photo_calepinsViolences – Depuis la journée du 5 octobre 2015 durant laquelle 2 directeurs d’Air France ont été pris à parti par des salariés en colère, avec ces images frappantes du directeur des RH, chemise déchirée, torse nu, obligé d’escalader un grillage, de nombreux voix se sont élevées pour dire : « Rien ne justifie la violence » ou sa déclinaison « Rien ne doit justifier la violence ». Violence, il y eut, ce fut manifeste et il semble qu’une personne, un vigile je crois, a été sérieusement touché. De là, certains ont répliqué que cette violence, physique et manifeste, répondait à une violence plus sournoise, d’ordre psychologique et loin des regards. Est-ce faux ? Peut-on contester qu’un plan de licenciement est une violence faite aux milliers de salariés qui en feront les frais ? Mais là n’est pas mon propos, ce conflit étant trop complexe pour être abordé en quelques lignes. Ce qui m’a le plus étonné, ce sont ces voix de gauche – celles de Manuel Valls, du PS ou même de Jacques Attali – qui se sont jointes à celles, plus attendues sur le sujet, de la droite. La gauche (appelons encore comme cela le PS) renierait-il ce marqueur historique qu’est la Révolution Française ? Est-ce que Manuel Valls dirait aussi, pour ce qui concernent les insurgés de juillet 1789, que « rien ne justifie la violence » ? Au moins, de ce point de vue, J.L. Mélanchon et P. Laurent me paraissent plus cohérents avec eux-mêmes. La société est violente. Il y a les réactions épidermiques de certains – que je ne cautionne pas mais que je comprends – et puis il y a la violence, plus sourde et plus hypocrite, de l’Etat, des politiques et du monde du pouvoir. A vouloir aller trop loin dans la dérégulation, il faut s’attendre à ce genre d’événements !

Code du travail – Deux articles lus récemment (donc évidemment déjà dépassés ;-)) qui se sont étrangement télescopés. D’abord, la énième charge de l’inénarrable P. Gattaz qu’on pourrait ne considérer que comme un bouffon si on ne craignait pas, qu’un jour, il puisse être écouté par un Macron ou un Valls (nonobstant leurs dénis d’aujourd’hui). Vouloir aligner le contrat de travail sur le contrat de mariage, quand on voit comment la société considère le mariage, ne laisse rien augurer de bon (d’ailleurs, on pourra remarquer que ce n’est ni la fidélité, ni l’engagement de soutien mutuel qui sont mis en avant). Quant au code du travail, il va sans dire que ces gens-là n’ont plus qu’une envie : le supprimer. Leur travail de sape a déjà commencé et je crains qu’ils n’obtiennent gain de cause d’ici 10 à 15 ans.

L’autre article, c’est celui-ci. Où l’on apprend que – tiens comme c’est bizarre ! – les travailleurs du dimanche ne seront pas systématiquement payés double, comme cela était pourtant annoncé. Ce sera dégressif… Et pour que ce soit économiquement intéressant pour l’entreprise, il faudra que ce soit les mêmes qui s’y collent. Continuera-t-on alors à leur demander leur avis ? Où l’on voit les effets pervers (pour les salariés) des fameux accords de branche dont on nous vante actuellement tous les bienfaits !

Mais gardons espoir, le pire n’est pas toujours certain…

Sextape – « Manquant à la pudeur la plus élémentaire / Dois-je, pour les besoins d’ la caus’ publicitaire / Divulguer avec qui, et dans quell’ position / Je plonge dans le stupre et la fornication ? » chantait, il n’y a pas si longtemps G. Brassens. Aujourd’hui, non seulement on divulgue tout, mais on se filme en train de copuler. Quand je dis « on », je généralise sans doute à tort. Cet exercice semble surtout l’apanage des sportifs. Après l’épisode Manaudou, voici celui de Valbuena, avec le rôle trouble de Benzéma, attaquant vedette de l’équipe de France de football. Pourtant, cet article du Monde nous apprend que le chantage à la sextape n’est pas l’apanage des stars et qu’un danger guette les imprudents : le revenge porn. Vous vous filmez pendant vos ébats, ou vous filmez à l’insu de l’autre, ou vous êtes filmé à votre insu – là aussi, toutes les combinaisons semblent possibles – et une personne mal intentionnée s’empare de vos photos et films et exerce un chantage en menaçant de tout divulguer. Il me semble que notre époque est rongée de plus en plus par un narcissisme exacerbé, consenti par chacun pour exister sur les réseaux sociaux où l’on est rien si l’on ne se dévoile pas (voire si on ne dévoile pas tout). Oui, cette époque manque de la pudeur la plus élémentaire…