photo_calepinsSynode – Je n’ai pas eu vraiment le temps de suivre tous les débats et autres rapports intermédiaires du synode sur la famille. Mais j’ai lu quelques uns des nombreuses réactions dont la toile s’est faite écho, chaque chapelle y allant de son interprétation, de ses souhaits et, il faut bien le dire, de ses propres fantasmes. Pour les Tradis, la chose est entendue, le Pape est un affreux moderniste, ils l’avaient bien dit, on en a une énième confirmation. Pour les progressistes, c’est gagné, on va enfin dépoussiérer l’Eglise de certains archaïsmes (sur les divorcés-remariés, sur les homos, etc.) J’aimerais qu’on revienne un peu sur terre, tant ce que je lis me semble loin de ce qui se vit dans les paroisses françaises (ou alors j’ai eu beaucoup de chance jusque là). D’abord, oui, l’Eglise accueille quiconque vient chercher du réconfort, quiconque qui se pose des questions, existentielles ou pas, qui est en recherche de Dieu (et des hommes et souvent d’elle-même). Je n’ai jamais vu quelqu’un est refoulé parce qu’homo, parce que divorcé, parce que divorcé-remarié. Même les pêcheurs comme moi sont admis, tolérés, voire acceptés. C’est dire ! Tout cela se fait dans le respect mutuel, respect qui vaut donc aussi pour la personne qui ose s’approcher. Et je peux témoigner que les personnes divorcés-remariés vivent plutôt bien la doctrine de l’Eglise en la matière quand ils se sentent accueillis et intégrés dans une paroisse. Tout n’est certes pas parfait, mais l’Eglise a, me semble-t-il, le souci constant d’accueillir. Et aucun dogme, aucune ligne du Magistère, à ma connaissance, n’empêche cet accueil. De quiconque.

Rencontre – J’allais à Rome lundi dernier. Me voilà « coincé » dans un groupe de pèlerins du Diocèse de Cahors. Ma voisine de rang porte un foulard explicite. Je sors mon ordinateur, ayant beaucoup de travail à finir avant mes réunions à venir. Puis au bout d’une demi-heure, je me décide à engager le dialogue : « Vous allez en pèlerinage au Vatican ? » « Oui, nous faisons de temps un pèlerinage diocésain ». La conversation s’engage, simple, bienveillante. Elle espère voir le pape lors de l’audience du mercredi. Je lui dis que, l’an dernier, avec ma famille, nous avions eu la chance de le voir, d’assez près. Elle était un peu surprise, je pense, de voir cet ingénieur travaillant sur des documents techniques, lui parler du Vatican, de Dieu et du pape. On ne s’est pas dit grand-chose. Mais ce peu était apaisant et bienfaisant. Juste prendre le temps de parler à nos congénères. Juste quelques minutes. Un (petit) moment de paix.

Mort – J’ai appris la mort de mon parrain hier. Les souvenirs affluent, ceux de mon enfance quand il m’emmenait promener dans sa 2CV vert pomme ou sa Méhari rouge. Ceux des repas et fêtes de famille. Nourrir sa nostalgie n’est pas toujours bonne, mais laisser couler quelques larmes fait aussi du bien. Et puis, aussi, malheureusement, les rancunes familiales qui ressortent, les haines recuites et recuites, et encore recuites, mais que certains ne peuvent s’empêcher de remettre sur le fourneau, « parce que, tu comprends, faut quand même pas oublier que … » Est-ce l’apanage des familles catholiques ou n’est-ce qu’une spécialité de ma famille ? Finalement, j’aime encore mieux nourrir ma nostalgie. J’ai visionné à nouveau un DVD compilant quelques uns de ses moments : ses fiançailles, son mariage (j’avais 7 ans), ses travaux dans sa maison, etc. Voilà mes larmes : voir mes grand-parents, mes parents jeunes, tous ces gens dont beaucoup sont morts. Sentir par l’émotion qu’une vie, ça file à toute vitesse, que c’est tant de choses et puis si peu, finalement. Pleurer un peu et puis se consoler en se disant que Dieu est là, à nous attendre, pour nous accueillir et nous consoler définitivement de tous nos chagrins.