Je suis souvent frappé, lorsque les gens parlent de leur divorce, de cette façon de se disculper de tout problème néfaste pouvant affecter leur entourage proche. Si je peux comprendre que les parents et amis n'entrent pas au premier chef de leurs considérations (même s'ils peuvent être réellement meurtris par cette annonce), je le comprends évidemment beaucoup moins, pas du tout même, pour les enfants.

Pourtant, combien de fois ai-je entendu dire : "oh vous savez, cela se passe très bien, nous faisons tout pour que notre enfant n'en subisse aucune conséquence. Et puis, vous savez, il vaut mieux ça que de se disputer devant lui" ? Plus d'une fois. En réalité, je pense même que c'est assez systématique.

Alors que répondre à cela ? Que la réalité est sans doute très éloignée de cette affirmation ? Qu'il est moins certain que les enfants aillent aussi bien que cela… J'ai eu la chance de ne pas avoir de parents divorcés. Et qui pourtant se disputaient souvent. Situation qui me semble bien préférable, quoiqu'on en dise.

Comment peut-on imaginer un seul instant qu'un enfant ne soit pas perturbé par la séparation des deux personnes qui lui ont donné naissance ? Par le fait de ne plus voir son père ou sa mère régulièrement ? D'être pris à parti, même implicitement, entre deux personnes qui se déchirent ? D'être obligé, souvent, de déménager ? De devoir ensuite être confronté à la nouvelle compagne du père, au nouveau compagnon de la mère, qui viennent en passant les premières fois, puis restent, puis qui amènent leurs propres enfants… ?

Il me semble que c'est assez symptomatique de notre époque : valoriser les situations personnelles les plus complexes, souvent les moins saines, qui ont un impact fort sur les autres, et ensuite expliquer qu'elles n'ont aucune conséquence.

Pourtant, une étude vient d'être faite qui montre que les enfants, même en cas de divorce par consentement mutuel, donc supposé être moins traumatisant, souffrent. Et ce ne sont pas de psys ou des médecins qui le disent. Ce sont eux. Eux à qui l'on a donné (enfin) la parole, eux âgés de 18 à 56 ans. Vous trouverez tous les résultats sur le site de l'Union des Familles en Europe (UFE), dont la Croix (un peu) et le Point (beaucoup) se sont faits l'écho. Toutes les conséquences sont évoquées.

On dira ensuite que l'Église est ringarde en n'autorisant pas le divorce…

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L'image est de John Bullas