Hier, premier dimanche de carême, avait lieu dans tous les diocèses de France, l'appel décisif des catéchumènes.

C'est la première fois que j'assistais à une telle cérémonie. Le déroulement en est assez simple : chaque catéchumène du diocèse (ils étaient 52 hier, réunis à Toulouse), à l'appel de l'évêque, se présente devant lui et la communauté, et, en une ou deux phrase, explique les raisons de sa demande. L'évêque lui répond, souvent sur la base de la lettre écrite par le catéchumène et envoyée à l'évêque.

J'ai été touché devant toutes ces personnes, de toutes origines et de toutes conditions, qui ont décidé de demander le baptême. En quelques phrases, c'est l'essence d'une vie qui est résumée : vie souvent perdue, parfois abîmée, souvent vide, vide de sens et vide d'amour. Et toujours, l'espérance que le baptême leur ouvrira des horizons nouveaux. L'évêque les a rassuré : c'est à une renaissance à laquelle ils auront droit !

Moi qui ai été baptisé à l'âge de 2 mois, moi qui ai reçu une éducation religieuse, je suis plus qu'admiratif devant ces personnes qui, adultes, font le choix, assez radical aujourd'hui, de demander le baptême. Et ce choix n'est sans doute pas aussi facile qu'il peut paraître.

Hier, en ce premier dimanche de carême, nous entendions l'évangile de saint Matthieu [1] dans lequel Jésus, après 40 jours de jeûne, fut tenté par Satan. Saint Matthieu dit même que l'Esprit Saint a conduit Jésus pour être tenté. Ni saint Marc, ni saint Luc ne lient l'action du Saint Esprit à la tentation [2]. Ce temps de carême nous invite nous aussi à aller au désert, à s'éloigner de monde qui bruit, pour aller à l'essentiel. Pourtant, ce ressourcement, ce re-centrage de nos vies, ne se fera pas sans un combat spirituel que nous avons à mener. Sans avoir à faire le choix, libre, d'aller vers Dieu. Ce que fit Jésus, vrai homme, à ce moment-là.

Ce que firent aussi, sans doute à des degrés divers, de nombreux catéchumènes. Ce que nous sommes tous amenés à faire, à un moment ou à un autre de nos vies. Mais avec la promesse, à chaque fois renouvelée, qu'au bout de nos chemins, qu'à chaque combat mené et gagné, il y a la renaissance !

  1. Mt 4, 1-11 []
  2. ils se contentent de dire que Jésus fut conduit au désert par l'Esprit Saint []