Les moeurs de nos stars, relayées par la bien-pensance, ne lassent pas d'étonner. Je viens donc de découvrir ce qu'est la GPA. La GPA, c'est la Gestation Pour Autrui. Cet article vous donnera l'essentiel de ce que cela recouvre.

Au départ, il semble que cette méthode a été proposée pour les couples ne pouvant avoir d'enfant dans le cas d'absence d'utérus. Une mère porteuse – mais n'apportant pas son bagage génétique – est alors choisie pour effectuer la gestation. Bon, assumer une grossesse durant 9 mois, accoucher pour immédiatement "rendre" l'enfant à ces géniteurs pose déjà, de mon point de vue, un problème.

[Je faisais référence à un billet du blogeur Bruno-Roger Petit qui a été supprimé]

Les arguments d'ordre juridique visent à pourfendre le fait que la GPA est interdite en France. Car la GPA est interdite en France. Mais pas pour tous, puisque certains, sans doute les plus fortunés, vont dans les pays où elle est permise. La loi française ne reconnaît pas ces enfants-là puisque nés d'une mère étrangère et sans procédure d'adoption. Pour la France, ces enfants-là sont inscrits à l'état civil du pays où ils sont nés. Donc, sous prétexte que ces enfants-là sont nés, vivants, qu'ils n'ont rien demandé à personne, il faut donc qu'une loi accorde le droit à la GPA. Raccourci facile. Faut-il, sous prétexte que quelques uns contournent la loi, que celle-ci soit abrogée sous prétexte que les conséquences du contournement posent des problèmes ? A ce compte-là, on pourrait facilement justifier la légalisation de la drogue, du proxénétisme, etc.

Par ailleurs, les Français seraient favorables à 65% selon un sondage. Ah, ces merveilleux sondages que l'on sort lorsqu'ils sont favorables ! Oui, d'ailleurs, il y a des sondages qui montrent que les Français sont favorables à la peine de mort. Faut-il la rétablir ?

Enfin, la loi étant permise dans certains pays étrangers et donc, mondialisation oblige, permettant à quiconque d'aller dans ces pays-là, il faudrait donc que la France suive le mouvement… Là aussi, on pourrait prendre certains contre-exemples facilement.

Mais le plus désolant dans cet article, c'est l'aspect éthique et personnel. On est en train d'inventer un "droit au désir d'enfant". Ben oui, mon désir est un droit. Quelles qu'en soient les conséquences, quelles qu'en soient les contraintes. Ce narcissisme érigé en valeur première me semble être un des points qui minent notre société. Je connais des couples qui n'ont pu avoir d'enfants, qui en ont souffert. Mais qui ont courageusement accepté cette épreuve imposée par la vie, d'autant plus difficile à vivre qu'elle contrecarrait un désir fort d'avoir des enfants. Ici, on a une vedette qui, pour certaines raisons que je ne connais pas, a choisi de faire appel à une mère porteuse. Qui a contourné la loi. Et il faudrait que ce caprice de star fasse jurisprudence ?

Mais le pire du pire est l'aspect financier. Car ces mères porteuses reçoivent de l'argent, apparemment de fortes sommes, pour effectuer la grossesse. Est-ce un effet pervers du libéralisme mondial que de considérer ce procédé comme normal ? Tout se monnaye, tout se vend, tout s'achète… Même ces enfants considérés comme des biens marchands !

Pour finir, pensons à cette petite fille : une mère biologique, une mère porteuse, un père biologique et "adoptif". Y a-t-il une mère "adoptive" ? Un autre père "adoptif" ?

Aucune limite, le narcissisme érigé en vertu, les désirs en justification de tout : ce modèle de société-là ne m'enchante guère…

 

Nota du 6 mars 2012 : suite à l'injonction de l'avocat d'une personnalité citée dans ce billet, l'article et les commentaires ont été modifiés afin qu'aucune mention ne soit attentatoire à la vie privée de l'éminente personnalité.

 


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