photo_calepinsCrèches – On parle beaucoup de la recommandation de l’AMF [1], l’Association des Maires de France, de ne pas exposer de crèches dans les mairies, jugeant que cela contrevient à la laïcité. Y a-t-il lieu de s’en offusquer ? En tant que catholique, j’avoue que je m’en contrefiche. J’en avais déjà parlé, il y a presque un an déjà, pour y voir finalement une sorte de communautarisme catholique qui ne sied pas bien à cette religion. Ce qui m’importe, ce sont les crèches exposées dans les églises, et celle que nous faisons dans nos maisons. Qu’on interdise de mettre des crèches dans les mairies ne changera rien pour moi. Dans ce cas, je considère la crèche, sinon comme un objet de foi mais comme un objet relié à mon culte religieux. Et je pratique ma religion dans une paroisse et chez moi, pas dans la mairie de mon quartier !

Cependant, j’ai un peu évolué depuis 1 an et ce qui s’est passé les 7 janvier et 13 novembre n’y sont sans doute pas pour rien. Et si je me place, non plus comme catholique mais comme simple citoyen français, cette recommandation de l’AMF me laisse un peu pantois. Elle vient en réaction aux attaques meurtrières récentes et j’avoue ne pas bien voir le lien. Mais admettons. Admettons que la visibilité d’une crèche soit une entrave manifeste à la République – laïque, faut-il encore le préciser. En quoi cela a-t-il un lien avec les attentats ? Avec le djihadisme ? Avec Daesh ? Soyons un peu sérieux tout de même et arrêtons de croire qu’on résoudra la crise qu’on connait avec des succédanés de bonnes intentions.

État d’urgence – Des voix, de plus en plus nombreuses, s’émeuvent de l’état d’urgence qui ne serait pas si nécessaire sur une durée aussi longue (3 mois) et qui permettent à la police et à la justice d’avancer plus vite sur un certain nombre d’affaires. De rogner l’Etat de droit. De restreindre de manière dangereuse nos libertés individuelles. Pour être honnête, je crois volontiers que la situation nécessite un état d’urgence. Tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il y aura d’autres attentats, qu’à l’heure où j’écris ces lignes, des gens en Syrie, en Belgique ou en France, fomentent les prochaines attaques qui tueront aveuglément, sans distinction. Alors oui, s’il faut que nos enfants puissent aller au concert, nos amis puissent aller prendre un verre en terrasse, nos parents prendre le métro sans risquer de se faire tirer à coup de Kalachnikov, alors oui, je suis prêt à restreindre mes libertés individuelles. Je suis prêt à ce qu’on vienne fouiller mes tiroirs et mes armoires, sous mon lit, dans mon garage, pour vérifier si je n’ai pas d’armes de guerre. Fouiller dans mes disques durs pour voir si je ne suis pas en train de converser avec des frères en Syrie. Oui, je suis prêt à cela. J’ajouterai aussi, d’ailleurs, que je ne vois pas bien, au final, quelles libertés individuelles me seraient refusées. Ce qui ne veut pas dire, bien évidemment, que cet état d’urgence ne doive perdurer au-delà du nécessaire, ni qu’il n’y ait aucun contrôle ni contre-pouvoir. Mais soit on se considère en état de guerre, et cela induit des contraintes inévitables, soit on laisse faire comme avant. Et dans 2 ans, Marine Le Pen est élue présidente.

COP21 – Cette conférence suscite plein d’espoirs. Ceux-ci seront sans doute vite tempérés par l’opportunisme des uns, la lâcheté des autres, la frilosité de tous. Mais réunir 140 chefs d’État pour tenter d’enrayer la spirale infernale du réchauffement climatique montrent déjà qu’une prise de conscience a été prise par la majorité. Comme l’expliquait très bien Nicolas Hulot au journal de 20h sur France 2 ce soir, sans cette conférence, nous aurions perdu définitivement la partie. Là, l’espoir de gagner est toujours là. Pour prendre une comparaison tennistique, nous sommes menés 2 sets à zéro, mais nous menons 1-0 dans le 3ème set. La partie est loin d’être gagnée, surtout quand l’on sait les montagnes qu’il faut déplacer. Convaincre les pays émergents de ralentir leur consommation d’énergie fossile, convaincre les lobbys industriels occidentaux – notamment aux USA – d’arrêter cette gabegie insensée, penser et développer l’après-pétrole et l’après-charbon ne sont pas des minces affaires. Mais il y a urgence. Car le réchauffement climatique tue, et va tuer encore plus. La bataille de l’eau sera terrible dans certaines régions, les déplacements de réfugiés climatiques ne se feront pas sans heurt. Alors espérons et prions pour que nos dirigeants prennent la mesure de l’urgence et aient le courage de braver les rétifs.

  1. la préconisation pour être plus précis, comme indiqué dans le vade-mecum sur la laïcité []