J'ai eu l'occasion plusieurs fois ici d'évoquer la question du pardon, que ce soit en famille, ou dans le cadre d'affaires criminelles, ici et . Le pardon est sans doute un des points sur lesquels nous butons tous.

J'ai lu avec un très grand intérêt cet article du Figaro sur les époux Chenu. Ces parents ont eu la douleur de perdre leur fils, assassiné par 3 jeunes meurtrieurs, skinheads de leur état au moment de fait. Ils ont entrepris une démarche de dialogue avec les meurtriers, dont l'article donne quelques détails.

Deux points me semblent importants :

  • La réticence et les critiques des proches, ainsi que de l'administration pénitentiaire ; c'est au fond assez normal, tant cette démarche va à l'encontre de ce que je crois ancré dans le coeur de l'homme de toute éternité : la réponse du mal par le mal, la volonté de rétablir une sorte d'équilibre lorsque on a été blessé ; une démarche (libre) de pardon vers un ennemi est d'une telle radicalité qu'elle ne peut qu'engendrer l'incompréhension ; rappelons-nous Pierre demandant à Jésus combien de fois fallait-il pardonner, pensant que Jésus ne mettrait pas la barre trop haut ; 
  • La réaction d'un des meurtriers : il confie qu'il ne pensait pas cette «main tendue» vers lui possible. «Je ne sais pas si vous pourrez me pardonner», écrit-il.

Magnifique témoignage d'une démarche dont j'imagine la difficulté, dont chaque pas doit raviver la douleur du fils perdu, mais qui les rapprochent du Père.

Et cette lancinante question : que ferai-je, moi, en pareille situation ?