Aujourd’hui, 15 juin 2010, un homme va être tué, assassiné devrais-je dire, 30 ans après avoir été condamné. Cela se passe aux Etats-Unis dans l’état du Texas. Cet homme s’appelle David Powell.

Pour que les choses soient claires, je ne défends pas les meurtriers et je suis favorable à des peines sévères pour les actes atroces qui ont été commis. Mais je m’insurge contre le sadisme d’une société qui se venge par procuration en faisant subir, parfois au centuple, ce que ces hommes ou femmes ont fait subir aux autres.

Accepter la peine de mort, outre la lâcheté qu’elle représente au niveau individuel – qui serait prêt à effectuer soi-même l’injection létale ? -, c’est s’arroger un droit sur la vie d’autrui que nous n’avons pas, c’est prétendre que la justice humaine est exempte d’erreurs et c’est nier toute rémission possible.

Le 5ème commandement du décalogue est très clair : « Tu ne tueras point » (Ex 20, 13) et, me semble-t-il, ne devrait souffrir d’aucune exception. En fait, des exceptions, l’Église Catholique en prévoit : une, très claire, pour la légitime défense ; l’autre, atténuée, pour la peine de mort. Le Cathéchisme de l’Eglise Catholique nous dit, au paragraphe 2267, que l’Église n’exclut pas le recours à la peine de mort si c’est le seul moyen de protéger efficacement autrui de l’agresseur. J’avoue n’être pas totalement en phase avec cette assertion.

Heureusement, plus loin, il est dit : « les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable « sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants » (Evangelium vitae, n. 56). » Et c’est bien à cela que devrait se ranger tous les catholiques. Et même tous les chrétiens.

Fut un temps, dans les années 80 où le débat sur la peine de mort était vivace en France, où un des arguments entendu consistait à présenter la peine de mort comme l’équivalent de la légitime défense pour la société. Ah la belle hypocrisie ! Quand on exécute le coupable plusieurs années ou dizaines d’années après les faits !

Il y a encore des partisans de la peine de mort. On m’avance alors un autre argument : « Et si cela arrivait à tes enfants ? Et si un salaud passait par là et les étripait, n’aurais-tu pas envie de le tuer ? » Oui, sans doute. Effondré et éploré, mon premier ressentiment serait de crier vengeance et serait de vouloir la mort. Oui, il est probable que j’en viendrais à de telles envies, à défaut de passer vraiment à l’acte. Mais, outre que ce serait assurément peu chrétien, la société n’a pas à assouvir mes désirs de vengeance. Elle a à me protéger. La société ne doit à personne, pas plus à moi qu’aux autres, la mise en œuvre de nos désirs les plus sordides et mortifères.

Je regrette donc – et c’est une vraie source de tristesse pour moi – que des chrétiens ou catholiques avérés se déclarent partisans de la peine de mort. Et si je suis opposé par principe à l’avortement ou à l’euthanasie, je suis, aussi, fermement opposé à la peine de mort.

les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable  » sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants  » (Evangelium vitae, n. 56).les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable  » sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants  » (Evangelium vitae, n. 56).