photo_calepinsDescendre vers Noël – On parle souvent, pendant le temps de l’Avent, de la montée vers Noël. Certes, le mot « montée » parle à l’âme et au cœur, il tend à nous élever de notre vie parfois si superficielle. Pourtant, le mystère de la naissance du Christ s’apparente parfois plus à une descente. Point de magnificence dans la naissance de cet enfant dont les parents n’ont même pas trouvé de place dans la salle communale. Point de faste, point d’apparat. Il naît dans une étable, à l’écart. Ce sont les bergers qui sont avertis les premiers, eux les pauvres parmi les pauvres. Tout n’est qu’humilité dans cette naissance, tout n’est que simplicité. Cette naissance de ce Dieu qui a consenti à épouser la vie humaine nous fait descendre d’un cran et nous invite à chasser l’orgueil, le faste et la superficialité de nos vies. Plus tard, Jésus dira à ses apôtres : « Qui m’a vu a vu le Père ». Eh bien le Père est là, dans cette mangeoire, entouré de ses parents et de quelques bergers, à l’écart des villageois qui n’ont pu ou voulu lui faire une place. Dieu est là, dans le dénuement et la pauvreté. Ayons l’audace de descendre en nous-même pour retrouver ces valeurs fondamentales. C’est alors que nous pourrons espérer être élevé.

Curie – Le monde médiatique s’est emparé avec gourmandise des vœux au lance-flamme que le pape François a adressé à la curie. Certains s’en réjouissent et trouvent ça génial. D’autres regrettent que le pape jette l’anathème, publiquement, sur les membres de cette curie. Difficile de savoir, à distance, pourquoi le pape a considéré qu’il fallait que ses propos soient entendus de l’extérieur. Veut-il donner un coup d’accélérateur à la réforme de la curie ? Rencontre-t-il tant de difficultés qu’il lui faille essayer de trouver des relais externes ? Faisons lui simplement confiance et continuons, puisqu’il nous le demande si régulièrement, de prier pour lui. Le vrai problème, me semble-t-il, n’est pas tant dans les propos du pape que dans le fait que leur teneur ne nous étonne pas vraiment. C’est bien malheureusement l’idée que l’on se fait de la curie qui est devenue une bureaucratie, un lieu de pouvoir et de magnificence. Et pour cette curie, comme pour nous, il y a lieu de méditer le mystère de la Nativité, et de descendre de son propre piédestal.

Violence – Trois hommes viennent de commettre des actes violents à quelques heures d’intervalle les uns des autres. L’un des lascars était clairement en lien avec la mouvance islamiste. L’autre relève de la psychiatrie. Le dernier n’avait semble-t-il aucun lien avec l’islam. Et dans ces temps où certains nous annoncent la guerre civile à court ou moyen-terme avec une gourmandise douteuse (ou comme le dit très bien Koz dans son dernier billet : « s’agit-il d’une prophétie à regret, ou d’une prophétie impatiente ?« ), d’aucuns se sont précipités à voir dans ces 3 actes – décorrélés les uns des autres – le début d’une attaque massive des islamistes contre la France. Malheureusement, il est à craindre que le jour où ils voudront nous faire mal, ils emploieront d’autres moyens. Kadhafi, que je sache, n’a pas envoyé des gugusses dans les commissariats, il a préféré faire exploser un avion en plein vol. Mais il faut croire que le pauvre Zemmour, nouveau martyr de la cause identitaire, a bien préparé le terrain. Le FN et ses aficionados me font penser à ces gens anxieux et pessimistes de nature qui croient toujours qu’un problème va arriver. On ne sait plus d’ailleurs si c’est une crainte ou si cela devient un espoir secret : celui de pouvoir dire « Vous voyez, j’vous l’avais bien dit ».

Sur ce constat bien peu réjouissant, pensons aux Chrétiens d’Orient qui savent, eux, ce que c’est que de vivre terrorisé et privé de tout. Et penchons-nous sereinement et plein d’espérance vers l’auge remplie de paille : les lendemains ne sont pas forcément sombres. Joyeux et saint Noël à toutes et tous !