photo_calepinsFranciscains – J’ai eu l’occasion de passer le week-end dernier aux Grottes de Saint Antoine, à Brive. Ces grottes étaient prisées par saint Antoine de Padoue qui y venait prier, à l’écart de la ville de Brive. C’est un lieu de pèlerinage toujours tenu par les Franciscains qui en assurent l’accueil et l’entretien. J’aime bien les Franciscains, il y a toujours chez eux cette simplicité dans l’accueil de l’autre, quel qu’il soit. Un des frères de la communauté nous expliquait que pour entretenir le vaste domaine, les bâtiments, faire les repas, les chambres, etc. il y a environ une centaine de bénévoles qui intervenait chaque année. Sans ces bénévoles, rien ne serait possible. Et sans la présence des Franciscains, ces bénévoles n’auraient pas de raison d’être. Superbe équilibre entre ceux qui donnent savent recevoir et ceux qui ont consacré leur vie à Dieu acceptent d’être aidés par leurs prochains. Il ne reste plus que 180 frères en France, environ 10 meurent ou sont obligés d’arrêter leur mission chaque année. Que restera-t-il de cette communauté dans 10 ans ? En attendant, je vous conseille ce lieu pour une retraite, en couple ou en famille. Leur site internet vous dira tout.

Fidélité – Si j’ai passé ce week-end aux Grottes de saint Antoine, c’était pour revoir des amis. Nous étions 4 couples et notre première rencontre, à l’aumônerie des étudiants de Toulouse, date de 1988. 26 ans donc que nous nous connaissons et que nous ne nous sommes jamais perdus de vue. Bien sûr, les contraintes familiales, les lieux de résidence différents ont réduit les fréquences de notre rencontre. Mais pouvoir se voir encore après tant d’années est assez réjouissant et cela fait chaud au coeur. A cette fidélité amicale répond aussi la fidélité de nos couples respectifs qui ont tous entre 18 et 25 ans de mariage. Là où j’ai pu voir la douleur des séparations, les divorces tumultueux (je crois assez peu au divorce paisible), voir cette stabilité donne aussi du baume au coeur. Hasard ? Ou réelle valeur du mariage chrétien qui offre des fondements suffisamment solides pour affronter les tempêtes ? Et tempêtes, il y eut : difficultés de travail, décès de proches, relations familiales difficiles et conflictuelles. Mais voilà, nous sommes encore là. Non pas fiers, ne se croyant pas supérieurs aux autres – au contraire, certaines épreuves rendent extrêmement humbles – mais simplement heureux de constater ces deux fidélités qui semblent se répondre l’une à l’autre.

Sivens – Un homme est mort, dans des circonstances douteuses. et cela est une tragédie. Peut-on encore parler de ce projet, contesté par les uns, défendu par les autres ? Je ne crois pas vraiment que le projet sera poursuivi, mais là n’est pas mon propos. La conscience écologique défendue par divers partis politiques et beaucoup d’associations nous incitent à nous poser la question, à chaque fois, de la pertinence de projets d’envergure, que ce soit une autoroute, une aéroport ou un barrage. Un mouvement se créé, celui de zadiste. Est zadiste, celui qui défend une ZAD, c’est-à-dire une Zone A Défendre. Et des zones à défendre, il y en a plein. Partout où un cm2 d’herbe est remplacé par un cm2 de bitume. Poser la question de la pertinence d’un nouvel ouvrage, de son impact écologique (et sur la biodiversité) est évidemment légitime. Poser la question de la manière ne l’est pas moins. Parmi les amis mentionnés ci-avant, l’un des couples est éleveur près d’Albi, mais en amont de Sivens, donc pas concerné par le futur barrage. Ils sont bien sûr horrifiés de ce qui s’est passé, mais défendent ce projet qui doit assurer la pérennité de 20 à 30 exploitations agricoles. A l’échelle nationale, cela est peu. Mais à l’échelle locale, c’est énorme. Hormis l’été 2014, les étés précédents ont été plutôt secs et les interdictions de pompage d’eau ont pesé fortement. Et puis ces exploitants agricoles subissent de plein fouet les variations des prix, que ce soit dans l’élevage ou l’agriculture [1]. L’angoisse est présente, parfois sourde, mais pesante : à combien vendra-t-on notre travail ? Il faut vivre ces aléas pour en savoir la difficulté (imaginez que votre salaire varie d’une année sur l’autre, dans des proportions assez fortes, -20 ou -30%, sans même que vous le sachiez à l’avance). Et ce projet a justement pour but d’assurer une alimentation en eau plus stable, et sans avoir à pomper dans les nappes phréatiques. Ils m’ont dit aussi – mais je ne l’ai pas vérifié – que le projet prévoyait le maintien d’une zone humide sur le lieu. Mais ce qu’ils vivent très mal, c’est d’être mis si souvent sur le banc des accusés (reconnaissons que c’est parfois avec raison), alors que beaucoup sont respectueux de la nature, entretiennent la terre et la font vivre. Et voir débarquer des zadistes, venus des 4 coins de la France, ne connaissant rien aux spécificités locales, ne les réjouit vraiment pas. Les agriculteurs, les éleveurs sont de moins en moins nombreux, mais ils n’en restent pas moins essentiels à notre pays. Qu’ils doivent faire des efforts est indéniable. Mais je ne crois franchement pas que la façon de faire de certaines associations écologiques fasse avancer leur cause.

  1. apparemment l’année 2015 s’annonce déjà comme difficile []