On parle beaucoup en ce moment, avant sans doute de changer de sujet très rapidement, des expulsions des Roms. Ce débat est intéressant à plus d’un titre car il sert de révélateur à ce qu’on pourrait qualifier allègrement de tartufferie.

Commençons par le commencement. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, dans son désormais fameux discours de Grenoble du 30 juillet 2010, dans lequel il a mêlé divers sujets – lutte contre la criminalité, déchéance de la nationalité pour certains criminels, maîtrise des flux migratoires, politique de la ville, etc -, a demandé au gouvernement de démanteler les camps de Roms illégaux. Le problème est complexe et ce billet n’a pas pour but de faire l’analyse politique du discours. Il est évident que l’immigration impose de fortes contraintes, difficiles à gérer et que le repliement sur soi-même, tentation récurrente, ne résoudra rien, pas plus que l’annonce de mesures dont on sait déjà qu’elles sont inefficaces.

Qu’on soit adepte de la politique menée, ou plus réservé comme le montrent les nombreuses voix qui s’élèvent, y compris dans le camp présidentiel, on ne peut rester indifférent aux diverses voix morales qui s’élèvent. Et il en est une qui, surprise, a reçu un écho très favorable.

Cette voix, c’est celle de Benoit XVI qui, dimanche 22 août, a dit : « Les textes liturgiques de ce jour nous redisent que tous les hommes sont appelés au salut. C’est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités humaines, à la suite de Jésus venu rassembler les hommes de toute nation et de toute langue ». Ces propos ont reçu un satisfecit de la part de ses opposants habituels : Libération, Rue89, et d’autres encore, ont repris les propos du Pape. Magnifique ! Ceux-là qui, il n’y a pas si longtemps, fustigeaient les propos de Benoit XVI sur le préservatif, qui n’hésitent quand cela sert leur dessein de le traiter de nazillon, et, toujours, d’en faire le chantre du conservatif le plus réactionnaire !

Ne soyons pas bégueule. Je me réjouis, pour une fois, de voir repris les propos du Pape sans qu’ils soient déformés et, surtout, acceptés comme des propos émanant d’une autorité morale qui dit les choses avec justesse et justice. Je sais aussi que cela ne durera pas et qu’il sera bientôt vilipendé dès qu’il dira autre chose que ce que l’intelligentsia veut entendre. Puisse le monde entendre avec une oreille aussi favorable et sans a priori ce que le successeur de Saint Pierre a à nous dire.