Récemment, une requête a été portée au Conseil Constitutionnel par deux femmes afin d'obtenir l'autorisation du mariage homosexuel. Ce que les sages ont refusés.

Plusieurs sentiments m'animent quand on parle de ce sujet. Je ne suis jamais, je l'avoue, très à l'aise quand je dois défendre mon opposition à ce droit revendiqué. D'une part, il va à contre-courant de la société, et mes capacités de nageur en eaux contraires sont sans doute assez faibles, d'autre part parce que je ne veux pas céder à la tentation de la discrimination a priori. J'essaye donc de me forger une réflexion que je peux ensuite exposer.

En préambule, je me sens obligé de dire que je ne suis pas homophobe. L'homosexualité m'est étrangère, je ne l'approuve pas, mais j'accepte volontiers de rencontrer, de parler, de manger, de rire avec des gays. Donc, à ceux qui serait tenté de voir dans le catho que je suis le prototype de l'homophobe de base se trompe.

Je reconnais quelques arguments avancés par les tenants du mariage entre personnes homosexuelles. Dont l'un qui traite de la question de l'héritage à son compagnon ou sa compagne. On le sait, le droit civil accorde aux personnes mariés la possibilité de se léguer des biens sans que l'état vienne prendre des droits de succession dépassant l'entendement. Car finalement, arguer du droit du mariage homosexuel sur la base de l'héritage montre surtout que le problème est ailleurs. Il est dans le fait qu'on ne peut léguer ses biens ou son argent à personne, hors les personnes en lignage direct, sans être fortement taxé par l'Etat. Cela n'est pas le sujet, mais je comprends que le problème se pose pour ces couples homos ayant passés une vie ensemble.

Mais le mariage dépasse largement ce seul cadre juridique et fiscal. Le mariage (civil) définit un ensemble de règles entre deux époux, de droits et des devoirs, notamment ceux concernant les enfants. L'article 371-1 dit que "L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient au père et à la mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité."

Ainsi le mariage, même civil, est orienté vers l'éducation des enfants, qui en est donc une des finalités (même si tous les couples mariés n'ont pas d'enfant). Et c'est bien cela qui me gêne dans la revendication du mariage homosexuel : c'est la revendication suivante qui est celle de l'adoption. Alors je sais bien qu'il y a déjà des moyens de contourner l'interdiction de l'adoption, mais légiférer sur l'adoption par des couples homos me semble dangereux.

Car un enfant naît d'un père et d'une mère. Nier cela, c'est nier une partie de son identité. Pourquoi un enfant devrait-il subir cette amputation-là ? Je ne comprendrais pas que le législateur ouvre cette possibilité. De plus, un homme et une femme représentent une altérité fondamentale et fondatrice. La nier ou la gommer, c'est admettre qu'un enfant peut  grandir et croître avec deux pères ou deux mères. Oh je sais, l'on dit – et je le crois volontiers – que deux pères ou deux mères peuvent donner beaucoup d'amour. Certes. Mais ils ne pourront jamais donner ce qu'ils ne sont pas.

Je ne suis pas dupe. Le droit au mariage homo sera sans doute l'un des thèmes importants de la campagne présidentielle de 2012. Et l'on tentera d'opposer les ringards d'un coté, les progressistes de l'autre. Les politiques et les citoyens devront alors dire ce qu'ils veulent pour notre société, déjà tant en mal de repères : attaquer encore un peu plus les fondements de la famille – pourtant ô combien stabilisatrice dans une société – ou marquer des limites aux revendications des minorités ? Nous verrons bien et aurons l'occasion d'y revenir.