Avant d'évoquer le 8e commandement, un bref mot pour vous confirmer ce que vous avez sans doute déjà noté, à savoir la légère léthargie qui affecte ce site. Un surcroît de travail, 2 semaines complètes passées en déplacement professionnel, la lassitude de fin d'année : bref, vous comprendrez pourquoi je suis moins actif. Je compte néanmoins être plus actif et je réfléchis à l'évolution de ce blog, si évolution il doit y avoir.

Alors, ce 8e commandement, que dit-il ? "Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain". Ce 8e commandement est souvent énoncé par : "Tu ne mentiras pas" mais il me semble que la première formulation est plus précise et montre bien les conséquences du mensonge. On ne voit souvent dans le mensonge qu'un pis aller, qu'une façon parfois nécessaire de se protéger, sans autre conséquence qu'un travestissement, que l'on juge souvent bénin, de la vérité.

Le mensonge est toujours plus que ce qu'on voudrait qu'il soit. Il abaisse celui qui le profère, il porte atteinte à ceux qui sont concernés.

L'actualité nous offre deux exemples. Deux exemples de gravité différente. Ce matin, j'écoutais Eric Woerth, invité sur Europe 1. Le journaliste lui demande comment il vit le fait d'avoir été débarqué du gouvernement. "Mais non, répond-il, cela ne s'est pas passé exactement comme cela". Ah bon ? Quelques jours avant le remaniement, il déclare qu'il veut et qu'il espère rester au gouvernement, déclarations qu'il a confirmé. Puis il passe à la trappe. Puis le président déclare ensuite que M. Woerth lui a demandé de quitter le gouvernement. Qui ment ? Peu importe,dira-t-il en substance, puisque "les choses ne se sont passées exactement comme cela".

Plus grave, le procès des sept policiers jugés par le Tribunal de Bobigny pour avoir accusé à tort un homme d'être responsable d'avoir renversé avec sa voiture un policier. Alors que ce policier avait été, en réalité, renversé par une voiture de police. Cet homme risquait tout simplement la perpétuité pour tentative d'homicide sur fonctionnaire de police. Ces policiers ont été condamnés pour avoir falsifier le procès-verbal. Émotion du Ministre de l'Intérieur et des syndicats de policiers. Pensez donc ! Être condamné à de la prison pour un mensonge ? Mais où va-t-on ?

Ne pas mentir aux autres. Ne pas porter de faux témoignage contre son prochain. Ne pas mentir à soi-même. Le message de l'Église est-il si ringard ?