Aujourd’hui, 27 octobre 2011, a lieu la rencontre Assise voulue par le pape Benoit XVI, rencontre qu’il a annoncée en début d’année. Cette rencontre suscite une vive réprobation de la FSSPX qui parle de scandale.  [1]

Voici le scandale en question, dont chacun se fera une idée en lisant le compte-rendu (d’aucuns diront biaisé ?) émis par le service d’information du Vatican [2].

 

 

 

 

En voici quelques extraits [3] :

« Vingt-cinq années se sont écoulées depuis que le bienheureux Jean-Paul II a invité pour la première fois des représentants des religions du monde à Assise pour une prière pour la paix. Que s’est-il passé depuis? Où en est aujourd’hui la cause de la paix? Alors la grande menace pour la paix dans le monde venait de la division de la planète en deux blocs s’opposant entre eux. Le symbole visible de cette division était le Mur de Berlin qui, passant au milieu de la ville, traçait la frontière entre deux mondes. En 1989, trois années après Assise, ce mur est tombé, sans effusion de sang…  »

« Nous savons que souvent le terrorisme est motivé religieusement et que le caractère religieux des attaques sert de justification pour la cruauté impitoyable… Ici la religion n’est pas au service de la paix, mais de la justification de la violence. Qu’en ce cas la religion motive de fait la violence est une chose qui, en tant que personnes religieuses, doit nous préoccuper profondément. D’une façon plus subtile, mais toujours cruelle, nous voyons la religion comme cause de violence même là où la violence est exercée par des défenseurs d’une religion contre les autres. »

« Comme chrétien, je voudrais dire ceci: Oui, dans l’histoire on a eu recours à la violence au nom de la foi chrétienne. Nous le reconnaissons, remplis de honte. Mais il est absolument clair que ceci a été une utilisation abusive de la foi chrétienne, en évidente opposition avec sa vraie nature. Le Dieu dans lequel nous chrétiens nous croyons est le Créateur et Père de tous les hommes, à partir duquel toutes les personnes sont frères et sours entre elles et constituent une unique famille. La Croix du Christ est pour nous le signe de Dieu qui, à la place de la violence, pose le fait de souffrir avec l’autre et d’aimer avec l’autre… C’est la tâche de tous ceux qui portent une responsabilité pour la foi chrétienne, de purifier continuellement la religion des chrétiens à partir de son centre intérieur afin que, malgré la faiblesse de l’homme, elle soit vraiment un instrument de la paix de Dieu dans le monde »

Bien scandaleux que que tout ceci, n’est-ce pas ?

Sauf que l’on va me rétorquer que le Pape peut bien dire ce qu’il veut, ce qui compte, c’est qu’il s’affiche avec les représentants d’autres religions et que cela lui est interdit. Vous lirez la prose des prêtres de la FSSPX, elle vous donnera mille arguments dans ce sens.

Hier, Benoît XVI a dit espérer que « l’exemple de saint François, sur la tombe duquel je prierai demain, soutienne les jeunes tous dans leur fidélité quotidienne au Christ ». Voilà l’important…

 

D’autres scandales ?

Deux pièces de théâtre font actuellement scandale. Je vois renvoie au blog de S. Lemessin qui fournit – merci à lui – la plupart des liens vers les blogs qui se sont penchés sur ces oeuvres « culturelles ». Beaucoup de journaux en parlent : Le Figaro, Le Monde, La Croix, etc.

De l’avis de ceux qui ont vu ces pièces, et selon les échos que l’on peut en lire, ces oeuvres sont clairement blasphématoires, la figure du Christ étant clairement bafoué.

Cependant, faut-il donner écho à ces oeuvres mineures, pour ne pas dire minables ? Dans une société médiatisée à l’extrême, quel beau cadeau est fait à ces pseudo-artistes qui pensent ainsi pouvoir alors se qualifier de rebelle ! [4]

Mais là encore, comme dans tant d’autres domaines, j’ai le sentiment que chacun prêche pour sa paroisse. Il suffit de regarder qui est à l’initiative des manifestations ? Civitas, qui souhaite rechristianiser la France, et le Renouveau Français, qui défend le nationalisme tradionnel et moderne. Deux mouvements, certes catholiques, mais surtout d’extrême-droite (ou en tout cas proche). Ainsi, sous couvert de défendre le Christ bafoué, on lance des actions de type politique pour asseoir sa position. Pas très glorieux donc.

J’ai, vous l’aurez compris, vraiment du mal avec cette approche belliqueuse parée des (faux) atours de la foi.

« Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix. » [5]

  1. Je suis toujours stupéfait par ces gens qui se permettent de juger sans cesse les autres, de ces catholiques, bien sous tout rapport, qui passent leurs temps à juger le Pape : j’aime bien alors relire ce passage []
  2. La déclaration in extenso est ici []
  3. Les passages en gras l’ont été par moi []
  4. Un artiste, c’est bien connu, doit être anti-conformiste []
  5. prière de saint François d’Assise []