Joueur de Vuvuzela (© Axel Bührmann - http://www.flickr.com/people/9852972@N03)

Chers lecteurs, des déplacements, une surcharge de travail ainsi que la Coupe du Monde ont raison de la régularité de publication que je m’étais promis. D’ailleurs, je vais vous parler de cette compétition de football dont on peut dire tant de choses.

Première édition à être organisée sur le continent africain, elle devait être une sorte d’apogée pour le peuple africain, mis au même niveau que les américains, du sud et du nord, les européens ou les asiatiques. Nous pouvons constater qu’au niveau du football, ce n’est pas vraiment le cas, seule l’équipe du Ghana ayant réussi à se qualifier pour le second tour. Est-ce que cette faiblesse du football africain, qui doit bien avoir quelques explications, comme celles pour expliquer les piètres résultats de l’équipe de France ou d’Italie, est compensée par un élèvement des (sud-)africains, tant sur le plan économique ou culturel ? Je crains que non.

Un exemple très typique est celui des vuvuzelas, vous savez, ces trompettes dans lesquelles soufflent les spectateurs, créant une sorte de bourdonnement assourdissant. Nous autres européens avons découvert cet instrument et son utilisation dès le premier match. Il est significatif que ces vuvuzelas ont été décriées avant même de savoir si cela faisait partie ou non, réellement, de la culture sud-africaine. Pensez-donc ! Couper la chique à nos commentateurs préférés ! Atténuer les chants mélodieux des supporters alcoolisés, traitant l’arbitre ou les adversaires de tous les noms d’oiseaux ! Bon, il se trouve que cet instrument n’est pas aussi traditionnel que les sud-africains ont voulu le dire, mais l’attitude, encore une fois méprisante de nous autres européens, est à déplorer.

Tout comme est à déplorer le piètre spectacle donné par les joueurs de l’équipe de France. Non pas tant celui donné sur le terrain – cela fait longtemps que j’ai perdu espoir de voir l’équipe de France bien jouer sous l’ère Domenech – mais celui donné en dehors du terrain : insulte, visite du bout des pieds dans le township, refus de s’entraîner, interventions à la télé toutes plus déplorables les unes que les autres, journaux remuant avec délectation cette boue, etc. Bref, désespérant du début à la fin.

Faut-il y voir le reflet de notre société ? Oui, sans doute. Les sommes astronomiques que ces joueurs touchent, cette logique d’assistanat dans laquelle ils sont empêtrés, cet égoïsme forcené, cette façon de croire que le monde tourne autour de leur nombril, se retrouvent, à des degrés moindres en général, dans la société.

Le monde ne tourne pas rond, le monde devient fou. Le plus triste, sans doute, c’est que cette compétition aurait dû s’ouvrir au monde, à l’Afrique, être l’occasion d’une vraie réflexion sur le partenariat nord-sud, promouvoir la fraternité qui fait tant défaut.

Dommage, une occasion a passé. Sauf à considérer que le Ghana champion du monde puisse changer quelque peu les choses.