photo_calepinsAvoir une mère – Dans la classe de mon fils, cette année en CM2, est arrivé l’an dernier un garçon (appelons-le Juan) venant d’Amérique Latine. Pas facile pour un enfant d’arriver à 9 ans dans un pays qu’on ne connait pas et dont on ne maîtrise quasiment pas la langue. Un an après, il parle parfaitement le français. Mon fils me parle souvent de Juan : il est trop sympa, et puis il est tellement fort au foot. Juan s’est très bien intégré à l’école, il est assurément épanoui, pour autant que je puisse en juger. Et puis, l’autre jour, mon fils me dit : « Tu sais, Juan, il n’a qu’un papa. » « Ah bon ?, lui dis-je, tu en es sûr ? » « Oui, oui, j’en suis sûr. » « N’a-t-il pas plutôt 2 papas ? » « Mais, je t’assure, il n’a qu’un seul papa. » « Et, lui demandais-je, cela ne lui manque pas de ne pas avoir de maman ? » »Si, mais il ne veut pas trop en parler… » Sans vouloir juger une histoire personnelle que je ne connais pas, voilà un exemple des reproches qu’on peut faire à la loi autorisant l’adoption par les couples homos : priver un enfant d’une mère (ou d’un père)

Communautarisme catholique – Il a suffi d’une crèche installée au Conseil Général de Vendée qu’un tribunal a demandé d’enlever à la demande d’une association pour montrer comment les symboles chrétiens peuvent devenir (et cela va sans doute s’accentuer à l’avenir) l’enjeu de revendications de type communautariste. Je défends la laïcité à la Française qui permet à chacun de pratiquer sa religion dans le respect des convictions des autres. Je défends la laïcité quand elle évite qu’une communauté puisse imposer ses propres règles dans l’espace public. Ainsi, j’ai été heureux de la loi limitant le port du voile islamique dans les écoles par exemple. Mais une loi ne peut être jugée bonne quand elle limite les propensions expansionnistes des autres et mauvaise quand elle limite les miennes. Oui, la crèche est un symbole chrétien. Et elle est devenue un symbole culturelle parce que la France était massivement chrétienne. Non, elle n’a rien à faire dans une mairie (je vous invite d’ailleurs à lire le billet de Laurent de Boissieu auquel je souscris entièrement). Pas plus qu’aucun autre symbole religieux juif ou musulman. Certes il y a des enragés de la laïcité prêts à émasculer quiconque montre une quelconque religiosité. Ne leur donnons pas trop d’importance. Certes on me rétorque que la France a des racines chrétiennes et qu’à ce titre la religion catholique a priorité sur les autres. Oui, la France a des racines chrétiennes, mais la France n’est plus chrétienne. Je le regrette, certains le déplorent, d’autres se lamentent tant et tant qu’ils n’ont qu’un rêve chimérique : faire renaître la France d’avant. Non pas tant par les vertus chrétiennes – humilité, charité, et tout et tout – mais par la reconquête des symboles. Et cette reconquête ne peut se faire qu’en faisant naître un sentiment communautariste chrétien (mais on voit ça surtout chez les catholiques), à défaut de pouvoir faire naître un vrai catholicisme communautaire. Je n’ai que faire de ces querelles autour de symboles. Mettre une crèche au milieu d’un village avait du sens quand 80% des personnes étaient chrétiennes et pratiquaient. Aujourd’hui, cela n’en a plus, c’est-à-dire que cela n’en a pas. Le communautarisme, fût-il catholique, m’attriste et je ne m’y reconnais pas. Tiens, vous voulez un exemple de ce symbole qu’on porte comme un étendard ? En voilà un :

Profs – J’avais cette semaine une réunion organisée par le lycée où ma fille est en classe de Première. Cette rencontre a lieu 1 fois par trimestre, celle du 1er trimestre est généralement très prisée des parents (voir la tête des profs, recueillir les premières impressions, etc.) Peut-on encore dire, dans cette France de 2014 qui passe son temps à trouver que tout va mal, que l’éducation ne fout pas le camp ? J’ai trouvé des professeurs qui savent se rendre disponibles quand il le faut, même à une heure assez tardive. Certes, cela n’a rien d’extraordinaire pour beaucoup de salariés. Mais reconnaissons donc que les profs savent aussi être là quand on le leur demande. J’ai surtout trouvé des personnes attentives aux élèves, à ce qu’ils sont, dans le respect et dans l’exigence. Respect de l’élève qui a des difficultés, qui n’y arrive pas ou qui se désintéresse de sa scolarité. Exigence pour tous les élèves, en fonction de leurs moyens, en essayant de les tirer vers le haut. J’entendais un peu ce qui disait à d’autres parents et élèves et je trouvais ça bien, humainement très juste (même quand l’élève prenait une « engueulade »). J’imagine que cette approche – et ce lien profs-élève- parents – est plus facile à mettre en œuvre dans un lycée de centre ville qui n’a pas de problèmes particuliers. Mais à force de les entendre décriés si souvent, j’ai juste envie de dire : oui, les profs valent bien mieux que ce qu’on peut en dire ou en lire !