photo_calepinsEté pourri – Bien sûr, nous autres Français, adorons nous plaindre. De tout. Et souvent de son contraire. Du gouvernement, des impôts, des riches qui gagnent trop, des assistés qui profitent du système. Et bien sûr de la météo. Peut-être cela évite-t-il de regarder ailleurs, là où c’est vraiment pourri, où le ciel n’est pas chargé de nuages, mais de bombes. Terrifiant, le bilan humain et matériel à Gaza. Même Netanyahu, qu’on a connu moins compassionnel, a parlé de carnage à Gaza. Au total, des centaines de victimes civiles. Dont la mort ne permet pas, du moins à bref échéance, d’espérer qu’une paix durable puisse s’instaurer. Qu’Israël lutte pour sa survie et se défende n’est pas à discuter. Qu’elle essaye d’éradiquer le Hamas ne me choque pas. Mais qu’elle se comporte comme elle le fait, quand elle applique une sorte de loi du talion démultipliée (il y aurait eu un vingtaine de morts Israéliens, contre environ 2000 côté Palestiniens), je suis horrifié. Qu’espère Israël ? Que la haine ressentie s’effacera d’un coup de baguette magique ? Non, Israël par son attitude implacable a créé une nouvelle génération de revanchards. Encore plus terrifiant les agissements honteux de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie. Oui, des Chrétiens sont persécutés (chassés, violés, tués) parce qu’ils sont Chrétiens. Prions pour eux, encore et encore. Terrifiant, quoique moins meurtrier pour l’instant, les bruits de bottes et de chars dans l’Est de l’Ukraine. Que faire ? Allez guerroyer contre Poutine dont on se dit qu’il pourrait ne pas savoir s’arrêter ? Envoyer des armes ? Négocier ? Et pendant ce temps-là, la surenchère continue, des deux côtés. Oui, vraiment un été pourri.

Paradoxe – La terrible situation en Irak, tout comme celle qui se dessine en Lybie, créé un paradoxe insupportable. Faut-il laisser un tyran œuvrer comme il le souhaite dans son pays (c’est-à-dire à coups de non-droit, de tortures, de meurtres, d’étiolement de la population) sous prétexte qu’il garantit une stabilité dans ses frontières et au-delà ? Cette question nous est aussi posée en Syrie. Quel est le pire ? Un Bachar el Assad sanguinaire mais qui tient les rênes de son pays ou bien une pseudo-démocratie ouverte à tous les extrémismes ? La coalition contre l’Irak menée par Bush et Blair en 2003 – à laquelle Chirac refusa de participer – devait amener la démocratie, la liberté et la paix. Bâtie sur un mensonge, voulue pour des raisons encore aujourd’hui obscures, cette guerre pour rien revient vers les occidentaux comme un boomerang. Avec une difficulté majeure : il n’y a plus de pouvoir central menée par une dictateur à déloger en Irak. Et les occidentaux semblent tétanisés.

Politique – J’aime souvent dire à mes amis qu’on a les hommes politiques qu’on mérite. Heureuse génération qui a vu œuvrer des De Gaulle, des Mendès-France et autres Schumann. Aujourd’hui, nous avons François Hollande qui se croit héroïque parce qu’il refuse un parapluie, A. de Montebourg qui se croit grand parce que rebelle … à Hollande. Hier, nous avions Nicolas Sarkozy, et c’était à peine mieux. Quelle piètre séquence nous ont offerts les ténors du PS la semaine dernière ! Même Valls, qui jouait le matador quelques jours plus tôt, a dû s’écraser devant l’incartade de C. Taubira à l’Université d’Ete du PS. Et demain ? Les perspectives sont sombres. Aucune embellie économique n’est attendue, l’UMP est en bien mauvaise posture, et il devient chaque jour plus probable que le FN sera le grand gagnant de l’incurie du gouvernement et des grands partis. Devra-t-on alors se résoudre à nous dire à ce moment-là : « on l’a bien mérité ! » ?