Joie de croire, joie de vivre" est un recueil de conférences données par le père François Varillon sur les points majeurs de la foi chrétienne.

Une synthèse des principaux enseignements du père Varillon, organisée par chapitre, est proposée. Le lecteur pourra se référer aux billets suivants :

– Le Père François Varillon, introduction au livre Joie de croire, joie de vivre

– Joie de croire, joie de vivre – Introduction (1/2)

– Joie de croire, joie de vivre – Introduction (2/2)

– Joie de croire, joie de vivre – 1ère partie : Le Christ (1/4)

Joie de croire, joie de vivre – 1ère partie : Le Christ (2/4)

Note : le texte qui suit se veut une synthèse fidèle du livre et, implicitement, les opinions, avis et discours tenus sont ceux deFrançois Varillon. Le texte fera, le cas échéant, explicitement apparaître mes propres commentaires.

La résurrection du Christ est-elle un fait historique ?

Mystère important car la résurrection est au coeur de la foi. Comme la dit saint Paul, "Si le Christ n'est pas ressuscité, notre foi est vaine ou vide" [1].

Histoire et foi

Est-ce que la résurrection, à l'instar de la bataille d'Austerlitz, est un fait historique ? Oui et non. La résurrection est à la fois et indivisiblement, un fait historique et un événement pour la foi. Ce qui est historique, c'est le témoignage des apôtres qui ont proclamé l'avoir vu vivant après sa mort sur la croix. Les apôtres n'ont pas été témoins de l'acte consistant à passer de la mort à la vie éternelle. Le corps de Jésus réssuscité n'appartient plus à notre univers physique de l'espace et du temps. La résurrection de Jésus n'a rien à voir avec la réanimation d'un cadavre, comme celui de Lazare.

Ce que nous pouvons tenir d'historique, c'est le témoignage des apôtres : d'une part, ils ont constaté le tombeau vide ; d'autre part, ils témoignent de la manifestation de quelqu'un qui se présente à eux, sans qu'ils le reconnaissent encore comme étant Jésus vivant. D'ailleurs, s'ils l'avaient reconnu immédiatement, on serait alors dans le cas de la réanimation de Lazare (que tout le monde a reconnu lorsqu'il est revenu à la vie).

Les apparitions, leur objectivité

On ne peut nier les apparitions, sauf à accepter l'idée d'une fourberie concertée. Le problème n'est pas tant la réalité de ces apparitions que leur signification. Certains pensent qu'une apparition n'est autre qu'une hallucination subjective et pathologique.

L'autosuggestion ? Reste à expliquer alors comment la foi des apôtres si fragiles et faibles avant la mort de Jésus a pu être si vive et forte après sa mort. Alors qu'ils se sont éparpillés et ont eu peur après l'arrestation de Jésus, ils ont le courage de prêcher ensuite qu'Il était ressuscité, courage allant souvent jusqu'au martyr.

Dans les cas d'hallucination, l'initiative vient du sujet lui-même. Dans le cas des apparitions, l'initiative ne vient pas des apôtres mais du Christ. Jésus s'est fait voir, s'est donné à voir.

Peut-on alors comparer ces apparitions aux expériences mystiques ? Oui, car l'expérience mystique est celle du divin, et cela est vraie autant pour sainte Thérèse ou sainte Bernadette que pour les apôtres. Mais non, car ce que les apôtres vivent est unique. Ils reconnaissent jésus comme étant bien celui avec lequel ils avaient vécu avant sa mort. Bernadette ne reconnait pas Marie comme une femme avec  laquelle elle avait gardé les moutons. Les apôtres vivent l'expérience unique de la continuité entre la vie mortelle de Jésus et son existence de Ressuscité.

La genèse de la foi chez les apôtres

Premier temps : ils ont rencontré Jésus, dans sa vie terrestre (et donc mortelle), ils l'ont suivi, ont cru en lui comme Messie annoncé et sauveur de leur nation.

Deuxième temps : leur foi, fragile, subit l'épreuve terrible de la mort infamante de Jésus. Ce fut pour eux la fin d'un rêve. Ils sont dans le désarroi total, ils n'espèrent plus en rien. Il faut relire le passage des disciples d'Emmaus dans saint Luc.

Troisième temps : quelqu'un se présente à eux et leur explique les Ecritures en les appliquant à sa vie passée et à sa mort. Il leur explique ce que les Prophètes avaient annoncé au sujet du Messie qui devait souffrir et mourir. Leur foi renaît. Mais ils n'accèdent à la résurrection que par un acte de foi (alors qu'aucun acte de foi n'a été nécessaire pour reconnaître Lazare sortant du tombeau).

Les tentations de l'incroyant et du croyant

L'incroyant va s'en tenir aux quelques faits : un tombeau vide, des apparitions dont les apôtres témoignent. Le tombeau vide n'est pas décisif : comme le relate Matthieu, on accuse les apôtres d'avoir volé le corps de Jésus et de prétendre qu'Il est ressuscité. Les apparitions sont interprétées par l'incroyant comme des phénomènes hallucinatoires ou d'autosuggestion. Sans connaître le sens du fait, on en vient à dissoudre le fait.

A l'inverse, et c'est la tentation du croyant, il ne faut pas majorer la donnée historique. Le tombeau vide n'est pas une preuve de la résurrection du Christ. Pas plus que les apparitions ne permettent de reconnaître instantanément Jésus. La résurrection de Jésus n'est pas purement et simplement un fait historique. Elle suppose un acte de foi. Et la foi est libre, sans quoi ce n'est pas la foi !

 

  1. 1 Co 15,15 []