photo_calepinsGrèce – Je n’ai pas suivi tous les détails de la crise grecque, dont on perçoit déjà qu’elle est loin d’être achevée. Que d’enseignements peuvent être tirés de ces derniers mois ! Le premier d’entre eux, dont on parle assez peu finalement, est la prison dorée que constitue l’endettement. Cela semble évident, que ce soit au niveau individuel ou au niveau d’un Etat, et pourtant une fuite en avant sans fin s’organise savamment. Une dette importante nous lie à nos créanciers. Une dette immense nous rend totalement esclave du bon vouloir des créanciers. Ce qui est la situation de la Grèce : 300 milliards d’euros de dette, presque 200% de son PIB, tout le monde sait qu’elle ne pourra jamais la rembourser. Et pourtant, me semble-t-il, toutes les discussions sembl(ai)ent être basées sur un remboursement de la dette (ou du moins une partie). Que la France, avec un endettement qui frôle les 100% de son PIB (et qui vient encore d’augmenter), se garde bien de donner des leçons : qui dit si, dans 10 ou 20 ans, nous ne serons pas là où la Grèce en est aujourd’hui ? Un autre élément intéressant fut les cries d’orfraie à propos de l’organisation du referendum. Certes, on voyait bien la manœuvre politique de Tsipras (mais lui restait-il une alternative ?) mais j’ai vu des réactions horrifiées, du style : « un referendum, quelle horreur ! » Triste conception de la vie démocratique où demander l’avis du peuple semble être un outrage.  J’ai été aussi surpris de voir à quel point le dogme de l’euro semble imprégner tous les esprits. Je suis partisan de cette monnaie unique, commune, qui donne des atouts à l’Europe, et donc à la France. Mais bon sang, ne peut-on pas accepter qu’un pays veuille en sortir ? Ou bien doit-on considérer que l’engagement dans la zone euro est une voie sans retour ? Là encore, triste vision de la démocratie européenne. Enfin, et c’est le sentiment le plus triste, quel manque de solidarité avec la Grèce et les grecs ! Oui, la Grèce a fait des erreurs, lourdes, qu’elle n’a pas su corriger à temps par manque de volonté, par déni de la réalité (ça ira mieux demain), par dévoiement des élites. Mais comment ignorer la souffrance des plus pauvres (encore et toujours eux) ? Pourquoi ne pas avoir effacé une partie de la dette, dans un geste de solidarité européenne, comme cela se fait pour tant d’autres pays ? Dommage, c’eût été une démarche de grandeur.

Affaire Lambert – Difficile de juger, de l’extérieur, le déchirement de la famille. Difficile de se mettre à la place de l’épouse, des frères, des parents, si l’on n’a jamais vécu cette situation. Je me garderais donc bien de critiquer l’un ou l’autre des membres de la famille. Je fais partie de ceux qui considèrent que la vie prévaut, que toute vie mérite d’être vécue. Je me demande comment on peut envisager de mettre fin à une vie de cette façon-là ? Car il s’agit d’arrêter d’alimenter Vincent en boisson et en nourriture jusqu’à ce que mort s’ensuive (voilà de quoi il s’agit lorsque les medias parlent de l’arrêt des traitements). Est-ce là un geste de médecin ? On nous dit que cela ne fera pas souffrir Vincent car, dans son état, la sensation de faim et de soif est, sinon annihilée, du moins très atténuée. Mais alors, s’il ne souffre pas, pourquoi ne pas le laisser en vie ? Pourquoi, au lieu de promouvoir l’euthanasie, ne pas mettre en place des structures d’accueil pour ces personnes-là ? Est-ce si compliqué ? Pour le coup, je serais entièrement d’accord d’augmenter la dette française si cela permettait le développement de telles structures d’accueil (et pour d’autres handicaps aussi).

Marchandisation – Après la GPA avec laquelle on se demande encore pourquoi des gens de gauche sont si indulgents (du fric contre un gosse, faisant fi de tout lien entre la mère et l’enfant porté, l’exploitation, en Inde ou ailleurs, de femmes pauvres, eugénisme larvé, …), un autre exemple de la marchandisation du corps : l’affaire du planning familial américain qui vendrait des tissus fœtaux. Ainsi, ce qui nous est présenté comme une belle émancipation des femmes devient un simple histoire de fric et de commerces. Comme la prostitution. Comme sans doute l’euthanasie est aussi perçue par certains. Esclavage moderne, parfois pire que l’esclavage ancien qui a été aboli il y a 200 ans : pire parce que larvé dans la bonne conscience de beaucoup, pire parce que promu au nom du progrès (qui est contre le progrès ?), pire parce qu’on se demande comment on pourra faire pour s’en affranchir…