Rassurez-vous, je ne suis pas nostalgique du bon vieux temps où l'Eglise décidait tout et avait une influence très forte sur les choix et les comportements de société. Je ne dis pas que c'était mal, mais je ne pense pas que, forcément, ce fut un temps béni. Mais qui, tout de même, avait quelques avantages.

L'histoire qu'on nous narre en ce moment est assez cocasse et je crois qu'elle en dit long sur le manque de repère de la société, et de ceux qui nous gouvernent. Rendez-vous compte où nous en sommes :

– le divorce est entré dans les moeurs depuis quelques décennies et est même vu comme un progrès de civilisation ;

– on valorise de plus en plus les familles recomposées et re-recomposées, en refusant d'admettre qu'elles sont souvent avant tout décomposées ;

– on nous prépare au mariage homosexuel – c'est inéluctable a dit récemment le ministre de l'éducation – et, par suite, à l'adoption par les couples homo.

Quelle n'a pas été ma surprise lorsque j'ai lu dans l'Express la question suivante : "Faut-il mieux se préparer au mariage ?" Tiens donc, commencerait-on à se poser quelques (bonnes) questions ?

On le sait, le nombre des divorces est très haut. Un mariage sur trois en France finit par un divorce (un sur deux en région parisienne, mais c'est normal, à Paris, ils sont plus forts). Comme le dit l'article, le constat, c'est qu'un divorce, cela coûte cher. A tous les niveaux. Et que si cela a un coût humain, cela a surtout un coût financier. Bref, le divorce vu comme un générateur de précarité. Et ça, pour les finances publiques, c'est pas bon. Un coup à nous faire perdre notre 2ème A.

Donc, le gouvernement, qui réfléchit encore en cette période pré-électorale, voudrait mieux préparer les gens au mariage. Bon, me dis-je, pas mal, effectivement, ce serait bien. Mais une préparation à quoi au fait ? Une préparation pour "(…) faire en sorte que ceux qui choisissent le mariage soient éclairés sur son contenu juridique". Mais alors, c'est une formation pour mieux préparer son divorce, non ? Parce que s'intéresser aux aspects juridiques du mariage, à part pour l'argent ou pour rompre le contrat, je vois mal …

Et d'ailleurs, comme le conclut l'article de l'Express, il est illusoire de croire qu'une meilleure connaissance du code civil fasse baisser le nombre des divorces. Au contraire serai-je tenté de dire ?

Je note aussi qu'on ne parle pas, dans ces articles, des enfants. J'ai pourtant le vague souvenir que le maire en avait parlé. Est-ce dans le code civil ? [1]

L'Etat se rend donc compte qu'une préparation consistant au mieux à remplir quelques formulaires est peut-être un point faible qu'il faudrait épaissir… Et pourrait s'inspirer des préparations au mariage religieux.

Car, oui, l'Eglise a peut-être des choses à dire en la matière. Du genre préparation qui veut dire quelque chose, comme ça. Dans ma paroisse, notre curé a décidé d'accentuer la préparation qui se compose maintenant d'une dizaine de réunions au total. Bien sûr, soyons honnêtes, les "fiancés" ne sautent pas de joie, généralement, quand on leur annonce le programme. Et puis, comme la préparation a pour but de leur faire se poser quelques questions d'importance – sur le sens de leur engagement, sur le dialogue dans leur couple, sur le pardon, etc – on voit l'évolution et souvent – oh pas toujours, bien sûr – ils nous expriment leur satisfaction en fin de parcours. [2]

Je ne suis pas nostalique, disais-je. Pourtant, je suis persuadé que l'Eglise a encore tant de choses intéressantes à proposer à cette société qui me semble partir en lambeaux que je ne boude pas mon plaisir de voir la République Laïque (une sorte de nouvelle religion d'ailleurs) s'essayer à replâtrer ce qu'elle détruit à grands coups de masse.

 

  1. L'heure tardive ne m'incite pas à chercher []
  2. Il faudra que je partage un jour cette expérience de préparation au mariage []