L'enfer peut sembler contradictoire avec ce Dieu d'amour que Jésus, les prophètes, les apôtres, tous les témoins de la foi nous ont fait connaître. En effet, si Dieu est Amour, s'il n'est qu'Amour, comment l'enfer peut-il exister ? Pendant de longues périodes, l'Église a mis en avant la peur de l'enfer afin d'inciter les gens à se convertir. Triste approche, à mon sens, que d'essayer d'attirer les gens vers une religion d'amour en leur faisant peur. Et puis, depuis 2 ou 3 décennies, cette notion de l'enfer a pris moins de place, jusqu'à complètement disparaître. Et j'imagine que, pour bon nombre  de catholiques, cette notion est obsolète. Je pense notamment à ceux qui, dans les sondages, se disent à la fois catholique et ne croient pas que Jésus est le fils de Dieu !

Entre ces 2 "extrêmes", je vais tenter d'expliquer mon point de vue. D'abord, si nous lisons les évangiles, nous notons que Jésus a parlé de l'enfer (la géhenne) et a lui aussi "fait peur". Certaines de ses Paroles sont très dures et menaçantes. Et si Jésus a tenu ces propos, et s'ils ont été repris par les apôtres, ce n'est sans doute pas pour rien. Jésus demande la conversion du cœur qui consiste à aimer Dieu le père et son prochain. Si Jésus lance cet anathème, c'est toujours face à des personnes revêches à son enseignement, qui ne veulent pas entendre ce qu'Il dit. Il ne dit pas cela au tout venant. Au contraire. A-t-Il fait peur à la femme adultère, en la menaçant ? A tous ceux qui L'ont interpellé ? Non, bien au contraire, Il les a appelé à se dépasser, à dépasser leur faute, à faire un pas de plus vers l'Amour.

Ce pas, certains, beaucoup, ne le font pas. Soit qu'ils en sont empêché, soit qu'ils s'y refusent. Dieu seul jugera. Mais c'est leur liberté, cette liberté absolue dont nous jouissons, cette liberté même que Dieu a voulu pour nous. Nous sommes libres de nous détourner de Lui. La liberté accordée aux hommes est la pierre d'angle de toute la Bible. Si vous enlevez cette liberté, il n'y a plus rien. Cela peut être difficile à comprendre, j'avais évoqué ce point dans un billet après le séisme d'Haïti.

Et je pense que l'enfer ne se comprend que par rapport à cette liberté. Certes, notre Dieu est un Dieu d'Amour, certes, il ne veut qu'une chose : que nous ayons part à cet Amour, sans limite. C'est pour cela qu'il a envoyé son Fils. Mais, en même temps, ce Dieu n'impose rien. Il propose seulement. Dieu agit par nous, Il n'agit pas à notre place. Ainsi, Il laisse à ceux qui le veulent la liberté de se détourner de Lui, de ne pas prendre part à son Amour. Et qu'est-ce l'enfer sinon ce lieu où l'on est privé de l'Amour de Dieu ?

Certains avancent l'idée que si l'enfer existe, il est vide parce que l'Amour de Dieu dépasse tout. Peut-être. Mais rien dans l'écriture ne permet de penser cela. Et bien au contraire, dire que l'enfer est vide – s'il existe, ce qui commence à être une construction purement intellectuelle – c'est aussi nier la liberté que Dieu a accordé aux hommes. Et cela, je ne m'y résous pas.