Le-lieu-du-combatJ’ai découvert ce texte il y a fort longtemps, lorsque j’étais étudiant. Je me souviens du fort effet qu’il m’avait fait, parce qu’il donnait un éclairage nouveau à ma foi. Le texte fait partie du livre Le lieu du combat [1] mais je l’avais lu à l’époque dans la revue Christus.

Ce texte s’intitule : « Tu commenceras par le respect », vous pouvez le lire ici. Il est intéressant parce que Dieu nous explicite certains commandements du Décalogue et essaie de le ramener, non pas à des commandements impératifs ou incompréhensibles, mais à des attitudes très concrètes de notre quotidien.

J’aime beaucoup le passage sur les parents : « et même s’ils ne vous ont pas voulu et désiré – ou s’ils vous ont transmis leur mal et leur misère – ils vous ont donné la vie, quelque chose de ce qui les dépasse et vient de moi est passé en eux, et vous êtes nés, vous qui, sans eux, ne seriez pas. Ainsi, vous serez (peut-être à grand prix) réconciliés avec eux. Tu honoreras ton père et ta mère. » Quiconque vit des relations difficiles avec ses parents peut trouver du réconfort dans cette façon de comprendre le « Tu honoreras ton père et ta mère » que j’ai eu toujours du mal à comprendre en pensant aux enfants mal-aimés, méprisés, humiliés, violentés.

J’aime beaucoup le « (…) vous ne traiterez personne de bourgeois, de nègre, de raton, de moricaud, de flic, de bolchevik – sachant d’ailleurs que ce qui dans votre bouche est injure peut être pour lui dignité. » Nous qui pouvons si facilement – surtout sur internet [2] – invectiver l’autre, l’apostropher, le traiter de divers noms d’oiseau !

Et combien me parait essentiel le « (…) vous serez disponibles à ce qui vient, attentifs à ce qui est sans prix. Vous réserverez soigneusement la place de ce qui est gratuit, que vous ne pouvez ni acheter ni vendre, la place où je suis.« 

La conclusion résume très bien, selon moi, les exigences de l’évangile et rejoint finalement ce que pouvait dire le père Varillon sur le discours sur la montagne [3] : « Vous commencerez par le respect. Alors vous sera donné d’entrer dans ce chemin de l’impossible, où vous souffrirez extrêmement et où nul ne vous ravira votre joie. Telle est la porte de mon bonheur.« 

  1. Le lieu du combat, chez Desclée, 1976 []
  2. y compris sur les sites catholiques []
  3. voir le 3ème volet de Joie de croire, joie de vivre []