photo_calepinsUn triste moment – Je n’achèterai pas le livre de V. Trierweiler, ni ne le lirai. Difficile néanmoins d’y échapper : pas un site d’informations, pas un journal – hormis La Croix – n’a laissé passer l’occasion, trop belle, de publier « les bonnes feuilles ». On peut se désoler de cette intrusion du privé dans le domaine public. On avait eu droit aux frasques sentimentales de Nicolas Sarkozy – frasques dont on se serait bien moqué si elles n’avaient empiété sur son rôle de président -, on avait échappé à celles qu’auraient pu avoir un DSK président, on doit donc subir celles de F. Hollande. Les propos vengeurs d’une femme cocufiée, les discours de maternelle (« maîtresse, il n’aime pas les pauvres » « mais euh, c’est pas vrai, les pauvres, c’est toute ma raison de vivre ») n’apporteront rien au débat. Mais ces échanges sont très symptomatiques de l’immaturité affective de beaucoup de nos contemporains. Et alors que Gleeden fait une campagne de pub vantant l’infidélité, une femme – de gauche, donc a priori libertaire – crie sa douleur d’avoir été trompée. Décidément, quel renversement de valeurs ?

Lamgnong – C’est le prénom de notre filleule laotienne que nous aidons en lui payant sa scolarité (somme modique au demeurant), via l’association Les Enfants du Mékong. Lamgnong nous écrit des lettres très attachantes où elle nous remercie (parfois de manière un peu trop appuyée) et nous raconte sa vie : plusieurs kilomètres pour aller à l’école en vélo, par des chemins boueux, voire détrempés, travail dans les rizières après la classe, une pauvreté qui ne dit pas son nom, parce qu’elle ne connait pas autre chose. Et pourtant, de ses lettres, qui mettent tant de temps à nous parvenir, émanent une vraie joie, une vraie fierté d’apprendre à lire et à compter, une espérance d’avoir une vie un peu moins dure que celle des parents. Quel contraste avec l’état d’esprit de notre société, repus jusqu’à plus soif du dernier gadget inutile, de cette frénésie consommatrice ! Merci à Lamgnong qui, sans le savoir, nous aide à remettre les choses en perspective !

Foi – La lecture de l’Évangile d’hier concernait la correction fraternelle. Ce passage de l’évangile de saint Matthieu est un de ceux qui me pose problème, et j’eus l’occasion d’en parler sur ce blog. Comment irais-je, moi, expliquer à quelqu’un qui se fourvoie sans tomber dans l’anathème ou le jugement ? Je ne sais pas vraiment. Peut-être me manque-t-il la bienveillance ? Et puis, a contrario, je suis assez agacé quand certains se permettent de dire des choses, au nom de cette correction fraternelle (les réseaux sociaux en donnent de nombreux exemples), du genre « je lui dis ses 4 vérités, mais avec charité ». Bref, me taire ou faire la « leçon » ? Le chrétien que j’essaye d’être trouve ses limites, là, avec cette parole de Jésus que je ne comprends pas bien. Mais j’ai décidé depuis un certain temps de ne plus me laisser arrêter par ce que je ne comprends pas. Dieu nous laisse le temps de l’approcher et de le comprendre. Alors je prends mon temps et j’y reviendrais, sans doute par un chemin que je ne connais pas encore, une autre fois.