Sophia_1Comme j’ai pu l’annoncer sur Facebook ou sur twitter, j’ai eu l’opportunité de participer à un week-end organisé par la paroisse Notre-Dame de la Sagesse, à Sophia-Antipolis, intitulé « Expériences et Vision Pastorale ». Il n’est pas très aisé de résumer un week-end aussi riche. Aussi ce billet, que je vais essayer de garder concis, sera peut-être complété ultérieurement par d’autres billets. On verra bien.

Le contexte

Dans beaucoup de paroisses se pose la question du devenir, de l’évolution, de chemin à prendre. Il y a tant d’options possibles, tant de possibilités, tant de rêves parfois aussi, sans que l’on sache très bien ni par où commencer, ni que faire. Sans compter que beaucoup de projets ne peuvent se mettre en place faute d’implication des paroissiens. Ce constat, beaucoup de prêtres et d’équipes paroissiales le font, sans trop bien savoir comment y remédier.

Dans beaucoup de pays, notamment en Amérique du Sud, mais aussi bien sûr aux États-Unis, les églises évangéliques font preuve d’une vitalité étonnante, attirant notamment les jeunes et les personnes en recherche « de quelque chose ». Aux Etats-Unis, le pasteur Rick Warren d’une église évangélique a partagé son expérience, maintenant largement connue outre-USA grâce à ses livres [1]. En 1980, il part dans cette vallée de Californie du Sud pour y fonder une église, l’église de Saddleback. Il ne souhaite pas dépeupler les autres églises. Non, son but est d’attirer à lui ceux qu’il appelle les « Sans église ». Il fait sa première réunion chez lui dans son salon. Ils sont 7. Aujourd’hui, sa paroisse réunit entre 15 et 20 000 (vingt-mille !) personnes chaque dimanche. Pour vous donner un exemple de l’ampleur du phénomène, l’église de Saddleback, pour fêter son 35e anniversaire cette année, a loué un stade d’une capacité de 45 000 places ! En France, un prêtre catholique, le père Jean-Hubert Thieffry, a tenté de mettre en oeuvre les préceptes énoncés par Rick Warren. Lors de son passage à la paroisse Saint-Denys de la Chapelle, dans le 18e à Paris, il a, par exemple, mis en œuvre pour la première fois un parcours Alpha dans une paroisse catholique française [2]. Membre de la Communauté du Chemin Neuf, il est depuis 2005 curé de la paroisse Notre-Dame de la Sagesse à Valbonne, Biot et Sophia-Antipolis, paroisse dans laquelle il a déployé (et adapté) les préceptes énoncés par Rick Warren.

Les 5 essentiels

Le principal objectif est de faire en sorte que les paroissiens ne soient plus des spectateurs ou même des acteurs plus ou moins engagés, mais des disciples-missionnaires. Pour cela, il faut mettre en oeuvre, dans sa vie personnelle comme dans la vie paroissiale, les 5 essentiels suivants:

  1. L’Adoration
  2. La Communion Fraternelle
  3. la Formation des disciples
  4. le Service
  5. l’Évangélisation

Je n’ai pas encore le recul nécessaire pour bien vous expliquer ces 5 essentiels (qu’on peut aussi appeler vitamines ou piliers ou objectifs ou dynamiques). Plusieurs paroisses en France proposent des informations détaillées. A ce stade, le mieux que j’ai trouvé est ce livret édité par l’Église Catholique de l’Oise.

Les partages de ce week-end

Ce week-end, merveilleusement bien organisé par la paroisse de Sophia, fut l’occasion de partager diverses expériences, à travers des sessions plénières et des ateliers. Expériences menées par la paroisse de Sophia depuis bientôt 10 ans, dans différents domaines, comme le ministère de l’accueil, les étapes du processus d’évangélisation, accueillir l’Esprit-Saint dans le travail, la préparation au mariage, etc. Impossible de tout résumer ici.

L’intérêt pour nous, engagés dans un processus similaire, était bien évidemment de voir comment les préceptes de Rick Warren pouvaient être appliqués dans une paroisse catholique en France. Et comment les 5 essentiels sont mis en œuvre dans chaque groupe.

Certaines paroisses en France ont déjà avancé sur ce chemin. Nous eûmes les témoignages de la Paroisse St Rieul de Senlis et de la paroisse Lyon Centre Ste Blandine. Ces paroisses ont mis en oeuvre les 5 essentiels et s’appuient beaucoup sur le parcours Alpha. Toutes disent que les fruits sont visibles au bout de quelques années, mais aussi qu’il faut être patient, ne pas se précipiter.

Quels sont ces fruits ? Avoir des disciples missionnaires, investis dans leur mission, et non plus de simples paroissiens qui viennent assister à la messe le dimanche.

Qu’en conclure pour soi-même ?

Lorsque notre curé m’a parlé pour la première fois de ce projet, je ne savais pas trop quoi en penser. J’ai depuis quelques temps le sentiment qu’il faut effectivement changer quelque chose dans la façon d’aborder le monde, car l’Église doit aborder le monde. Convaincu sur le constat, je restais dubitatif sur le comment. Puis j’ai lu le livre de Rick Warren qui m’a laissé un peu sur ma faim. Certes, son succès est indéniable. Mais j’avais parfois le sentiment, en le lisant, de voir à l’œuvre un chef d’entreprise créant sa société plutôt qu’un prêtre (ou un pasteur). Terriblement incarné dans la culture nord-américaine – Saddleback brasse les dollars, a plusieurs salariés, etc. – je voyais mal comment cela pouvait être appliqué dans une paroisse catholique.

C’était tout l’intérêt de ce week-end. Cela est possible ! Reste maintenant, pour nous, un énorme chantier. Mais que c’est motivant de se sentir appeler à travailler à la vigne du Seigneur !

Album AimerJe ne connaissais pas Stéphanie Lefebvre. Le samedi, elle animait à la voix et au clavier les chants de louange régulièrement entonnés. J’ai cru qu’il s’agissait de la chanteuse de la paroisse ! Je trouvais sa voix belle, mais plus encore, je la trouvais touchante (moi qui ne suis pas musicien, et qui ne sait pas chanter, je suis émerveillé devant ce don). Quelle n’a pas été ma surprise quand le dimanche, elle fut appelée à témoigner. En réalité, Stéphanie Lefebvre est de la paroisse de Senlis. Son témoignage était très émouvant, très beau, dévoilant pudiquement un parcours avec des hauts et des bas, des succès et des larmes. Elle a dit une chose très belle sur l’Eucharistie qui m’a profondément ému. Et après qu’elle a communié, placé un peu derrière elle, j’ai vu qu’elle essuyait discrètement quelques larmes. Ce qu’elle avait dit prenait encore un peu plus de valeur. La beauté d’une larme qui coule…

Mais le plus important pour elle, c’est son projet de disque qu’elle veut enregistrer cet été. Un disque de louange pour lequel elle demande de l’aide. Elle sollicite donc des dons sur le site Credo Funding. Le projet est en bonne voie. Vous pourrez aussi écouter déjà sur cette page le premier titre, « Aimer », que je trouve très beau. Si vous voulez l’aider, c’est encore possible jusqu’au 19 mai 2015.

  1. Notamment « L’Eglise, une passion, une vision » ou « The Purpose-driven Church » []
  2. Le Parcours Alpha est à l’origine l’initiative d’une paroisse protestante de Londres []