Ce matin, j'ai été un peu interpellé par un article du Figaro intitulé "Aider les écoles catholiques à intégrer les musulmans". Déjà, le titre. Je sais que le mot intégration est à la mode, je n'ai rien contre a priori, mais, franchement, il me semble que les écoles catholiques ont d'autres priorités que cette intégration-là. D'ailleurs, que dit l'article ? Qu'il s'agit plus de gestion que d'intégration. Eh oui, et c'est là que ce qui est relaté dans cet article me gêne, c'est qu'il ne s'agit pas d'actions entreprises pour que les personnes de confession musulmane s'intègrent – comme le suggère le titre de l'article – mais d'actions afin de gérer la différence entre les deux confessions, et éviter tous conflits. L'article cite quelques exemples édifiants [1] qui reflètent, à mon sens, l'échec quasi certain de l'approche suivie.

Que l'enseignement catholique soit accueillant, c'est très bien (d'ailleurs la loi le lui oblige). Qu'il se dénature entre choisissant le plus petit dénominateur commun est, à mon avis, une erreur et j'ai l'impression que la priorité devrait être ailleurs et notamment dans une approche catéchétique digne de ce nom : la plupart des enseignantes ne connaît rien au catholicisme, beaucoup de familles – et donc d'enfants – ne sont pas catholiques, ni même chrétiennes. Personne n'est obligé de venir mettre ses enfants dans un établissement catholique. Personne n'est obligé de croire à la religion catholique. Je trouve un peu fort de café que ces mêmes personnes se permettent de ne pas accepter le fonctionnement d'une école dite catholique. Mais ce qui me désole le plus, c'est qu'on essaie de s'adapter à ces personnes-là alors qu'il faudrait juste affirmer ce que l'on est.

J'ai été un peu rasséréné par l'interview de Mgr Bruguès dans La Croix qui dit : "L’école catholique confesse également une foi particulière : la foi catholique est pour nous une référence indispensable. À mon sens, dans le « grand marché éducatif », il n’y aura d’avenir pour nos établissements que s’ils sont réellement catholiques."

Il me paraît hautement souhaitable, voire impératif, que ce soit ceux qui entrent dans une école catholique – élèves ou enseignants – qui s'adaptent et respectent les règles plutôt que ce soit à l'école de s'adapter à toutes les diversités. Je ne sais plus qui a dit qu'il fallait "bâtir sa maison sur le roc"…

  1. comme ce père qui a fait retirer la crèche parce que cela le heurtait ! []