Un bref retour sur l'élection de dimanche dernier. François Hollande, sans surprise, a été élu président de la république française. La seule demi-surprise est l'ampleur réduite de sa victoire, inférieure à ce que prédisaient les sondages.

Cependant, ne mégotons pas. Son score est quasi le même que celui de F. Mitterrand en 1981. L'écart en voix est de 1 200 000, tandis que l'on a comptabilisé plus de 2 000 000 de votes blancs et nuls. François Hollande est donc élu sans conteste, même si la droite veut voir dans cet écart non humiliant un espoir pour les législatives. Mais l'UMP sait très bien que la gauche sera majoritaire. Les incertitudes portent sur le nombre de députés socialistes – auront-ils à eux seuls la majorité absolue ou devront-ils vraiment composer avec les Verts et le Front de Gauche ? -, l'éventuelle déroute de l'UMP et l'entrée de députés FN à l'assemblée. Je ne crois donc pas à une éventuelle cohabitation. Est-elle d'ailleurs souhaitable ? Si elle survenait, comment la Vème république y résisterait ?

Donc, Nicolas Sarkozy et son conseillier P. Buisson ont raté leur pari consistant à siphonner suffisamment, une fois de plus, les voix du FN. Puisse cet échec servir de leçon…

La campagne électorale semble déjà loin. Regardons un peu ce qui s'est passé depuis le 6 mai 2012 et cette semaine un peu spéciale où la France a deux présidents [1].

 

V comme Valérie

Valérie Trierweiler. Bien sûr. J'ai goûte assez peu les tribulations des "premières dames de France", dont le rôle, s'il existe, n'est défini par rien, si ce n'est par les liens matrimoniaux avec le président.

Avec Nicolas Sarkozy, nous avons eu le premier divorce à l'Elysée. Avec François Hollande, nous avons le premier président non marié au moment de son investiture.

Et la France a donc découvert un peu plus la compagne de François, la très belle et très classe Valérie Trierweiler. Nul doute qu'elle représentera bien. Quoi ? On ne sait, puisque la première dame n'existe pas. Enfin, son rôle. Elle-même a dit qu'elle réfléchissait à la suite des événements. On verra comment elle parviendra à concilier son travail – elle est journaliste – avec un rôle autour de F. Hollande.

Vu le nombre d'articles qui ont fleuri sur elle, elle est, incontestatblement, la vraie vedette de l'élection de son mari compagnon.

 

V comme Vanité

La vanité a fleuri, un peu partout, à gauche comme à droite.

Vanité des socialistes, et de la gauche en général, qui pensent que F. Hollande sera forcément un grand président et que son quinquennat sera couronné de succès. Il est un peu tôt les amis pour crier victoire.

Vanité de la garde rapprochée de N. Sarkozy qui voit déjà l'Histoire lui rendre justice et qui prédisent, sous peu, qu'il sera regretté. Plus facile que d'analyser les raisons d'un échec après un quinquennat aux résultats peu exceptionnels et à la gouvernance incertaine.

Vanité, avec un grand risque de surdose, des verts qui postulent ouvertement pour être ministres – soit, c'est de bonne guerre – mais en arguant qu'ils sont les meilleurs. Je n'ose imaginer les discours d'Eva Joly et de Cécile Duflot si la première citée avait fait un score … – comment dire ? – acceptable ?

Vanité surtout de tous ceux qui pensent qu'ils ont contribué à la victoire de l'un ou qu'ils n'ont rien à voir avec la défaite de l'autre.

 

V comme Versatilité

On sait l'opinion versatile, l'histoire regorge de ces retournements. Nous venons d'en vivre un bel exemple.

Ainsi, il a suffi que celui qui fut un des présidents les plus mal aimés, dont la côte d'opinion favorable a été la plus basse jamais enregistrée, fasse un discours sobre et digne le soir de sa défaite, puis qu'il invite le nouvel élu à l'accompagner à la cérémonie du 8 mai, pour que, déjà, des voix s'élèvent pour s'en émouvoir et le regretter. Certes, Nicolas Sarkozy a évité le ridicule d'un Giscard d'Estaing théâtralisant son départ. Mais que n'a-t-on pas entendu ? Sortie républicaine, apaisement, cohésion nationale, etc.

Eh oui ! On en arrive à s'émerveiller de ce qui devrait être complètement normal dans une démocratie digne de nom.

Mais, voilà, l'homme honni est déjà vu autrement. Peut-être les prémices d'un retournement spectaculaire. Nicolas Sarkozy personnalité préférée des français dans quelques mois ?

  1. en réalité, elle n'en a qu'un seul, la passation de pouvoir n'ayant lieu que le mardi 15 mai []