Je suis tombé par hasard sur cet article, intéressant pour ce qu’il donne à montrer de la société d’aujourd’hui. Il s’agit d’un dialogue entre l’écrivain Pascal Bruckner et la journaliste Laurence Ferrari, à propos du dernier livre de M. Bruckner intitulé « Le Mariage d’amour a-t-il échoué ?  » (éd. Grasset). Le mariage d’amour a-t-il un sens ? Et, surtout, a-t-il un sens dans la durée ? Visiblement non, puisque le nombre de divorces est passé de 10% en 1965 à 50% aujourd’hui. Quand on n’aime plus, on se sépare. Voilà le terrible dilemme de notre société : vouloir vivre sans contrainte, considérer que sans une affectivité forte rien ne vaut d’être vécu, et puis, de l’autre côté, trouver quand même quelque vertu au mariage.

Oh, bien sûr, l’article n’évoque jamais le mariage à l’église qui se situe à un autre niveau. Le mariage civil, quoiqu’il soit un engagement fort devant témoins, peut être remis en cause par le divorce. Tellement fort que le PACS, dont ce n’était pas le but initial, lui est souvent préféré.

L’église dit à ceux qui viennent se présenter pour se marier que le mariage est indissoluble. Que l’engagement qui est pris, devant ses témoins, devant l’assemblée, mais aussi et surtout devant Dieu, ne peut être renié (sauf cas exceptionnel menant à la nullité du mariage). Voilà un engagement fort, voilà un absolu que tant de personnes souhaiteraient vivre, si ce n’était les contraintes qui l’accompagnent. Le mariage n’est pas un long fleuve tranquille. Les difficultés sont nombreuses, les pires n’étant pas les moins sournoises : lassitude, manque d’implication, recherche d’exotisme, etc.

Pourtant, n’y a-t-il rien de plus beau que de rester fidèle à son engagement, nonobstant les difficultés rencontrées ? N’y a-t-il rien de plus beau que de dire à celui ou celle qui nous accompagne : « Tu restes ma promise, tu restes mon promis, je te reste fidèle », même si les émois de la jeunesse ont disparu ? D’ailleurs, la question du départ concernant le mariage d’amour nous ramène à l’essentiel : de quel amour parle-t-on ? Celui fondé sur le Christ ou celui, peut-être plus exaltant mais ô combien plus volatile, qui anime les hommes et les femmes ?