Araignee-du-desertPhilippe Ariño est connu dans la cathosphère pour ses positions virulentes contre le mariage pour tous et ses théories fumeuses sur pas mal de sujets. Du reste, il ne compte pas ses efforts pour occuper l’espace : blog, dictionnaire, livres, chansons, théâtre, vidéos, politique, etc.

J’ai assisté à une de ses conférences lors de son passage à Toulouse en décembre 2012. Je commençais à m’intéresser au débat sur le mariage pour tous et j’avais été invité à entendre celui qui portait une autre voix. D’autant plus intéressante que le bonhomme revendiquait et sa foi catholique et son homosexualité. J’ai acheté alors son livre, que j’ai lu. J’ai écrit alors 2 billets que vous trouverez ici et .

Ensuite ? Ensuite, j’ai continué à le suivre, comme je le fais pour d’autres blogueurs. Je commençais à être un peu perdu dans ses circonvolutions intellectuelles qui me semblaient de moins en moins cohérentes. Surtout, je commençais à comprendre l’a-sincérité de sa démarche, dont le moteur principal me semblait être de plus en plus la soif d’apparaître et de paraître. Son narcissisme exacerbé semble lui avoir fait perdre le sens commun.

La rupture

 

Au détour d’un billet d’un autre blogueur – billet de Darth Manu assez général sur les manifs contre le mariage pour tous et assez acerbe envers P. Ariño  – j’ai laissé un commentaire. Disant juste que je trouvais qu’il (P. Ariño) s’enfermait de plus en plus dans son rôle de vigie médiatique, sorte d’oracle dont certains cathos font leur miel. J’ai lu d’ailleurs des propos hallucinants sur son mur FB, certains le considérant comme un prophète – d’ailleurs ses propos sur la fin du monde dans son blog montre qu’il y croit lui aussi volontiers. Mes propos exacts dans ce commentaire : « Si je te trouve assez dur contre Philippe Ariño, j’avoue que je suis maintenant un peu perdu par son discours (sur son site CUCH par exemple, mais j’avoue que je n’ai pas trop approfondi) et il me semble maintenant un peu prisonnier de son personnage. » Considérez, s’il vous plait, la virulence du commentaire. De là, il m’a contacté en privé sur FB (nous étions alors « amis ») me sommant de justifier mes propos. J’ai tenté – maladroitement sans doute – de me justifier. Je me suis excusé. Sincèrement. Mon but n’était pas de le blesser. Mais enfin, prendre la mouche comme ça, de façon aussi brutale, quand on se prétend essayiste ! Où est le débat ? De débat, il n’y en eu plus, puisqu’il me supprima de sa liste d’amis en me disant, superbement : « Tu n’es pas sympa » (mais me laissant à l’époque l’accès à son mur FB – il est revenu sur ce point récemment).

Blogueurs, pensez que vos écrits vous poursuivront peut-être un jour

 

Il y a eu peu (d’où ce billet assez tardif), je suis tombé sur sa page wikipédia. J’ai été très surpris de voir qu’une référence était portée au billet écrit en décembre 2012, avec citations et tutti quanti. Mince, me suis-je dit, c’est ballot tout de même. Me voilà présenté comme un afficionado du penseur, alors même, qu’aujourd’hui, je n’adhère plus vraiment à ses propos. Alors ? Effacer mes billets ? Pas très honnête, et je veux le rester. Supprimer la référence dans l’article Wikipedia ? Fait et remis 3 heures plus tard par un dénommé Peter17 ! Je trouve d’ailleurs cocasse d’aller citer un blog aussi confidentiel que le mien quand on prétend avoir une aura médiatique aussi grande !

Les écrits restent a dit l’autre. Eh oui, les billets restent ! Chose évidente me direz-vous, mais dont j’ai pris conscience avec ces références Wikipédia. Dois-je les regretter ? Pour être franc, oui, un peu. Je me suis clairement laissé berné par le personnage et j’ai d’évidence manqué de recul et de discernement. Ceci dit, j’avais aussi réellement apprécié sa prestation de ce soir de décembre 2012, et trouvé des points intéressants dans son livre. J’en écrirais une recension probablement assez différente aujourd’hui, mais je garde celle qui a été écrite à l’époque. Quitte à passer pour un con.

Un agressé agresseur, ou bien ?

 

Ses comportements et son attitude me déplaisent fortement. Sa façon de s’ériger en victime permanente, de dénier à quiconque la moindre critique – même polie, même échappant à la chasse à l’homme -, de se croire un grand penseur et un prophète, son galimatias intellectuel, ses prétentions artistiques m’ont convaincu que, question nourriture intellectuelle, il fallait aller chercher ailleurs. Ses derniers billets dénonçant les Bobos du 11ème – et en creux semblant légitimer les attaques –  sont abjects.

En mal de reconnaissance, il jalouse les cathos qui ont plus de succès que lui – comme Edmond Prochain ou plus encore Koz Toujours, une de ses têtes de Turc préférée, comme le montre sa dernière diatribe – et ne supporte aucune contradiction (voir son retrait brutal et récent de Twitter, ses blocages compulsifs, etc).

Cette frénésie à vouloir exister dans la blogosphère, et au-delà, chaque fois que je l’ai vue chez autrui était le signe d’une souffrance profonde et, finalement, un cri de détresse. Voilà sans doute la seule conclusion que l’on peut tirer du cas Philippe Ariño : un type en grande souffrance, pas très bien dans ses baskets, et qui, malheureusement pour lui, ne sait plus faire autre chose qu’agresser.