photo_calepinsLiturgie – J’ai lu l’article que le journal Sud-Ouest a consacré à des obsèques qui ont donné lieu à un conflit entre le prêtre et les proches du défunt. Ce fait, dont il convient de ne pas donner plus d’importance qu’il n’en a, est tout de même intéressant par ce qu’il révèle des rapports actuels en société et du sens du sacré. Sur les rapports actuels, on voit bien, dans quasiment tous les domaines, la prééminence d’un état d’esprit consommateur. Je viens « consommer » une célébration, donc je veux qu’elle soit comme je le souhaite. Et si j’ai envie de boire ma bière tiède, qui m’en empêchera ? Et si je veux écouter du Daniel Guichard ou du Johnny pendant des obsèques, qui peut m’en empêcher ? Le curé ? Mais diantre ! n’est-il pas à mon service celui-là ? Quant au sens du sacré, il n’est plus vu que par le prisme des sentiments humains, certes tout à fait respectables et dont l’importance n’est pas à nier, mais avec ce manque d’élévation de l’âme si caractéristique de notre époque. Les plus grands compositeurs nous ont laissé d’admirables requiem et, si je laisse un jour des indications pour mes propres obsèques, sans nul doute, je proposerais qu’on écoute celui de Mozart lors de la cérémonie. Mais peut-on en vouloir à ces gens qui ne savent plus ce qu’est l’Eglise, qui n’ont jamais « touché » au sacré et dont la société nous rabat les oreilles qu’on doit obtenir ce que l’on souhaite ?

Economie – C’est un peu estomaqué que j’ai lu les propositions que le MEDEF compte faire prochainement. Estomaqué par la facilité avec laquelle on jongle avec les chiffres : on annonce allègrement la création de 1 million d’emplois, comme ça, juste en réduisant le nombre de jours fériés, en baissant le SMIC ou en permettant le travail le dimanche. Ah ! le travail le dimanche, vu comme la panacée qui permettra de résoudre tant de problèmes ! Et qu’on ne vienne pas ergoter sur les quelques inconvénients (pression sur les employés qui n’auront pas le choix, fragilisation de la vie de famille, …) puisqu’on vous dit que c’est LA solution ! Je conviens que le marché de l’emploi est difficile à cause d’un certain nombre de carcans. Je conviens qu’au point où on en est, il faut sans doute expérimenter des choses. Mais faut-il aller vers un code du travail sur le modèle anglo-américain (c’est-à-dire très ténu) ? Ou faut-il regarder du côté des pays du Nord (tiens, on ne parle plus beaucoup de la flex-sécurité) ? Mais généraliser le travail le Dimanche, c’est écorner le principe du repos hebdomadaire pour tous, en même temps, celui qui permet du lien, familial ou social. Un principe qui devrait être sacré.

Sport – On a finalement peu parlé de Luzenac. Ou, devrais-je dire, on ne s’en est pas tellement ému. Luzenac, c’est ce petit club d’un petit village d’un petit département qui a gagné le droit de jouer en Ligue 2, après avoir terminé 2e du championnat National. Mais la ligue de football leur a refusé ce droit. Ce n’est pas, qu’in fine, on leur ait interdit de jouer en Ligue 2 qui me chagrine : je veux bien croire que leur dossier souffrait de quelques points faibles et je sais aussi que les questions de sécurité sont cruciales (ceci dit, que l’on m’explique pourquoi un stade homologué pour accueillir des matches de Coupe d’Europe de rugby ne peut accueillir des matches de Ligue 2). Non, ce qui m’a choqué, c’est le mépris avec lequel ce club a été traité, donnant le sentiment qu’il ne devait pas être promu. Les medias s’extasient chaque année quand un « petit poucet » passe quelques tours en Coupe de France, sans doute parce qu’on sait qu’il n’ira pas jusqu’au bout. Mais là, le petit poucet était sans doute allé trop loin. Alors, certes, ce n’est qu’un petit club d’un petit village d’un petit département. Mais sur ce coup, j’ai aussi le sentiment que quelque chose de sacré a été piétiné : l’équité sportive.