photo_calepinsTristesse de la chair – Ce qui est dingue et proprement effarant dans le déballage des soirées libertines de DSK, au Carlton de Lille ou ailleurs, c’est de se dire que cet homme a été l’un des plus puissants de la planète (en temps que directeur du FMI) et qu’il aurait pu être président de la République. On imagine très bien à quoi aurait servi certains salons de l’Élysée ! Et en lisant les articles relatant la posture de DSK – sereine semble-t-il, à l’image de ce qu’il est, un peu hautaine quoi – on sent quand même la morgue du dominateur, du chasseur convulsif, du gars qui doit absolument posséder. Bien peu d’égards pour ces filles dont il ne savait apparemment pas qu’elles étaient prostituées. Mais qui devaient, semble-t-il, se comporter comme des prostituées. C’est-à-dire en acceptant tous les désirs, fussent-ils dévoyés, de cet homme. Cela en dit long sur sa façon de considérer l’autre, les autres, les femmes notamment. Il se réfugie – ou essaye – derrière l’image du libertin, pour qui baiser 10 nanas en 2 heures représente le summum de la fête et de la joie. C’est une autre image en réalité qui me vient en lisant les comptes-rendus du procès : la chair est vraiment triste quand l’amour est absent. Alors, heureusement, à côté de ces filles perdues et outragées, il y a des hommes et des femmes qui sont là, pour les aider. Pascale Robert-Diard du Monde a rendu un bel hommage à l’un d’entre eux, un diacre : « Et soudain, la dignité s’est exprimée« .

Amour ? – Comme un triste écho mercantile au procès du Carlton, voici que débarque au cinéma les 50 nuances de gris dont le faramineux succès du livre donne une idée de la hauteur d’esprit de nos contemporains. Je n’irai pas voir le film, je n’ai pas lu le livre et j’évite de lire les articles y faisant référence. Mais enfin, difficile d’y échapper. Est-ce cela l’amour ? Et évidemment, comme un malheur n’arrive jamais seul, voici la Saint Valentin qui se profile, avec son cortège d’emails envoyés par paquet depuis 3 semaines pour nous inciter à faire des cadeaux pour prouver notre amour. Et chaque année, cela revient, chaque fois un peu plus fort. Est-ce cela l’amour ? Le Carlton, le film gris nuancé, la Saint Valentin, les affiches Gleeden, tout cela donne une image bien triste de l’amour. Et que la société s’en satisfasse me rend l’humeur maussade…

Récollection – Heureusement, au milieu de cette morosité, notre paroisse organise chaque année une récollection. Tous les paroissiens (enfin ceux qui veulent ou qui peuvent) partent donc en retraite. Cela fait plusieurs années que nous allons à Notre-Dame de Garaison, lieu d’apparitions mariales, et dont on va fêter cette année le 500e anniversaire. Nous étions presque 120 cette année. Je vous souhaite vraiment de pouvoir vivre un tel moment qui offre, le temps d’un week-end, une véritable bouffée d’oxygène. Apprendre à connaître les autres paroissiens, vivre la fraternité, partager ensemble, prier, tout cela fait un bien fou. La chair est triste, mais l’esprit est assurément joyeux !