Alors que l'on parle beaucoup de la perte, par la France, du triple A, alors que je ne sais pas dire aujourd'hui si c'est une mauvaise nouvelle ou une non-nouvelle [1], je me suis amusé à chercher ce que pourrait être le triple A des chrétiens. Oh bien sûr, pas de notation, pas de perspectives à court-terme, pas de taux de crédit, juste trois mots commençant par A.

 

A comme Authenticité

L'authenticité devrait être au coeur de l'attitude du chrétien. Etre authentique, c'est d'abord, selon moi, avoir une attitude faite de vérité et de rectitude morale. Savoir éloigner le mensonge de sa vie, savoir accorder son comportement, ses choix, avec ces croyances intimes, celles qu'on a au fond de son coeur. Certes, ce n'est pas simple, et que ne faut-il pas faire comme effort pour rester authentique :

  • Ne pas mentir pour servir ses intérêts ou desservir ceux de mon prochain ;
  • Ne pas avoir une double vie, du style "très sympa à la maison, salaud au boulot" (ou le contraire parfois), ou du style, j'adooore ma femme mais j'ai une maîtresse ;
  • Rester fidèle à ses engagements, petits ou grands ;

Un des grands bénéfices que l'authenticité procure est la liberté. Etre authentique, c'est être en accord avec soi-même et donc être libre. Et la liberté permet vraiment d'avancer vers Dieu…

Jésus a été, évidemment, d'une authenticité totale car il est allé au bout de son engagement en donnant sa vie. Mais, dans l'évangile, il y a un autre personnage qui incarne, pour moi, l'authenticité : c'est le centurion romain qui demande à Jésus de sauver sa fille [2]. "Seigneur, reprit le centurion, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot et mon enfant sera guéri. Car moi, qui ne suis qu'un subalterne, j'ai sous moi des soldats, et je dis à l'un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon serviteur : Fais ceci ! et il le fait." (Ma, 8, 8-9).

 

Accueil

A comme accueil. Je dirais, d'abord et avant tout, accueil de la parole de Dieu. Celle qui nourrit le coeur et l'âme. Nous oublions probablement trop souvent ce que Jésus répondit à Satan, au désert : "Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu" (Ma, 4, 4).

Et puis, aussi, l'accueil de l'autre. De celui qui vient demander de l'aide, qui souffre. Ou même de celui qui a une joie à partager et que nous ne voulons écouter.

Accueil de la vie, de l'imprévu dans nos vies que nous souhaitons si formattées.

 

Amour

A comme amour. Bien sûr !

"Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres." (Jn, 13, 34-35).

Et pourtant, que de difficultés à vivre cet amour. Que de fois la haine et la rancoeur prennent le dessus. C'est pourtant la pierre d'angle de toute vie chrétienne.

 

Pour conclure

Garder ces trois "A" n'est pas facile. C'est même un combat parfois. En perdre un n'est jamais définitif car Dieu, toujours, nous tend la main.

Je souhaite alors à tous les chrétiens de garder leur triple "A" 😉

 


image du site http://leprixdunclou.blogspot.com/

 

  1. les USA ont perdu leur triple A en août 2011 et n'en sont pas (encore) morts []
  2. il y a tant de choses à dire sur ce centurion que cela pourrait faire l'objet d'un billet []