Je reprends textuellement le titre du message que le pape a diffusé le 1e janvier 2011. Je vous invite à lire le texte du message intégralement car, d'une part c'est un texte fort, à lire et à méditer, d'autre part je gage que nous allons en entendre parler dans les mois à venir et que 2011 marquera un tournant dans le pontificat de Benoît XVI.

Tout d'abord, un bref résumé de ce message. Tout d'abord y est défendu le principe même de liberté religieuse qui s'enracine dans la dignité même de la personne humaine. Le droit de croire est un droit inaliénable : "Quand la liberté religieuse est reconnue, la dignité de la personne humaine est respectée à sa racine même". S'ensuivent plusieurs paragraphes sur le lien entre la religion et la dimension publique de la religion, et comment les États doivent permettre cette liberté religieuse sans verser ni dans la laïcisation absolutiste, ni dans le fondamentalisme religieux et le fanatisme qui lui est lié. Le pape appelle au dialogue entre l'Église et toutes les communautés religieuses afin d'éliminer toutes les formes d'hostilité envers ceux qui pratiquent une religion, et aller au-delà de la haine et des préjugés. Il s'adresse enfin à tous ceux qui souffrent de persécutions dans le monde.

Pourquoi allons-nous entendre beaucoup parler de ce message ? Parce que le Pape invite les leaders des grandes religions à venir à nouveau à Assise en octobre 2011, à l'occasion du 25ème anniversaire de la rencontre avec les représentants des diverses églises et communions chrétiennes et des autres religions venus à Assise pour la journée de prière pour la paix (27 octobre 1986) [1]. C'est donc un geste fort et rare et l'on sait ce que les medias y donneront comme écho. Dans la foulée de JMJ de Madrid en août, ce sera assurément l'autre événement fort de l'année.

Cependant, ce geste, s'il sera apprécié de la majorité des catholiques et des chrétiens, sera vilipendé par les Traditionalistes. A vrai dire, l'hallali a déjà sonné, comme ce communiqué paru le jour même de la publication du message du Pape. Ce communiqué est signé par la FSSPX qui, je le rappelle, conduit des discussions doctrinales sur le concile Vatican II avec le Vatican. Bref, il est clair que le rapprochement n'aura pas lieu car le geste du Pape est jugé comme un affront. Ceux qui rêvaient que le Pape revienne à avant Vatican II en seront pour leur frais. Ceux qui ont douté du Pape – j'avoue moi-même avoir été interpellé par le geste du Pape envers les Traditionalistes, considérant qu'il en faisait un peu trop même si je pressentais l'échec quasi assuré des discussions – seront rassérénés de voir qu'il n'en est rien. Ce pape suit sa route, avance mais cède finalement peu à ceux qui rêvaient de le voir renier les 40 dernières années de la vie de l'Église.

Le monde d'aujourd'hui montre que les chrétiens sont plus victimes qu'aucun autre groupe religieux d'agression, de violence et de sujétion. Ouvrir la voie du dialogue avec les autres groupes religieux est une nécessité impérieuse. Comme le Pape l'a dit dans son message : "Le chemin ainsi indiqué n’est pas celui du relativisme ou du syncrétisme religieux. (…) Cela n’exclut pas cependant le dialogue et la recherche commune de la vérité dans divers milieux vitaux, car, selon une expression souvent utilisée par saint Thomas d’Aquin, "toute vérité, qui que ce soit qui la dise, vient de l’Esprit Saint" ". [2]

Jean-Paul II a-t-il renié le Christ ? S'est-il converti à l'hindouisme ou à l'Islam ? Où est le danger ? Comment des personnes se référant à Jésus dont la vie terrestre n'a été que dialogues avec les étrangers, les laissés-pour-compte, les prostituées, les Juifs pratiquants, les zélotes, les Romains, peuvent voir du danger dans une prière commune avec les autres.

Lorsque j'étais étudiant, il m'arrivait d'être invité par des amis juifs à la prière du vendredi soir. Je ne comprenais pas les prières récitées en hébreux, je priais Jésus dans mon coeur et récitais pour moi-même un Notre-Père.

  1. Vous pouvez lire aussi la lettre de Benoit XVI à l'occasion du 20ème anniversaire de la rencontre d'Assise []
  2. Super evangelium Joannis, I,3 []