J'aime bien le blog de Bruno Roger-Petit. Non pas que je sois toujours d'accord avec lui – je ne lis pas les blogs ou les journaux avec cette optique-là – mais parce que j'aime bien sa façon de décrypter le microcosme du monde politique et de la société. Ses billets sont très souvent intelligents, bien écrits, et dénoncent les tartuffes de tout poil. Même si je ne partage pas certaines de ses positions.

Son billet sur le kiss-in prévu par la communauté homo lors du voyage du Pape à Barcelone est, de ce point de vue, excellent. Juste un extrait : "On est chaque fois décontenancé par les choix politiques des organisateurs de "kiss-in", choix systématiquement sélectifs, qui évitent de s'en prendre aux représentants des religions juive et musulmane (qui sont sur la même ligne dans ce domaine) et ceux des États les plus répressifs. Seuls les catholiques sont visés. Provoquer le pape, est-ce donc cela le nec plus ultra de la révolution rebelle piquante et amusante ?"

Voilà, c'est dit et c'est bien dit. De la part de quelqu'un qui n'est pas catholique.

La communauté gay de Barcelone est très "puissante" apparemment, je l'évoquais dans un billet précédent. Et finalement, contrairement à ce que dit BRP, c'est peut-être la preuve, malgré tout, que le Pape et l'Église comptent encore en tant que repère moral. Qu'on est libre, évidemment, d'accepter ou de refuser. Mais quand on fait autant d'effort pour contester cette autorité, c'est qu'elle parle encore au monde.

Dénonçons cette tartufferie ! Quand je lis : "un baiser peut encore être considéré comme un acte révolutionnaire au XXIe siècle", je pense à ces Chrétiens d'Irak, et plus généralement ceux en terre islamique, qui vivent leur foi la peur au ventre et qui la payent parfois au prix de leur vie.

A Barcelone, un coup de vent de travers et, sans doute, les révolutionnaires du XXIe siècle s'éparpilleraient comme des moineaux apeurés…