La semaine dernière ont eu lieu à Lille les États généraux du christianisme, organisé par l'hebdomadaire La Vie. Je m'étais mis dans l'idée qu'il s'agissait des États généraux du catholicisme mais les débats ont donc dépassé le strict périmètre de l'Église catholique.

Le thème était : "Notre époque a-t-elle besoin de Dieu ?" et était décliné dans plusieurs ateliers.

Compte tenu des dates (23 au 25 septembre) ainsi que du lieu, je n'ai pu, comme beaucoup, faire le déplacement. Mais tous les débats ont été filmés et sont disponibles sur le site. Cet effort est très apprécié car il permet au plus grand nombre de voir, même en différé, les débats.

Je n'ai pas eu non plus le temps de regarder tous les débats, mais j'en ai regardé un in-extenso. Il s'agit du débat : "Changer l'Église, oui, mais dans quel sens ?" Je ne l'ai pas choisi tout à fait au hasard. Le thème m'intéresse, bien sûr, mais c'est surtout les deux protagonistes qui m'ont attiré. La présidente de la Conférence Catholique des Baptisé-e-s de France, Mme Christine Pedotti [1], et l'abbé Ribeton de la Fraternité Saint Pierre. Pour ceux qui ne le savent pas, Mme Pedotti est aussi membre du Comité de la Jupe.

Je ne vais pas vous résumer le débat. Je vous invite à le regarder, cela dure un peu plus d'une heure. Première surprise : Mme Pedotti appelle des changements au sein de l'Eglise, revendique une plus large place pour les baptisés, pour les femmes, mais ne demande pas un chamboulement. Par exemple, elle ne revendique pas l'ordination des femmes. Je croyais, sans la connaître aucunement, que le comité de la jupe était plutôt tendance Golias, cela ne semble pas être le cas.

Deuxième surprise : l'abbé Ribeton est affable, ouvert au dialogue, pas hautain ni méprisant, ne clamant pas à tout bout de champ qu'il détient la Vérité. Cela ne l'empêche de d'affirmer ce qu'il pense, de le dire haut et fort, mais sans cette attitude si détestable que l'on rencontre chez certains prêtres traditionalistes.

Troisième surprise, sans doute la conséquence des deux précédentes : le dialogue est possible ; on peut s'écouter sans s'invectiver, on peut apprendre de l'autre.

Un exemple parmi d'autres, assez significatif me semble-t-il : l'abbé Ribeton a fait part d'un événement récent, un de ses amis, prêtre, a perdu sa maman et la messe n'a pu être célébrée dans l'église du village. Ce refus – de l'évêque du lieu ? du curé ? – a été jugé regrettable par l'abbé qui a cité cet exemple pour montrer le chemin qu'il reste à parcourir, même après le Motu Proprio. Ensuite, lors de la séance de questions, une personne dans la salle est intervenue en expliquant que, dans sa paroisse, le curé avait "prêté" l'église à des Traditionalistes mais que ceux-ci avaient opéré des changements (touchant au mobilier apparemment) et que cela avait été fait d'une façon très blessante. L'abbé a reconnu ces attitudes agressives tout en insistant sur la façon d'accueillir l'autre et le nécessaire pas que chacun doit faire vers l'autre. Beau et vaste sujet !

  1. Je n'ai pas la confirmation qu'elle en est la présidente, n'ayant pas trouvé l'information sur leur site internet []