Je suis tombé par hasard sur ce texte, écrit par Mgr Noyer, intitulé « Faut-il croire à la Résurrection ?« . Il faut savoir que Mgr Noyer est archevêque émérite d’Amiens, ce qui n’est pas rien. Il est censé être une autorité morale et intellectuelle de l’Église de France.

Je n’ai rien contre le questionnement des écritures, dont nous savons tous qu’elles doivent être interprétées et non pas toujours être lues au premier degré, cette interprétation pouvant se résumer à expliquer le contexte historique et linguistique des écrits. C’est pourquoi, par exemple, j’apprécie de lire la bible de Jérusalem dont les commentaires sont toujours éclairants.

Mais là, c’est autre chose. J’ai relu plusieurs fois ce texte et j’avoue que je ne trouve pas grand-chose pour le sauver. En effet, on y lit que :

  • la résurrection de Jésus est une rumeur ;
  • que seuls les crédules ont cru à cette rumeur, sauf Thomas qui l’a remise en cause ;
  • que la religion catholique est basée sur la rumeur que les clercs (sous-entendu les prêtres depuis les premiers temps) ont maintenu, par le savoir, au brave peuple qui était crédule ;
  • que la résurrection est une anecdote merveilleuse ;
  • qu’il faut faire en finir avec la confusion entre l’évangile de Jésus Christ et ces rumeurs (sic).

Et, en guise de conclusion, cette phrase assourdissante : « Mais aujourd’hui, présenter ces « vérités » comme le contenu de la foi fait à certains une difficulté au lieu d’être une aide ».

J’avoue que j’ai du mal à comprendre comment un évêque peut, au soir de sa vie – il est âgé de 83 ans – avancer de telles inepties. Remettre en cause la résurrection de Jésus, c’est remettre en cause l’essence même de la religion catholique. Personne n’est obligé d’y croire mais dire, aujourd’hui, que ces vérités-là n’en sont pas ou ne sont pas l’essence de la foi, c’est vider de sens ce qui fait sens. Je ne parle même pas de la remise en cause des témoignages des apôtres et disciples de Jésus, tant cela peut remettre tout en cause. J’avais écrit un billet sur l’importance du témoignage pour ma propre foi !

Que dire de plus ? Relisons Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 15, versets 1 à 15 : « Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu, et vous y restez attachés, vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants. Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu :le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il a été mis au tombeau ;il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts – ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis. Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m’a comblé n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi. Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà votre foi. Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? Mais, s’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ, lui non plus, n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre message est sans objet, et votre foi est sans objet. » (Textes liturgiques © AELF)