Ce livre de la journaliste Florence Aubenas, célèbre pour avoir été kidnappée et retenue plusieurs mois en Irak, est à lire pour qui veut comprendre un peu plus la société française d’aujourd’hui.

J’apprécie d’abord le procédé utilisé qui a consisté à s’immerger dans le milieu qu’elle voulait décrire. Tant de gens parlent de ce qu’ils ne connaissent pas ! Florence Aubenas est donc allée à Caen pour y rechercher un emploi. Pas de diplômes, pas d’expériences professionnelles (elle prétendait qu’elle venait d’être délaissée par son compagnon, et n’avoir eu aucune activité durant 15 ans). Certains ont considéré que l’exercice avait ses limites car après tout, Florence savait que cet état finirait un jour ou l’autre. Je ne suis pas de cet avis et même si elle avait une sortie de secours elle n’en a pas moins vécu ce que vivent des milliers de personnes en France et l’authenticité du livre est là.

Florence Aubenas décrit la situation précaire de ces travailleurs n’arrivant jamais à obtenir de CDI, faisant la course aux heures de ménage, en fin de nuit ou en début de soirée, pour qui la voiture est un luxe indispensable, pour qui les soins n’ont rien d’automatique, etc. Mais elle décrit aussi la solidarité, l’entraide, l’amitié et, malgré tout, l’indicible espoir de s’en sortir (le CDI étant un Graal semblant inaccessible).

C’est un très beau livre, pudique, humain et chaleureux. Je vous le conseille vivement.