Aujourd'hui, dimanche 6 février 2011, dans tout le diocèse de Toulouse, nous étions invités à vivre un dimanche autrement.

Qu'est-ce qu'un dimanche autrement ? C'est un dimanche où les paroissiens sont invités à ne pas s'enfuir dès que la messe est finie, c'est un dimanche où ceux qui ne pratiquent que peu sont invités à venir, c'est un dimanche où nous sommes invités à vivre comme une communauté chrétienne.

Dans notre paroisse de l'Immaculée-Conception – mais sans doute, cela se passe de la même manière partout – nous avons plusieurs temps. D'abord la messe. Puis un apéritif suivi d'un repas pris en commun. Durant l'après-midi, plusieurs ateliers sont proposés : lecture de la parole de Dieu, chant, partage et enseignement sur une lettre encyclique de Benoît XVI  (Deus caritas est), etc. Enfin, les vêpres pour clore la journée.

Pourquoi cette journée est réjouissante à plus d'un titre ? Ou pourquoi, devrais-je dire, me réjouit-elle autant ?

D'abord, elle permet de vivre une expérience de fraternité. Et de nos jours, même dans l'Église, ce n'est pas si courant. Fraternité autour du repas partagé. Fraternité autour des partages et des paroles échangées. Fraternité dans la prière. La fraternité est aussi ouverture et les deux ou trois clochards qui font la manche devant l'église sont invités aussi. Et voir les prêtres, les soeurs, les paroissiens et les clochards du quartier à la même table est profondément réjouissant.

Ensuite, cette journée – et parce qu'elle est fraternité – attire des personnes qui viennent peu à l'église. Ma fille a pu convaincre quelques copines qui ont convaincu ensuite leurs parents de venir. Qui en ressortent enchantés, touchés. Et souvent interpellés par cette alliance entre moments de convivialité, de réflexions et de prière. Cela va souvent à l'encontre de l'image qu'ils ont de l'Église. Alors, sans verser dans une naïveté béate, je me réjouis qu'ils repartent chez eux avec quelque chose dans leur coeur qu'ils n'avaient pas en arrivant. Qu'en feront-ils ? Rien, peut-être. Ou alors dans longtemps. Qu'importe. Un jour, ils se souviendront de ce qu'ils ont vécu et vu ce jour-là.

Comment mieux conclure une telle journée qu'en relisant la lecture du jour, du livre d'Isaie (58, 7-10) : "Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. », si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi.