J’inaugure avec ce billet une nouvelle rubrique dans laquelle je partagerai un passage de l’Ecriture, probablement le plus souvent de l’Evangile. Je ne suis pas exégète, je ne suis pas théologien. Mais la parole de Dieu est inépuisable et je souhaite la partager. Vous y trouverez donc mes commentaires, ainsi que quelques liens afin de creuser. Si vous n’êtes pas croyant, si vous êtes en plein doute, si vous êtes un peu loin, n’ayez pas peur de vous approcher de la Parole de Dieu : elle est souvent plus simple d’accès qu’on ne croit. Et puis, si vous avez des questions, internet et les librairies regorgent de documents qui pourront vous aider.

Cette nouvelle rubrique apparait comme la catégorie « Parole de Dieu ».

 

L’évangile de ce 3ème dimanche de carême de l’année B est le célèbre passage où Jésus chasse les marchands du Temple. Les 4 évangélistes relatent cet événement mais saint Jean le détaille plus et lui donne une dimension théologique supérieure aux autres évangélistes.

 

Le Temple de Jérusalem

 

Le Temple est le lieu saint par excellence pour les Juifs. Ce grand batiment, dont la première construction a été réalisée environ 1000 ans avant la naissance de Jésus, a été plusieurs fois détruit et reconstruit. Il renferme le saint des saints, lieu dans lequel sont préservées les tables de la Loi, données par Dieu à Moïse.

Des sacrifices d’animaux y sont pratiqués. A proximité du Temple et même dans l’enceinte, des échanges commerciaux ont lieu. Des marchands sont là, sans doute à demeure, comme les marchands de souvenirs proches du Sacré-Coeur ou à Lourdes.

Jésus est allé quelques fois au Temple, notamment quand il avait 12 ans. Puis, lors de cette fameuse scène narrée dans les évangiles.

 

Jésus chasse les marchands du Temple

 

Explusion-marchands-Temple_Luca-GiordanoIl faut lire le passage du chapitre 2 [1], aux versets 13 à 21.

On voit donc que Jésus, arrivant au Temple, fustige et chasse les marchands, renverse leur table et leur monnaie, après s’être fabriqué un fouet de cordes. Cette situation n’est pas habituelle, Jésus ne se commet pas en actes violents, ni même excessif. Au contraire, il n’est que douceur et compassion. On le sent parfois énervé par les pharisiens, mais rien n’a l’ampleur de l’attitude qu’il a ce jour-là.

Notons que nulle part dans les 4 évangiles, il n’est dit que Jésus était en colère. J’ai pourtant toujours entendu dire qu’il avait eu, ce jour-là, une « sainte colère ». L’était-il vraiment ? Probablement, car il a employé la manière forte. Il ne s’est pas contenté de dire à ses marchands que ce qu’ils faisaient n’était pas bien. Non, il les chasse. Il renverse leurs étals. Jésus est intraitable.

Les Juifs sont interloqués. Mais pour qui se prend-il ? Qu’as-tu à nous dire pour justifier ce que tu fais ? Alors Jésus tient des paroles prophétiques que personne ne comprend sur le moment. Mais les apôtres, à la lumière de l’Esprit-Saint reçu à la Pentecôte, se souviendront de ce qui s’est passé ce jour-là. Le vrai Temple, c’est lui. Et vous pouvez le détruire (sous-entendu, vous pouvez me tuer) et moi, avec le Père, je le relèverai (c’est-à-dire que je ressusciterai).

 

Et pour aujourd’hui ?

Comment cet événement me parle-t-il aujourd’hui ? Si j’en juge ce que Jésus nous dit, c’est que les marchands du Temple pervertissent la relation à Dieu. Vous faites de la maison de mon Père une maison de commerce. Alors que la maison de mon Père est vouée à la prière et au recueillement, elle doit favoriser la relation avec Dieu.

Et dans ma vie, qui sont les marchands du Temple qui pervertissent ma relation à Dieu ? Ne laisse-je pas si souvent ces marchands envahir tout l’espace, au point que Dieu est relégué à l’arrière-plan ?

Osons être aussi vigoureux que Jésus le fut ce jour-là. Prenons un fouet et, avec énergie, chassons nos marchands à nous, ceux qui nous empêchent de vivre encore plus près de Dieu. Et, sans nul doute, ce temps de carême est propice à cela.

 


Image 1 : maquette du Temple de Jérusalem à l’époque de Jésus

Image 2 : Tableau de Luca Giordano, vers 1675, Musée de l’Hermitage, (c) http://www.wga.hu

  1. saint Jean place cet événement au début de son évangile, tandis que les synoptiques le placent en fin du leur []