L’auteur n’élude a priori aucun sujet. Par exemple, il pose la question de l’éventuelle suppression du mariage civil, à la suite de Jacques Derrida qui déclara peu de temps avant son décès : « Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de « mariage » dans un Code civil et laïque ». [2] Et Thibaud Collin de poursuivre :

Pourquoi la revendication homosexuelle est -elle de plus en plus audible ? Pourquoi apparait-elle de plus en plus évidente à nos contemporains ? Parce qu’elle épouse et par là radicalise des tendances déjà agissantes dans le corps social : la lutte contre le racisme et le sexisme, le progressisme, sans aucun doute.

La place de l’enfant est largement étudiée dans ce livre. Le point essentiel du débat sur le mariage gay – à savoir l’autorisation de l’adoption, de la PMA et de la GPA – me semble être parfaitement résumé par T. Collin :

Et l’enfant dans tout cela ? L’intensification du sentiment amoureux comme critère central de la conjugalité a eu pour conséquence d’investir l’enfant comme axe principal de la famille. L’enfant apparaît comme l’élément stabilisateur de relations familiales rendues instables par la versatilité du sentiment. Vases communicants. (…) L’enfant n’est plus ce en vue de quoi l’unité familiale est exigée et construite mais cause efficiente de celle-ci. Le prix à payer de ce chassé-croisé est que l’enfant n’est plus d’abord le bénéficiaire de l’unité. Il devient plutôt celui auquel se rapportent les éléments d’un monde éclaté et qui assume donc la lourde charge de les faire tenir ensemble. On comprend alors que le désir d’enfant puisse devenir synonyme de projet parental.

D’autres sujets sont évidemment étudiés dans le détail, comme le rôle de l’Etat. Je laisse les lecteurs découvrir, à la suite de l’analyse de toutes ces questions, quelle conclusion l’auteur en tire quant à l’ouverture du mariage aux homosexuels.

Disons-le franchement, ce livre n’est pas d’un accès aisé et je dois admettre que j’y suis resté un peu hermétique. Il y manque pour moi – mais le propos du livre n’est évidemment pas là – une approche plus humaine des implications de ce qui n’est, à l’heure où j’écris, qu’un projet de loi. Non pas qu’il ne faille en explorer les implications juridiques, ni de traiter le problème sous l’angle philosophique. Mais un lecteur averti en vaut deux et donc sachez à quoi vous attendre en lisant ce livre. Cependant, le livre est très bien écrit, très structuré aussi, ce qui aide à sa compréhension.

 

L’homosexualité en vérité

PArino

De Philippe Ariño, publié chez Frédéric Aimard éditeur. Je m’étais fait écho d’une conférence que Philippe avait donnée à Toulouse, conférence dans laquelle il reprenait les arguments exposés dans ce livre (et que l’on retrouve sur le site internet de l’auteur). Ce livre a deux grandes forces à mon sens : il tente de traquer ce qui fait l’homosexualité, en vérité et en toute liberté. Le titre n’est donc pas usurpé. Sa deuxième force – et sans nul doute explique la première – vient du fait que l’auteur lui-même est homosexuel, qu’il ne se renie pas et qu’il a une force de persuasion assez impressionnante. J’ai eu l’occasion de le dire après sa conférence, l’impression est la même après avoir lu son livre, cela fait du bien de voir un homme parler clair, sans fioriture et en vérité.

Le livre est structuré en trois chapitres : 1) L’homosexualité, qu’est-ce que c’est et que dit-elle en moi ? 2) Que faire du désir homosexuel si je le ressens de manière persistante ? 3) Si je suis croyant et homo comment je fais ? Philippe Ariño aborde donc beaucoup de sujets, et sans tabou ni langue de bois

Un manque à mon avis malgré tout. L’auteur n’aborde jamais la question des enfants et cela me surprend un peu car je n’imagine pas qu’un homosexuel ne se pose pas la question de l’engendrement. Certains tentent d’y répondre par la PMA ou la GPA. Pourquoi ce point-là n’est pas traité ? Finalement, en creux, je vois dans ce silence une pierre d’achopement et un non-dit qui en dit finalement beaucoup.

Livre très facile d’accès, je le conseille vraiment à tous ceux qui se sentent empruntés par rapport à la question de l’homosexualité : hétéro bien pensant qui nourrit un mépris, une peur voire une phobie de l’homosexualité, ou homo se posant des questions et qui souhaite entendre un autre discours que celui des associations LGBT, le spectre est assez large de ceux qui seront intéressés par ce livre.

 

Les Chrétiens et l’homosexualité – l’enquête

Les_chretiens_et_l_homosexualite_l_enqueteDe Claire Lesegretain, aux éditions Chemins de Tr@verses. De loin, le livre [3] , parmi les trois, qui m’a le plus passionné. Vaste étude qui vise à essayer d’éclaircir les liens, souvent troubles, entre les Chrétiens et l’homosexualité et de la perception des personnes homosexuelles elles-mêmes.

Vaste enquête donc qui voit l’auteur mener des entretiens avec des nombreux spécialistes (psys, prêtres, directeur de séminaire, …) pour traiter de nombreux sujets. Le chapitrage est très clair et bien pensé et permet de lire une partie isolément du reste. Tant mieux, puisque les chapitres sont nombreux dans ce livre de 411 pages.

Parmi les chapitres les plus intéressants, j’en citerai deux. Le premier, « Plus de deux millions et demi de Français », inclut un entretien entre l’auteur et l’historien Michel Rouche qui brosse un passionnant tableau des rapports entre l’Eglise et l’homosexualité et du sort réservé aux personnes homosexuelles au cours des âges. Et ce tableau montre bien la fluctuation importante selon les époques, passant d’une certaine tolérance à une répression plus forte. Et dans ce tableau brossé à grand traits, on voit aussi combien la question de la pédophilie fut liée (ce n’est plus le cas aujourd’hui) à celle de l’homosexualité, pédophilie qui fut souvent une pratique tolérée voire encouragée.

L’autre chapitre qui m’a touché est celui ayant trait à la chasteté, intitulé « Le courage d’être chaste ». De nombreux témoignages composent ce chapitre. Olivier témoignage de son cheminement :

Une chasteté qu’il considère comme une richesse car elle « donne une très grande  liberté  dans  la  relation  aux  autres  et  laisse  place  à  l’émerveillement  ». Et puis, conclut-il, tous, hétérosexuels ou homosexuels, mariés ou célibataires, lorsque nous sommes tôt ou tard confrontés à la fin de notre génitalité, nous devons trouver notre plaisir ailleurs. Dans la contemplation.

Autre témoignage très touchant : celui de Béatrice qui raconte sa conversion après avoir vécue avec une femme pendant de longues années.

Livre passionnant, disais-je, par son exhaustivité et par son format. Chaque chapitre est composé d’un texte de l’auteur et d’un ou deux interviews avec des spécialistes. La lecture en est ainsi rendue plus claire et plus vivante, les questions posées lors des interviews faisant souvent écho à celles que l’on s’est posée en lisant le texte en préambule du chapitre.

A noter que ce livre est accessible aussi au format électronique, en allant sur le site Bouquineo. Le fichier fourni au format PDF est d’une qualité irréprochable.

  1. C’est à ma demande que les Editions Salvator m’ont gracieusement envoyé un exemplaire du livre []
  2. Le Monde, supplément du 12 octobre 2004 []
  3. Les éditions Chemis de Tr@verses m’ont gracieusement fourni un exemplaire du livre []

Se marier et durer

En ces temps où l’on parle beaucoup du mariage, j’ai lu cet été [1] le livre du père Castaignos, « Se marier et durer », publié aux éditions Salvator. [2]

Ce livre est présenté sous forme d’un entretien entre Pierre-Marie Castaignos et Yves Kerhuon. Mais loin d’être une conversation à bâtons rompus, le livre est très structuré et les différents chapitres permettent d’aborder les différentes dimensions du mariage.

Le père Castaignos a consacré de longues années à la préparation au mariage, ce qui a nourri sa réflexion, réflexion enracinée dans du vécu. Ceux qui me lisent régulièrement savent que je participe à la préparation au mariage dans ma paroisse. J’ai donc retrouvé dans ce livre une partie de mon expérience. J’y reviens plus loin.

 

La préparation au mariage

Les thèmes abordés sont donc classiques, mais néanmoins importants. Ils traitent des grandes questions liées à l’engagement de vivre en couple … pour toujours. Car c’est cela l’enjeu du mariage catholique. On prend un engagement comme aucun autre dans la vie [3] : celui de rester uni quoiqu’il puisse arriver. Ce n’est pas très tendance, certes, à l’heure où, comme le rappelle P.M. Castaignos, le taux de divorce en France est de 44%.

L’enjeu de la préparation au mariage est de proposer aux fiancés [4] une réflexion afin de mûrir leur choix et leur engagement. Et engager ces fiancés dans une réflexion qu’ils n’ont peut-être pas par ailleurs nous obligent aussi à leur parler de ce qui peut faire mal, des différents écueils qu’ils auront à subir et qu’ils devront apprendre à dépasser.

Et parmi les écueils, il y a non pas la différence entre les fiancés mais le ou les déséquilibres qui peuvent survenir. L’un des enjeux de la préparation est non pas d’insister sur les différences, qui en général se surmontent d’autant mieux qu’elles sont voyantes, prises en compte et analysées, mais d’attirer sur tous les déséquilibres qui peuvent exister au sein du couple : dans les façons de penser, dans les façons d’agir ou de réagir, la perception des choses et des événements. Ces déséquilibres passent pour anodin mais peuvent, à la longue, fissurer fortement la relation.

Le père Pierre-Marie Castaignos traite donc de tous les sujets qui, un jour ou l’autre, quoiqu’en dise ou qu’on en pense, devront être abordés par les époux. Il parle donc, sans tabou, de la sexualité et de l’accueil du mystère de la vie. Il rappelle l’importance de l’engagement des corps, que ce soit avant le mariage (en notant tous les écueils d’un corps qui se donne trop tôt) ou pendant le mariage. La fidélité, dont l’engagement est pris le jour du mariage, peut-elle être tenue ? Et si non, quelles sont les voies de réconciliation et de pardon ?

J’ai été heureux de lire un chapitre entièrement consacré à la réconciliation dans le couple. Combien de divorces seraient évités si l’habitude du pardon était prise régulièrement ? P.M. Castaignos insiste sur ces réconciliations quotidiennes, ces pardons pour de petites choses qui permettent de pouvoir affronter de plus grandes crises. « Le divorce n’est pas une fatalité ! » écrit-il.

 

Dis-moi combien tu gagnes ?

Un autre élément abordé est celui de l’argent. Mon expérience m’incite à penser que ce point est de plus en plus crucial tant le rapport à l’argent des individus peut avoir de répercussions sur le couple. On touche, via l’argent, au caractère bien sûr, mais aussi et surtout à l’éducation reçue, et donc aux façons d’être et de vivre des familles respectives des fiancés. La question de la confiance est aussi posée quand on aborde celle de l’argent. Confiance en l’autre, quand on lui cède la gestion des finances familiales par exemple ; confiance en l’avenir tant la peur de manquer d’argent (pour élever les enfants) peut être sclérosante.

Je n’ai pas tout à fait rejoint l’auteur quand il promeut le régime de la séparation de biens par rapport au régime de la communauté. Certes, je conçois qu’en des cas particuliers, où le risque est avéré, la séparation des biens est un moyen de protéger sa famille. Mais il me semble que le régime de la communauté sied mieux à l’esprit du mariage catholique, à l’instar des premières communautés chrétiennes où l’on mettait ses biens en commun. Bref, j’ai été surpris de voir le père Castaignos défendre aussi fortement le régime de la séparation de biens.

 

Quelles conditions imposer aux demandes de mariage ?

La question de la spiritualité et du couple est elle aussi d’importance. Elle dépasse d’ailleurs largement la spiritualité du couple. La question qui se pose est : « qui marie-t-on ? » Ou plus précisément : « comment préparer au mariage et marier des personnes qui ne connaissent rien – ou si peu – de la religion catholique ? ». P.M. Castaignos n’apporte pas de réponses définitives mais ose poser quelques questions auxquelles il faudra bien répondre un jour :

  • Doit-on demander aux fiancés d’attendre un an avant de se marier comme l’a préconisé la conférence des évêques de France en 2002 ?
  • L’Eglise demande aux couples de s’engager à faire baptiser leurs enfants et à les catéchiser. Que faire lorsqu’un couple demande le mariage catholique alors qu’il a déjà des enfants qui ne sont pas catéchisés voire pas baptisés ?
  • Pourquoi en France, peut-on se marier sans avoir reçu les sacrements de l’initiation que sont la communion et la confirmation ?

 

Mon avis

Ce livre s’adresse à deux types de public. Ceux qui sont impliqués dans la préparation au mariage et ceux qui se préparent à leur mariage.

Impliqué dans la préparation au mariage, j’ai été heureux de voir que l’auteur pose les problèmes dans les mêmes termes que nous, qu’il apporte généralement les mêmes réponses. Ce livre, s’il n’apprendra peut-être rien aux préparateurs, prêtres et laïcs, très expérimentés, peut être une aide précieuse pour les débutants (c’est typiquement le genre de livre que j’aurais aimé lire quand j’ai débuté la préparation au mariage).

Quant aux fiancés, ce livre me semble très pertinent. Il traite de tous les principaux sujets, il est très abordable même pour ceux qui sont éloignés de la religion et doit permettre une bonne réflexion en couple. Ce livre sera donc ajouté à ceux que nous conseillons de lire !

 

  1. Voir mes autres lectures ici []
  2. J’ai été contacté par les éditions Salvator qui m’ont proposé de m’envoyer un exemplaire en échange de la publication d’un billet ; il fut clair que le billet serait rédigé en toute liberté []
  3. Hormis ceux qui décident de consacrer leur vie à Dieu []
  4. Mais peut-on encore appeler fiancés un couple qui décide de se marier à l’Église après de longues années de vie commune et avec déjà plusieurs enfants []

Mes lectures de l’été 2012

L'été est propice à la lecture, n'ayant pas toujours le temps pendant l'année de lire autant que je le souhaiterais. Alors, je me rattrape pendant mes congés. Voici donc un partage de mes lectures estivales, avec un court résumé et petit commentaire pour chaque livre. Je vous présente les livres dans l'ordre dans lesquel je les ai lu…

Bonne lecture !

 

Betty de Arnaldur Indridason

Le seul polar de la liste. Mais que serait un été sans avoir lu au moins un polar, n'est-ce pas ? J'avais lu il y a quelques années la femme en vert du même auteur. A. Indridason est très connu, avec son personnage récurrent le commissaire Erlandur. Mais ici, point d'Erlandur. Juste Betty et ceux qui tournent autour d'elle. Son mari, Le narrateur qui a vécu une passion torride avec elle. Enfin qui croyait. Car Betty est manipulatrice, cynique, belle et vénéneuse.

Mon avis : un bon polar, qui réserve une belle surprise à mi-parcours (et qui rendrait du coup son adaptation au cinéma difficile d'ailleurs). Un bon moyen de découvrir cet auteur islandais.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Etranger d'Albert Camus

Je n'avais pas relu ce livre depuis au moins 10 ans. Premier roman de Camus. Vous connaissez probablement ce récit, d'un homme, Meursault, étranger à lui-même, qui parcourt la vie sans émotion. Amené à tuer sans savoir pourquoi, il est condamné à mort. Voici ce qu'en disait Camus : "Meursault est un homme qui n’entre pas dans le rang d’une certaine normalité. Il est condamné à mort, sans circonstances atténuantes, parce qu’il ne montre pas d’émotion : il ne pleure pas à l’enterrement de sa mère, il ne regrette pas d’avoir tué, il dit sa vérité quant au mobile du meurtre : « J’ai dit rapidement, en mêlant un peu les mots et en me rendant compte de mon ridicule, que c’était à cause du soleil. »

Mon avis : une bonne façon de découvrir l'oeuvre de Camus 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Chute d'Albert Camus

Un de mes livres préférés, lu et relu maintes fois. Jean-Baptiste Clamence nous raconte son histoire. Sa vie. Celle d'un homme à qui tout réussit, dans tous les domaines. Il vit dans le contentement de soi, qu'il couvre d'une humilité factice (j'aime beaucoup sa tirade dans laquelle il explique qu'il aide les aveugles à traverser, non pas par altruisme, mais pour qu'on dise du bien de lui ensuite). Tout va bien donc, jusqu'au jour où…

Mon avis : magnifique livre qui raconte l'instrospection d'un homme qui vit sa chute intérieure sans pouvoir y faire grand-chose. Je trouve dans ce livre de quoi méditer sur les comportements humains, le  rapport à soi, l'attitude vraie…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Se marier et durer de Pierre-Marie Castaignos

Je ferai prochainement une récension de ce livre.

 

 

 

 

 

 

 

Le confident d'Hélène Grémillon

 

A la mort de sa mère en 1975, Camille reçoit une lettre écrite par un inconnu. Cette lettre raconte une histoire. Une seconde lettre suivra, puis une troisième. L'histoire racontée par cet inconnu s'assemble au fil des lettres reçues, tel un puzzle. Jusqu'au dénouement final.

Mon avis : premier roman qui a reçu de nombreux prix, il raconte une histoire de famille entaché d'un lourd secret. Prenant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mise à nu des époux Ransome, d'Alan Bennett

Les époux Ransome, so British, vont au théâtre. Quand ils reviennent, leur appartement a été cambriolé. Entièrement cambriolé. Il ne reste rien. Plus un meuble, plus un bibelot. Même la moquette a disparu. Comment les époux Ransome vont faire face ? Avec flegme, bien sûr. Mais en essayant malgré tout de savoir qui a bien pu commettre un tel forfait.
 
Mon avis : Quand un cambriolage ébranle la vie d'un couple. Histoire originale avec quelques pointes d'humour (anglais). Livre court, amusant, mais qui ne me laissera pas un souvenir iméprissable.