Voici 2 ans que débutèrent les discussions entre le Vatican et la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Mercredi 14 septembre 2011, les conclusions de ces discussions ont été closes par un entretien entre la Congrégation de la doctrine de la foi et la FSSPX représentée, entre autres, par son supérieur général, Mgr Bernard Fellay.

Il n'y a en réalité que peu de choses à dire de cet entretien : le compte-rendu diffusé par le Vatican est bref et ne dévoile rien de ce qui s'est dit. Par contre, il dessine ce qui pourrait se passer dans les prochains mois.

Ce que l'on sait

Lors de la rencontre du 14, un document décrivant un "préambule doctrinal" a été remis à la FSSPX qui doit dire si elle l'accepte. La signature de ce document marquerait la volonté forte de réconciliation de la part de la FSSPX. Alors, une solution canonique pour la Fraternité serait mise en place par le Vatican afin qu'elle ait un statut clair et reconnu (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui). A noter que l'ébauche de cette solution a été abordée lors de la réunion du 14."

L'interview de Mgr Fellay suite à cette rencontre n'apporte pas d'éléments précis si ce n'est cette phrase qui montre sans doute que rien n'est fait : "Aujourd’hui je dois à l’objectivité de reconnaître qu’on ne trouve pas, dans le préambule doctrinal, une distinction tranchée entre le domaine dogmatique intangible et le domaine pastoral soumis à discussion." Hors, l'un des leitmotiv de la FSSPX concernant Vatican II est de considérer que ce n'est qu'un concile pastoral (et non pas dogmatique) et qu'il est donc criticable à loisir [1].

Les points importants

Benoit XVI continue donc sa politique des bras ouverts et montre qu'il s'est pleinement engagé dans cette voie étroite de la réconciliation. Tous les catholiques doivent donc le soutenir dans cette démarche. J'ai lu sur un forum que le Pape passait l'éponge après s'être fait insulté par les Tradis. Les insultes, reconnaissons-le, sont rares [2]. Tout démarche de pardon et de réconciliation est coûteuse. Le Pape, à l'image du Christ, s'est engagé dans cette voie, je pense que la FSSPX aussi.

Beaucoup de traditionalistes ont crié victoire en lisant ceci : "(…) tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l'étude et l'explication théologique d'expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère successif." [3] en y voyant une remise en cause de Vatican II. Je ne lis pas cela dans cette phrase, tout au plus une confirmation que les grands textes de ce grand concile peuvent être discutés et doivent être expliqués.

Et demain ?

Alors, maintenant, que va-t-il se passer ? La FSSPX doit se positionner rapidement sur le préambule, avant quelques mois. Si j'en crois J.M Guénois, journaliste au Figaro qui tient un blog, le Pape n'ira pas plus loin parce qu'il est allé au bout de ce qu'il peut proposer. La FSSPX a donc une occasion unique de revenir dans l'Eglise, avec un statut canonique avantageux. [4]

Mais que veut la FSSPX ? Comme beaucoup, j'ai été intrigué par cette diatribe contre le Saint-Père à propos de la prochaine rencontre inter-religieuse qui doit se tenir à Assise le 27 octobre 2011, diatribe plubliée le 12 septembre 2011 par l'abbé de Cacqueray, supérieur du district de France, avec l'imprimatur de Mgr Fellay. Peut-on imaginer un risque de scission au sein de la FSSPX si Mgr Fellay signe le préambule ? Si risque il y a, va-t-il privilégier l'unité de sa Fraternité à la pleine réconciliation avec le Vatican ?

Prions pour que l'Esprit-Saint guide tous les protagonistes et inspirent les décisions qu'ils vont devoir prendre dans les prochaines semaines.

 

  1. il semblerait que le concile Vatican II ne soit pas qu'un concile pastoral, c'est un point que je vais vérifier quand j'en aurais le temps []
  2. j'ai entendu parler d'un dessin paru dans le Chardonnet, journal de l'église St-Nicolas du Chardonnet, montrant que le Pape était inspiré par Satan : si cela est vrai, cette parution déshonore leurs auteurs []
  3. cf. le communiqué du Vatican []
  4. par exemple, calqué sur celui de l'Opus Dei, en ne dépendant que du Pape lui-même. []