photo_calepinsÉvangile – Le passage de l’évangile lu en ce dimanche 20 septembre, tiré du chapitre 20 de saint Matthieu, est toujours un peu délicat tant sa lecture peut être faite selon différents angles. En résumé, un maître de domaine rétribue de la même manière les ouvriers engagés depuis le matin et ceux engagés une heure avant la fin de la journée de travail. Et de conclure que les derniers seront les premiers et les premiers derniers. Une lecture terrestre de ce passage ne peut que nous heurter et va à l’encontre de toute l’organisation de la société : la rétribution se fait en fonction de l’effort. Bien sûr, nous savons que lorsque Jésus raconte une parabole, c’est pour nous faire comprendre ce qu’est le royaume des Cieux, ce qu’est le royaume de Dieu. Et dans ce royaume, les classements et les comparaisons n’auront plus lieu, en tout cas pas de cette façon. Mais cette parabole qui lève un coin du mystère de ce royaume doit aussi être lue pour aujourd’hui, pour ce que nous sommes. Parce qu’il n’y aucune raison que cette valeur évangélique soit moins applicable que d’autres (cf le débat sur les divorcés remariés) et puis, surtout, parce que le royaume des Cieux commence dès ici-bas. Ce que nous disons d’ailleurs en récitant le « Notre Père » : Que ton règne vienne / Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».

Indépendance – Qui ne souhaite pas être indépendant ? Qui n’a pas envie de vivre de manière autonome, sans dépendre des autres ? Et pourtant la vie en société est une vie de multiples dépendances. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’admette ou pas. Et puis le glissement se fait entre la volonté d’indépendance et l’individualisme. Moi d’abord, les autres, je m’en fous. La frontière est ténue entre ces deux positions. Il fut un temps où les hommes se regroupaient pour unir leur force, mise à profit pour se nourrir ou se défendre. Les pays se sont construits comme cela, agrégeant petit à petit de plus en plus de territoires et de peuples. Ce mouvement centrifuge est aujourd’hui de plus en plus contrebalancé par un mouvement centripète. Le pays basque, la Catalogne, la Flandre ou l’Ecosse, après le Québec, rêvent de quitter leurs pays d’attache, pour être indépendant. Ah le rêve d’indépendance qui régleraient tous les problèmes. Il y a des particularismes régionaux forts dans ces régions. Mais il y a aussi ce sentiment de payer pour les autres, d’avoir à partager ses richesses. La Catalogne est la région la plus riche d’Espagne, l’Italie du Nord ne veut plus payer pour le Sud, la Flandre pour la Wallonie. Sans le pétrole, l’Ecosse aurait-elle eu envie d’être indépendante ? Et de ces volontés d’indépendance, j’y vois, aussi, un peu voire beaucoup d’individualisme.

Retour – Comment ne pas évoquer le retour de Nicolas Sarkozy ? Le sauveur de l’UMP qui voudrait être aussi le sauveur de la France ! Il est trop tôt pour savoir comment il réussira à être le candidat de la droite en 2017, mais il me semble qu’il y a peu de doutes à ce sujet. Il annonce qu’il veut créer un nouveau parti. Est-ce pour lui permettre d’imposer des statuts qui le favorisont. Qu’il veuille revenir aux affaires et prendre sa revanche ne me gêne pas outre mesure. Ce ne sera pas le dernier à tenter – et peut-être réussir – un come-back. Non, ce qui m’a gêné dans son interview d’hier soir, c’est cette communication préparée à outrance, chaque mot, chaque phrase, chaque intonation semblant être tirés d’un dialogue écrit à l’avance. Comment croire à la sincérité de cette homme qui n’a toujours pas fait l’analyse de sa défaite, ni aucune critique de son quinquennat ? Nicolas Sarkozy veut être le premier. Aucun autre rôle ne saurait lui seoir. Mais quel étrange sentiment de voir cet homme vaniteux ne pas pouvoir se satisfaire d’une vie à l’ombre des autres. Mais peut-être est-ce là ce qui fait l’âme d’un chef !