N'étant pas assez disponible pour fouiller les articles, j'avais lu très rapidement une manchette du Figaro à propos du message délivré par le pape Benoit XVI à l'occasion de la 97ème journée du migrant et du réfugié.

Cette manchette disait : "Immigration : Benoît XVI met un terme à un malentendu [1]" et mettait l'accent sur la légitimité des Etats à limiter les flux migratoires et du devoir des immigrés à respecter le pays qui l'accueille. Certes, le Pape dit bien cela, mais il dit tellement d'autres choses.

Il insiste sur le fait que tous les hommes font partie d'une même famille, que l'amour fraternel doit prévaloir. Il rappelle un point important, trop souvent oublié, de la cause des phénomènes migratoires : "En effet, comme l’observait déjà le Serviteur de Dieu Paul VI, «le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples» est la cause profonde du sous-développement (Enc. Populorum progressio, n. 66) et – pouvons-nous ajouter – il influe fortement sur le phénomène migratoire."

L'amour fraternel envers les immigrés est pour moi très bien exprimé dans le film de Philippe Loiret "Welcome" dont je vous avais déjà parlé dans ce billet.

Bref, lisez ce texte, comme souvent, cela vaut mieux que les raccourcis que certains en font, à dessein. Il y a un très beau paragraphe sur les étudiants étrangers.

Je sais que la situation est très complexe, je sais qu'un Etat, comme un particulier, est "obligé" de mettre une limite à sa générosité. C'est bien cela, finalement, le drame des Chrétiens. Car Jésus, Lui, nous a demandé de ne jamais mettre de limite à notre amour et à notre soucis de l'autre, plus petit, plus faible, plus fragile.

  1. parue le 26/10/2010 sur le site du Figaro []