Le 12 janvier 2010, un terrible tremblement de terre terrassait Haïti, principalement la ville de Port-au-Prince, et faisait entre 250 000 et 300 000 morts.

Certains de mes collègues avec qui je travaillais sont morts. Peu ont été épargnés, quasiment tous ont perdu qui un enfant, qui un parent, qui un cousin.

L’émotion avait été grande. J’avais cru, moi aussi, à cet élan de solidarité international. J’ai espéré qu’on aiderait tous les Haïtiens à repartir, que dans dix ou vingt ou cinquante ans, Haïti serait débarrassé de ses vieux démons, qu’elle pourrait offrir un avenir décent à ses enfants.

Les chefs des états du monde entier s’étaient précipités pour apporter leur soutien, s’engageant à fournir une aide massive et efficace. Des milliards d’euros avaient été promis. Un an après, seuls 5% des gravats ont été évacués ; un an après, 1 million et demi de personnes vivent encore sous des tentes ; 1 an après, seuls 10 % des sommes promises ont été données.

A cela s’ajoute l’incurie de ce qu’il reste d’Etat à Haïti, décrié avec vigueur par l’écrivain Lyonel Trouillot.

J’ai honte. Honte de ces gouvernants, de tous pays y compris d’Haïti, qui promettent tant devant les caméras et qui font si peu ensuite. J’ai honte d’avoir fait si peu.